Les larves de hannetons et de scarabées, communément appelées vers blancs, sont des ravageurs de pelouses redoutés. Ces bestioles, au corps typiquement recourbé en forme de « C », causent souvent des dommages très importants à la pelouse, car elles se gavent de ses racines au printemps et vers la fin de l’été.

Conséquences
Le gazon attaqué :

  • se trouve coupé de toute nourriture et dépourvu d’ancrage;
  • jaunit comme s’il souffrait de sécheresse
  • se détache du sol au point de pouvoir être soulevé par plaques, comme du tapis;
  • est souvent pris d’assaut par les oiseaux et les petits mammifères, comme les ratons laveurs et les moufettes, qui raffolent de ces larves. 

Si plus de la moitié de la surface gazonnée est atteinte, le remplacement de toute la pelouse s’impose. Une opération générant une facture coûteuse tant pour le portefeuille que pour l’environnement.

Repousser l’ennemi
Peut-on mettre sa pelouse à l’abri des vers blancs? Non. Mais on peut la rendre moins invitante. Et riposter rapidement en cas d’invasion.

Une pelouse en santé résiste mieux aux attaques des larves du hanneton européen ou du hanneton commun – souvent appelé « barbeau » –, qui sont les espèces les plus dommageables au Québec.

Pour aider la pelouse à tenir le coup:

  • Maintenez une tonte haute, soit environ 8 cm (3 po). Une plante plus longue développera un appareil racinaire plus long et créera plus d’ombrage, favorisant ainsi le maintien d’un sol frais et humide.
  • Fertilisez adéquatement la pelouse, c’est-à-dire avec un engrais à dégagement lent dont le dosage est adapté au sol et au type de pelouse en place. Confirmez en quelques clics la dose nécessaire grâce au calculateur de fertilisant qui est proposé sur le site Web pelousedurable.com. Vous y trouverez aussi les principes fondamentaux d’une pelouse saine et respectueuse de l’environnement.
  • Limitez l’éclairage extérieur, particulièrement en juin et en juillet, soit pendant la saison de ponte. Les hannetons sont attirés par la lumière.

Et les insecticides?
En mode préventif, il est possible de freiner la prolifération des vers blancs par une application rationnelle d’imidaclopride, un insecticide autorisé par le Code de gestion des pesticides. L’usage de ce produit chimique, commercialisé sous la marque Merit, est cependant réservé aux entreprises d’entretien d’espaces verts et est interdit dans plusieurs municipalités. De plus, divers spécialistes et écologistes le décrient, notamment en raison de ses propriétés toxiques pour les abeilles pollinisatrices et les oiseaux.

La Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (FIHOC) recommande pour sa part une limite d’une application par année combinée à trois ou quatre épandages contrôlés d’engrais. L’organisme estime par contre qu’aucun insecticide homologué ne permet d’intervenir avec efficacité à partir du moment où les dommages causés par les vers blancs deviennent apparents.

En cas d’invasion
À partir de quand la présence de vers blancs est-elle un problème? Lorsque plus de 7 larves de hanneton européen ou plus de 3 à 5 larves de hanneton commun sont dénombrées sous une surface d’un pied carré (0,1 m²) de pelouse.

Pour mener la bataille, mieux vaut connaître l’ennemi. Le hanneton européen sévit dans les régions de Montréal, de Laval, des Basses-Laurentides, de Lanaudière, de la Montérégie et de l’Outaouais. Quant au hanneton commun, il se concentre surtout dans la grande région de Québec, y compris le Centre-du-Québec (Bois-Francs, Chaudière-Appalaches, etc.) et l’Est-du-Québec.

Si la pelouse est déjà assaillie au printemps, les espoirs sont minces. Aucune arme n’est alors efficace, compte tenu du stade de développement avancé des larves et de la froideur du sol, sous la pelouse.

On peut tenter une réplique musclée si les dommages sont circonscrits dans une zone restreinte. Il faut alors se retrousser les manches et suivre les étapes suivantes:

  1. retirer toute la pelouse altérée et retourner le sol pour en extraire les vers blancs manuellement
  2. ajouter un bon terreau
  3. réensemencer ou étendre du gazon en plaques
  4. On peut aussi laisser la nature faire le travail en misant sur les prédateurs naturels. Après l’opération, le terrain sera plus ou moins labouré, mais débarrassé de centaines d’indésirables. Évidemment, cette option condamne aussi à une réfection plus ou moins étendue de la pelouse. 

Une offensive biologique
C’est seulement vers la mi-août, soit quelques semaines après la ponte, que débute la période la plus propice pour le déclenchement d’une véritable offensive contre les vers blancs. Il est alors possible de lancer une frappe biologique en mobilisant une armée de nématodes, des vers microscopiques capables de parasiter mortellement les jeunes larves de hanneton.

Leur intervention est ciblée et sans danger pour les humains, les animaux et l’environnement. L’Heterorhabditis bacteriophora est reconnue comme l’une des espèces de nématodes les plus efficaces au Québec. Il est recommandé de se les procurer dans une bonne jardinerie afin d’obtenir des nématodes de qualité et de bénéficier de judicieux conseils.

Avant tout, sachez que leur efficacité est indissociablement liée au maintien d’un large ensemble de conditions ambiantes et à une utilisation adéquate. Parmi les facteurs les plus déterminants, notez que les nématodes :

  • sont extrêmement sensibles à la chaleur et aux rayons ultraviolets;
  • ont besoin de suffisamment d’eau pour cheminer dans le sol jusqu’à l’ennemi.

Pour obtenir un bon résultat, il faut donc:

  • arroser la pelouse en profondeur;
  • intégrer les nématodes à de l’eau, en respectant scrupuleusement les directives d’utilisation, puis les déployer sur le sol;
  • réaliser le traitement en fin de journée ou par temps nuageux ou pluvieux;
  • maintenir le sol humide jusqu’à une semaine après le traitement.

Évidemment, il faut réaliser l’opération dans le respect des règlements municipaux touchant l’arrosage extérieur ou après avoir obtenu un permis. Et une fois ce travail terminé, la vigilance reste de mise, car seules la persévérance et la prévention sont réellement efficaces contre ces envahisseurs tenaces!

Remerciements à l’agronome Guillaume Grégoire, analyste technique et scientifique à la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec, pour sa contribution à cette capsule-conseils.

Références:



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