Avec ses basses températures, la glace et la neige, l’hiver n’est pas la période idéale pour la réfection de la couverture d’un toit. Si des travaux sont tout de même nécessaires, certaines précautions doivent être prises selon le type de couverture à réparer, qu’elle soit faite de bardeaux d’asphalte, d’une membrane élastomère ou d’une membrane multicouche.

Bardeaux d’asphalte
Au-dessous de 5°C, les bardeaux d’asphalte deviennent cassants, particulièrement ceux renforcés de fibre de verre. Surtout, ils doivent être collés en plus d’être cloués, car le soleil n’est pas assez chaud à cette période de l’année pour activer leurs bandes autocollantes destinées à les protéger de l’arrachement par le vent.

Par temps froid, les ouvriers devraient :

  • manipuler les bardeaux avec précaution pour éviter de les endommager;
  • avoir en tête que les bardeaux vont garder la forme de la surface sur laquelle ils sont empilés ou fixés et, dans certains cas, même après le retour du temps chaud (par exemple, ils pourraient gondoler de façon permanente);
  • conserver dans un endroit chauffé les bardeaux qui seront utilisés pour couvrir les arêtes de la toiture, sinon, ces « chapeaux » de toit risquent de se fissurer lors de la pose;
  • s’assurer que les bardeaux sont posés bien à plat sur le toit pour éviter que les clous ne les traversent de part en part;
  • coller les bardeaux à la main avec un ciment plastique à base d’asphalte approuvé par le fabricant (un ou deux points de ciment plastique de la taille d’une pièce de 25¢ sous chaque patte);
  • utiliser une membrane autocollante et modifiée par des polymères plus souples comme sous-couche protectrice d’avant-toit.

 

Membrane élastomère
Les membranes élastomères sont faites de bitume modifié, entre autres par l’ajout de caoutchouc, ce qui leur procure une très grande flexibilité. Des granules de céramique protègent leur couche supérieure des dommageables rayons ultraviolets. Elles sont surtout utilisées pour couvrir des toits plats, mais elles conviennent aussi aux toits à faible inclinaison.

Il existe plusieurs types de membranes élastomères. La plus répandue comporte deux couches:

  • une couche de base, ou sous-couche, qui peut être autocollante, collée à l’aide de bitume, fixée mécaniquement ou soudée à la chaleur;
  • une couche de finition dont les joints sont fusionnés au chalumeau.

 

La principale difficulté de l’installation de membranes élastomères en période hivernale est la formation de givre, qui peut causer des boursouflures. Sans recours au chalumeau ou au bitume chaud comme adhésif, aucune membrane élastomère ne devrait être mise en place sous le point de congélation, soit 0°C.

Pour les membranes soudées à la chaleur, le fabricant Soprema indique que si les recommandations sont respectées, « la limite de température d’installation est le seuil de tolérance au froid de l’installateur. » Chez Couvertures Blanchard et fils, on préfère ne pas procéder en deçà de -10°C et on fait en sorte d’installer la membrane entre 11 et 13 heures, la plage horaire habituellement la plus propice en saison froide.

Pour éviter les boursouflures de la membrane, il faut par ailleurs :

  • utiliser une membrane appropriée aux températures froides;
  • entreposer les matériaux au sec dans un abri chauffé à 10°C minimum et, idéalement, les sortir au fur et à mesure de leur utilisation;
  • bien dilater la membrane, c’est-à-dire la dérouler, la réchauffer au chalumeau pour en assouplir l’armature puis l’enrouler à nouveau pour ensuite la souder.

 

Membrane multicouche (asphalte et gravier)
Une membrane multicouche est composée de plusieurs épaisseurs ou plis de feutre qui se chevauchent et dont au moins trois sont noyés dans de l’asphalte liquide. Une couche de gravier recouvre l’ensemble pour le protéger des rayons du soleil. Tout comme les membranes élastomères, les membranes multicouches peuvent être utilisées sur les toits plats et les toits à faible inclinaison.

On ne doit pas installer une couverture multicouche à une température inférieure à -18°C. Comme l’asphalte refroidit plus vite en hiver, il y a plus de risque de formation de vapeur d’eau, ce qui peut occasionner une mauvaise adhérence de l’asphalte ou la formation de boursouflures dans la membrane.

Pour prévenir de tels problèmes, les couvreurs devraient:

  • raccourcir leur journée de travail (débuter plus tard et finir plus tôt);
  • s’assurer que la température requise pour la maniabilité de l’asphalte et son adhérence aux feutres soit maintenue de la bouilloire jusqu’au point d’application;
  • employer des matériaux secs dans des conditions sèches (s’il pleut ou s’il neige, ils devraient attendre que tout soit asséché pour commencer ou poursuivre les travaux);
  • porter une attention accrue à la liaison des matériaux, par exemple en pressant soigneusement chaque couche de feutre pour chasser les gaz avant qu’ils ne soient emprisonnés dans l’asphalte qui durcit.

 

Fait à signaler, on peut s’attendre à un surcoût de l’ordre de 20% pour la réalisation d’une couverture de toit dans des conditions hivernales en raison des opérations de déneigement, de déglaçage et de manutention plus délicate des matériaux.

Nos remerciements à Sylvain Blanchard, de Couvertures Blanchard et fils, membre du réseau des entreprises recommandées en habitation de CAA-Québec. Autres sources: Couvertures Lachenaie, Conseil national de recherches du Canada et Association des fabricants canadiens de bardeaux d’asphalte.



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