Les filtres des appareils de chauffage et de ventilation

Depuis l’automne, le système de chauffage de votre résidence fonctionne à plein régime. Mais savez-vous que cet appareil ne fait pas que réchauffer votre demeure? En effet, en plus d’assurer votre confort, il sert également à nettoyer l’air que vous respirez grâce à divers systèmes de filtration dont le rôle est de capter les particules produites, entre autres, par la cuisson, la fumée de tabac ou du foyer, les poils d’animaux et tous les types de poussières engendrées par vos activités domestiques ou provenant de l’extérieur. Il est donc primordial de vérifier les filtres au moment des fréquents entretiens du système générateur d’air chaud de la maison. En négligeant de les nettoyer ou de les changer, vous risquez de respirer, pendant les 12 à 15 semaines que dure la saison froide, un taux élevé de poussières, en plus de compromettre les performances du système de chauffage.

Les types de filtres
Il existe sur le marché plusieurs types de filtres : en fibre de verre, électrostatiques, électroniques et plissés. Selon leur type et leur qualité, la capacité de nettoyage de l’air varie énormément.

Les filtres en fibre de verre : peu coûteux mais aussi peu efficaces
Utilisés depuis les années 1950, les filtres en fibre de verre sont ceux qui offrent le moins bon rendement et qui nettoient le plus pauvrement l’air. Selon une étude de l'American Society of Heating Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE), leur efficacité ne serait que de 3 % à 5 %! Et malgré leur faible pouvoir nettoyant ils devraient, en règle générale, être changés toutes les deux à trois semaines. De plus, ils ne sont pas lavables et doivent être jetés après usage. Vous pouvez vous en procurer pour la modique somme de 1 $ ou peut-être un peu plus. Ferez-vous vraiment des économies malgré leur bas prix? Et que dire de leur piètre qualité écologique s’il est nécessaire de les jeter?

Les filtres électrostatiques : beaucoup mieux
Comme l’indique le nom, les filtres électrostatiques retiennent la poussière par le phénomène de la statique. On en trouve deux types. Le premier, dit « sous tension », polarise les poussières en créant un champ électrostatique grâce à l’électricité. Le second, qui ne consomme aucune énergie électrique, doit son pouvoir électrostatique à ses composantes. Ainsi, à la manière d’un peigne que l’on frotte, il capte les poussières et les particules en suspension dans l’air.

Le résultat obtenu avec ces filtres est supérieur à celui d’un filtre en fibre de verre mais en raison de leur efficacité, qui peut atteindre jusqu’à 60 %, ils s’encrassent rapidement. Il faut donc les nettoyer souvent. Certains d’entre eux sont mêmes lavables, mais cela atténue leur pouvoir filtrant. Tout comme les filtres en fibre de verre, ils ne sont pas permanents et pour procurer un air de qualité, on aura avantage à les nettoyer une fois par mois et à les changer tous les trois mois. Vous devrez payer 25 $ ou plus pour un filtre de ce type et vous serez certain de sa qualité s’il est homologué par l’ASHRAE.

Les filtres électroniques : un rendement supérieur
Les filtres électroniques éliminent presque complètement les poussières de l’air ambiant. Toutefois, ils ont comme désavantage de produire de petites quantités d’ozone lors de leur fonctionnement, ce qui peut nuire aux personnes souffrant de certains troubles respiratoires comme l’asthme. Par contre, ils ont l’avantage d’être permanents et de pouvoir être nettoyés, mais pour conserver leur pleine efficacité, ils doivent l’être souvent. Un nettoyage par ultrasons leur procure une quasi remise à neuf.

Cependant, la réalité est qu’on les néglige et c’est à ce moment que les problèmes d’ozone se font davantage sentir. Les professionnels et les consommateurs délaissent donc cette technologie d’une part pour cette raison et, d’autre part, parce qu’elle est coûteuse. Le filtre seul peut coûter jusqu’à 250 $ et vous devrez payer environ 900 $ pour son installation. Il existe des filtres tout aussi efficaces, sinon plus, pour beaucoup moins cher.

Les filtres plissés
Les filtres plissés offrent une qualité de filtration supérieure selon leur épaisseur qui peut être de 25, 50 ou 100 mm. Les filtres haut de gamme parviennent à capter jusqu’à 80 % des poussières en suspension dans l’air, ce qui représente une excellente capacité de filtration. Justement, en raison de cette belle performance, il faut les vérifier eux aussi au moins une fois par mois en période de chauffe afin de les nettoyer, si nécessaire. Une pellicule grisâtre plus ou moins foncée indiquera leur degré d’encrassement. Cependant, CAA-Québec est d’avis que rien ne vaut un bon filtre neuf pour garantir une qualité de l’air maximale. Il vous faudra payer 15 $ et plus pour ce type de filtre.

Le nec plus ultra : les filtres HEPA
Vous êtes de ces propriétaires qui recherchent un maximum de qualité de l’air? Votre choix pourra donc se tourner vers un filtre à particules à haute efficacité, mieux connu sous le nom de HEPA (high efficiency particulate air filter). Il s’agit d’un appareil indépendant du système générateur de chaleur procurant un taux de filtration de plus de 95 %. Il est tout indiqué pour les personnes sensibles aux éléments irritants présents dans l’air ambiant ou qui souffrent d’allergies chroniques. Mais comme on peut s’en douter, il engendrera des coûts assez élevés. Le prix du filtre seulement peut varier entre 250 $ et 300 $.

La voie du futur
D’autres technologies se développent, notamment des épurateurs d’air qui ont la particularité de projeter la poussière dans des cavités par turbulence sont aussi de plus en plus utilisés.

Une façon simple d’obtenir de l’air sain est donc de vérifier à intervalles réguliers l’état du filtre de son système de chauffage et, lors de son remplacement, d’opter pour un type qui coûte un peu plus cher mais qui offre une efficacité supérieure. L’option d’un appareil de filtration indépendant de la fournaise est aussi possible. Tout est fonction de vos exigences et de votre portefeuille.

La prévention : le meilleur moyen de contrôler la qualité de l’air intérieur
Le meilleur moyen de prévenir l’accumulation de poussières et de particules indésirables dans l’air est de réduire leurs chances de s’infiltrer dans la maison. La SCHL donne les quelques conseils suivants :
- S’abstenir de fumer à l’intérieur.
- Réduire le nombre de surfaces pouvant recueillir de la poussière, par
  exemple des étagères ouvertes, des tapis et moquettes, des meubles
  rembourrés, etc.
- Réduire l’infiltration d’air extérieur chargé de particules.
- Utiliser un bon filtre de générateur de chaleur.
- Enlever les poussières avec un aspirateur ou un balai.

Ces quelques recommandations aideront à réduire la quantité de poussières visibles dans la maison et contribueront à ménager les filtres de votre appareil générateur d’air chaud.



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