Contrats de rénovation : les douloureux « extras »

La rénovation de la salle de bains est enfin terminée. C’est très réussi, mais l’exercice aura été pénible. Outre la poussière, le bruit et l’étourdissant va-et-vient d’inconnus dans la maison, vous avez été privé de vos « services essentiels » durant plus longtemps que prévu. La plomberie a dû être refaite jusqu’au sous-sol tandis que le retard de livraison de la baignoire a eu un effet domino sur la séquence d’exécution des travaux.

Vous pensiez être au bout de vos peines jusqu’à ce qu’arrive la facture. Ouille! Elle excède largement le coût estimé. L’entrepreneur aura beau être en mesure de justifier le moindre huard causant cet écart, le choc reste brutal. 

Aurait-il pu en être autrement? Peut-être. Car si on ne peut rien contre la malchance, il est possible d’éviter bon nombre de mauvaises surprises en ne laissant pas tout au hasard.

Non inclus, mal planifiés, cachés…

Il faut d’abord comprendre que les « extras », ainsi que l’on désigne communément les travaux non initialement prévus dans un contrat, résultent de diverses situations plus ou moins contrôlables. Ils découlent entre autres :

  • d’ajouts de travaux en cours de chantier;
  • de défauts non apparents impossibles à détecter sans essai destructif, même par un professionnel expérimenté (p. ex. de la pourriture affectant des éléments de charpente dans une cavité fermée);
  • d’un malentendu sur l’étendue des travaux (p. ex. l’inclusion ou non du remplacement de boiseries abîmées lors du remplacement de fenêtres) ou sur la nature même des travaux (p. ex. une robinetterie importée dont l’installation s’avère beaucoup plus complexe que celle d’un produit courant);
  • d’une mauvaise planification (oublis);
  • d’un devis volontairement incomplet afin de soumettre un prix plus bas et de décrocher le contrat (entrepreneur) ou d’obtenir un coût moins élevé (client).

Dans plusieurs de ces cas, une précision accrue dans les échanges précédant l’attribution du contrat et un suivi plus serré de l’évolution du chantier peuvent permettre d’éliminer bon nombre d’inconnues susceptibles d’entraîner déception, insatisfaction, voire litige.

La clé : « prévoir » les imprévus

Outre la recommandation classique d’ajouter environ 15 % à son budget de départ, il y a plus d’une manière de se prémunir contre les quasi inévitables imprévus et de mieux voir venir la facture finale.

Avant le début des travaux :

  • demandez des soumissions détaillées pour être en mesure de discerner ce qui est prévu ou non d’un entrepreneur à l’autre; retenez que l’absence de détails constitue souvent le maillon le plus faible d’un contrat; 
  • précisez vos attentes sur les moindres aspects du travail à effectuer;
  • insistez pour que les travaux et la qualité des matériaux proposés (peinture, boiseries, serrure, etc.) soient clairement décrits dans le contrat; vous devez savoir et comprendre ce qui sera fait et obtenir la garantie que, de son côté, l’entrepreneur satisfera vos attentes;
  • exigez qu’une clause du contrat stipule que toute modification aux plans et devis ou tout travail supplémentaire (extra) devront être autorisés par écrit par le propriétaire (ou son représentant); le cas échéant, les modalités de facturation devraient aussi être précisées;
  • s’il s’agit de travaux d’envergure, consultez une personne expérimentée avant de donner le feu vert.

Durant les travaux :

  • suivez étroitement mais avec diplomatie l’évolution du chantier : posez des questions du type « tout va comme prévu? » ou « pas de mauvaises surprises jusqu’à présent? »;
  • gardez le contrôle : assurez-vous que le nombre d’heures travaillées et les matériaux employés en surplus soient systématiquement approuvés par signature, au jour le jour, sur un relevé distinct; le taux horaire ou le prix unitaire (p. ex. 2,50 $/pi²) pour ces excédents devrait être précisé sur ce relevé de travail, s’il ne l’a pas déjà été dans le contrat.

La façon la plus efficace de parer un « coût » n’est-elle pas de le voir venir?



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