Il n’y a pas que des lacs qui sont envahis par des algues. Les bardeaux d’asphalte de certaines toitures le sont aussi. Une espèce y trouve en effet un milieu de croissance des plus fertiles, au grand dam des propriétaires. Le problème? Leur prolifération produit des coulisses brunâtres ou noirâtres qui n’ont rien d’esthétique.

Ces algues se développent en condition d’humidité soutenue. Par exemple, sur des surfaces de toit qui sont très peu ou jamais exposées au soleil ou qui chapeautent des maisons ceinturées de grands arbres. Les taches qu’elles engendrent sont souvent considérées à tort comme de la saleté. Elles n’altèrent pas la qualité des bardeaux et ne réduisent pas leur durée de vie utile de façon significative, précise-t-on à l’Association canadienne des fabricants de bardeaux d’asphalte (CASMA*). N’empêche, qui pourrait bien se réjouir d’avoir une toiture toute « bariolée »?

Zinc et cuivre : ennemis des algues
Il n’existe malheureusement pas de solution définitive à ce problème ou de moyen de prévention infaillible. Il est toutefois possible d’en retarder l’apparition dès la construction d’une maison ou lors de la réfection de sa couverture. Pour cela, il faut recourir au cuivre ou au zinc : l’expérience démontre que la croissance des algues est freinée lorsque la pluie lessive des surfaces comportant ces métaux.

Au moins un manufacturier offre une gamme de bardeaux d’asphalte dits « résistants aux algues ». Ils sont assortis d’une garantie limitée de 5 ou 10 ans qui prévoit le remboursement du coût « raisonnable » du nettoyage en cas de décoloration attribuable aux algues. Ces bardeaux se caractérisent par leurs granules intégrant du cuivre, un métal aux vertus antifongiques.

On peut aussi repousser l’apparition du problème au moyen d’une bande de tôle de zinc ou de tôle galvanisée (par conséquent recouverte de zinc) installée de manière à excéder un rang de bardeaux près du faîtage de la toiture. « À mesure que les ions métalliques s’oxydent et s’érodent, ils lavent le toit et inhibent la croissance des algues », explique la CASMA. À preuve, précise-t-on, l’effet de décoloration est moindre, voire inexistant, sur les aires de toit situées en dessous d’accessoires en métal (solins, tuyaux, etc.) comportant du zinc.

Il est toutefois à signaler que l’efficacité de ces matériaux à contrer le développement des algues aura une durée limitée et que celle-ci reste liée aux conditions climatiques : pas de pluie, pas de lessivage préventif!

Et si le mal apparaît…
Que faire quand les algues se sont installées sur le toit? Une seule chose : nettoyer! Une corvée qu’il faudra répéter périodiquement, car les algues continueront à croître aussi longtemps que les conditions d’humidité élevée prévaudront.

Plusieurs options sont proposées aux consommateurs pour faire disparaître ces traînées disgracieuses : solutions savonneuses de type herbicide, sulfate de cuivre, etc.

La CASMA suggère plutôt d’utiliser une solution composée de ¼ gallon d’eau de Javel pour ¾ gallon d’eau auxquels on ajoutera ¼ tasse de phosphate trisodique (PTS), un nettoyant chimique qui est toutefois dangereux pour les humains et l’environnement (végétaux, eau potable, lacs, etc.) et qui est corrosif pour certains matériaux (aluminium, zinc, etc.). Toujours selon la CASMA, il est possible de trouver sur le marché une solution nettoyante semblable mais sans phosphate (l'herbicide Safer's De-Moss), donc sans les effets secondaires nocifs du PTS. 
 
Un nettoyage méthodique sous le signe de la sécurité
La plus grande prudence est de mise si l’on décide de nettoyer le toit. Privilégiez les services de professionnels, mais si vous souhaitez le faire vous-même, les mesures suivantes s'imposent :

  • Port de gants de caoutchouc, chaussures antidérapantes, vieux vêtements couvrant la peau et lunettes de protection.
  • Utilisation d’un harnais de sécurité.
  • Présence constante d’une personne au sol pour une éventuelle assistance.
  1. De manière générale, il est conseillé d’arroser au préalable généreusement les composantes de la maison et les végétaux pouvant être touchés par l’écoulement du toit durant l’opération.
  2. Il sera plus sécuritaire et efficace de procéder au nettoyage par sections, en débutant par le bas des versants. Il faut garder à l’esprit que le toit deviendra très glissant à l’application de la solution d’eau de Javel.
  3. Si un brossage des bardeaux s’avère nécessaire, on doit y aller en douceur. Une brosse trop rugueuse ou une action trop musclée peut causer un détachement des granules qui protègent les bardeaux. Pour cette même raison, on déconseille le rinçage à haute pression.
  4. Le rinçage final devra cependant être abondant tant sur la toiture que sur les éléments atteints par les produits de nettoyage. Sur le toit, il devra être effectué à débit d’eau modéré et, pour des raisons évidentes, du haut vers le bas.
     
    * CASMA (Canadian Asphalt Shingle Manufacturers' Association)



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