C’est bien connu, les toitures plates ou à très faible pente ont des besoins particuliers. Pour elles, par exemple, jamais de bardeaux : en raison de leur vulnérabilité aux infiltrations, elles nécessitent l’application d’une couverture sans joints.

Tous les toits de ce type ont longtemps été recouverts d’asphalte et de gravier. Depuis une vingtaine d’années, toutefois, le revêtement de bitume élastomère gagne du terrain : formé de deux membranes, il occupe une part considérable du marché résidentiel. Une autre option, celle des membranes synthétiques monocouches, est plus récente; elle reste encore surtout employée dans le secteur commercial.

Asphalte et gravier : le choix traditionnel


La membrane d’asphalte et de gravier se compose de plusieurs épaisseurs (plis) de feutre bitumé. Ces plis se chevauchent, et au moins trois sont noyés dans un asphalte liquide. Le feutre comble les inégalités du pontage et stabilise l’asphalte, qui est l’élément étanche de la membrane.

Une couche de gravier s’ajoute en surface pour servir de bouclier protecteur contre le rayonnement solaire. Ce dernier, autrement, pourrait abîmer l’asphalte en lui faisant perdre ses huiles.

Si vous optez pour ce type de revêtement, notez que son installation (qui demande de manipuler de l’asphalte en fusion!) n’est pas de tout repos : bouilloire d'asphalte bruyante, odeurs nauséabondes et vapeurs toxiques seront forcément présentes. Une fois la mise en place complétée, par contre, un simple entretien saisonnier suffira à prolonger la durée de la couverture. Cet entretien consiste à remettre du gravier sur les surfaces dénudées.
            
La durée de vie de la couverture d’asphalte et de gravier peut varier de 20 à 25 ans selon la qualité du travail et des soins apportés au fil des saisons.

La génération montante : le bitume élastomère


Livrées en rouleaux, les membranes élastomères permettent de réaliser une couverture habituellement constituée d’un système bicouche : une membrane de sous-couche et une de finition à surface granulée. Ce granulat procure à l’ensemble une résistance aux chocs, à la déchirure et aux rayons ultraviolets.

La membrane de finition s'installe à chaud, c’est-à-dire que ses joints sont soudés par fusion au chalumeau. Point à souligner, la mise en place d’une membrane élastomère est plus propre que celle d’asphalte et de gravier. Le travail à la flamme vive, cependant, comporte des risques d’incendie : si vous retenez cette option, assurez-vous que votre entrepreneur détient les assurances requises contre le feu.

La membrane élastomère bicouche peut également être posée à froid. Les laizes de chacune des couches sont alors autocollantes; il suffit d’enlever la pellicule autoadhésive lorsqu’on les déroule. C’est un produit de substitution aux bardeaux posés sur une toiture à faible pente, lorsque l’eau ne converge pas vers un drain.

Au final, la membrane élastomère donne une couverture plus légère et plus résistante aux chocs que l’option précédente grâce à son élasticité – un avantage qui se vérifie encore plus par temps froid. Elle crée aussi une couverture plus facile à inspecter et à réparer, puisqu’aucune couche de gravier ne masque sa surface.

Le coût de la membrane élastomère installée à chaud dépasse de 10 à 15 % celui de la couverture asphalte-gravier. En revanche, le matériau a démontré une durabilité de 30 à 35 ans.

La couverture synthétique et ses déclinaisons


Les revêtements synthétiques comme la membrane TPO (polyoléfines thermoplastiques), celle de PVC (polyvinyle thermoplastique) et la membrane EPDM (un caoutchouc thermodurcissable) font penser à des toiles de piscine. On les étend sur la surface des toits en une seule couche. Pour contourner les obstacles comme les évents, on les découpe avec des ciseaux.

En raison de leur mode d’application, les revêtements synthétiques conviennent davantage aux toitures commerciales offrant de grandes étendues libres d’obstacles.

Les membranes TPO et PVC sont habituellement fixées mécaniquement ou soudées à l’air chaud (avec un séchoir qui fait ramollir la membrane). Pour sa part, l’EPDM n’est pas thermofusible : ses joints sont plutôt scellés au moyen d’une colle contact ou de rubans adhésifs. On peut aussi le lester sous une couche de gravier.

Légères, recyclables, installées rapidement, les membranes monocouches coûtent de 10 à 15 % moins cher que le système asphalte-gravier. Elles se révèlent également faciles à entretenir et à réparer – sauf en hiver où l’air chaud et la colle perdent en efficacité.

Sous notre climat, la durée de vie des membranes monocouches se situe entre 15 et 17 ans, selon les statistiques compilées par l’Association des maîtres couvreurs du Québec au cours des cinquante dernières années.

Quand la couverture blanche s’impose…

Dans certains quartiers de Montréal, les toits blancs réfléchissants sont obligatoires pour réduire la formation d’îlots de chaleur. Les membranes de couleur, en effet, les retiennent davantage.
Si vous habitez l’un de ces secteurs, respecter cette norme ne vous posera pas de problème. Tous les types de membranes vus précédemment existent en effet dans une teinte blanchâtre ou bien peuvent être recouverts de gravier clair. L’important est que le revêtement présente un indice de réflectance solaire d’au moins 78 (en gros, cela signifie qu’il réfléchit alors 78 % de la lumière du jour).

Recouvrir un revêtement existant, une bonne idée?

Techniquement, il est possible de recouvrir un revêtement d’asphalte et de gravier par une simple membrane, après le retrait du gravier et la pose de panneaux de fibre de haute densité. Par contre, plusieurs couvreurs ne recommandent pas cette pratique. Leur motif : l’humidité de la maison risque d’être emprisonnée dans l’ancien revêtement, pris en sandwich entre le pontage et la nouvelle membrane. Pour des résultats plus sûrs, il vaut donc mieux repartir en neuf!

Nous tenons à remercier M. Pascal Hogue des Toitures PME inc. de Mirabel, une entreprise recommandée par les services-conseils en habitation CAA-Québec, pour sa collaboration à cette capsule.



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