Habitation - Trucs et conseils - Garantie prolongée : à prendre ou à laisser?

 

Impossible d’acheter un appareil électronique ou un électroménager sans que le vendeur brandisse la fameuse garantie prolongée qui nous permettra de dormir sur nos deux oreilles. Indispensable? Pas certain.

Serions-nous de grands inquiets?
Selon le magazine Protégez-vous, de 40 à 75 % des appareils électroniques seraient vendus avec une garantie prolongée au Québec! Marie-Josée, 37 ans, fait partie des consommateurs qui refusent rarement les garanties prolongées. Pourtant, jamais jusqu’à présent elle n’a eu recours à une seule d’entre elles. Ses électroménagers fonctionnent toujours bien après six ans. Son téléviseur également. Quant à son DVD, qui a flanché six mois après l’achat, il a bénéficié de la garantie du fabricant.

Malheureusement, notre insécurité et plus encore notre méconnaissance des garanties de base font en sorte que les vendeurs en profitent largement.

Dès le départ
La plupart d’entre nous croient que les garanties prolongées sont avantageuses, puisque la garantie du commerçant ou du fabricant dépasse rarement un an. Mais ce qu’on ignore, c’est que, au-delà de cette période, on continue d’être protégé par la Loi sur la protection du consommateur.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’il existe trois types de garanties : la garantie légale, la garantie du commerçant ou du fabricant et la garantie prolongée.

La garantie légale découle de la Loi sur la protection du consommateur. Celle-ci rend les commerçants et les fabricants responsables de la qualité de tous les biens qu’ils fournissent aux consommateurs. Elle stipule qu’un bien qu’on achète doit pouvoir servir à un usage normal pendant une durée raisonnable, compte tenu du prix et des conditions d’utilisation. Même si cette durée n’est pas précisée, il y a un problème lorsque, par exemple, un téléviseur payé 1 000 $ cesse de fonctionner après 18 mois d’utilisation normale. Le commerçant devra alors réparer ou remplacer l’article à ses frais. Le seul hic : si le commerçant refuse, il faudra aller à la Cour des petites créances... où l’on a toutefois de bonnes chances d’avoir gain de cause.

La garantie du commerçant ou du fabricant est, pour sa part, généralement incluse dans le prix de vente. Elle couvre habituellement les pièces et la main-d’œuvre pour une période de trois mois à un an. Bref, si un bien a un défaut caché, s’il arrête subitement de fonctionner ou s’il se brise de manière anormale, c’est le commerçant qui doit le faire réparer ou le changer, encore là à ses frais. Il importe de préciser que cette garantie est valable même si l’on a omis de remplir ou d’envoyer la carte de validation.

Quant à la garantie prolongée, les commerçants ou certains fabricants la proposent comme solution de remplacement une fois que leur propre garantie sera expirée. Il peut s’agir d’un contrat d’entretien, d’une protection sur le bris des pièces ou les deux à la fois. Selon Option Consommateurs, dans le cas des grands magasins, cette garantie prend en général la forme d’un service maison; alors que dans le cas des petits commerçants, elle est le plus souvent rendue possible grâce à un contrat passé avec une entreprise privée.

La plupart des fabricants vendent aussi leur propre garantie prolongée par l’entremise de détaillants autorisés. Détail intéressant : dans certains cas, la garantie prolongée entre en vigueur au moment de l’achat du bien, de sorte qu’elle se superpose aux autres garanties. À surveiller!

« Les commerçants insistent beaucoup pour nous vendre une garantie prolongée, mais, au fond, ils nous proposent une garantie qui existe déjà dans la loi, rappelle Janick Desforges, directrice d’Option consommateurs. Et si le vendeur nous dit qu’après un an on n’a plus de recours en cas de bris, il se trompe. Évidemment, on s’entend sur la qualité de l’objet. Si on a payé une montre 20 $, il faut s’attendre à ce que sa durée de vie soit courte. Donc, règle générale, les garanties prolongées sont rarement nécessaires. S’il y a un vice dans la fabrication, il est fort possible qu’il se manifeste au cours des premiers mois d’utilisation. L’article sera alors couvert par la garantie légale et par celle du fabricant. Si aucun vice n’apparaît au cours des premiers mois, il fonctionnera probablement longtemps sans problème, et la garantie prolongée risque d’être échue au moment où il se détraquera. »

Se méfier de trop d’insistance
On n’a pas sitôt conclu la vente que le vendeur nous offre avec enthousiasme une garantie prolongée. La belle affaire! Il vient de consacrer toute son énergie à nous convaincre de l’efficacité, de la durabilité et de l’excellence du produit qu’on vient d’acheter et, soudainement, il fait volte-face en déclarant que c’est un bon produit, mais qu’on ne sait jamais quel bris peut survenir ni à quel moment. Puis la garantie du fabricant est si courte... Un double discours qui a tout lieu de nous inquiéter.

Si les vendeurs poussent énormément la vente des garanties prolongées, ce n’est pas par bonté d’âme, souligne Janick Desforges. C’est plutôt parce qu’ils empochent une bonne commission sur la vente de tels produits.

L’employeur en profite également. Selon le magazine américain Consumer Reports, les taux de profit des commerçants sur ces produits dérivés varient de 40 à 80 % ! Pas étonnant : la majorité des biens tombent en panne seulement une fois la garantie expirée.

Il faut également se rappeler que les garanties prolongées coûtent cher. La somme à payer n’est souvent pas loin du prix d’achat de l’article. Il y a tout lieu de se demander si cela vaut la peine. « Comme argument, les vendeurs vont souvent dire qu’une seule visite d’un réparateur vous coûtera le prix d’une garantie prolongée durant toute une année, fait remarquer Janick Desforges. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’un appareil ne se dérègle pas chaque année. » Voilà une autre bonne raison de calculer et de réfléchir à l’offre qu’on nous fait.

Bien lire son contrat
Il existe néanmoins certains cas où les garanties prolongées peuvent être utiles. Par exemple, lors de l’achat d’appareils saisonniers (comme les pompes pour piscine), à fiabilité réduite (comme les automobiles) ou issus d’une technologie très récente. Intéressant à savoir : selon un sondage du magazine Consumer Reports, dans la catégorie des appareils électroniques, ce sont surtout les ordinateurs et les téléviseurs à rétroprojection qui ont eu besoin de réparations dans les trois années suivant l’achat; dans la catégorie des électroménagers, ce sont les réfrigérateurs avec distributeur de glaçons qui sont en haut de la liste.

Mais avant d’accepter la garantie prolongée, il faut bien s’informer. Les contrats de garantie prolongée sont souvent remplis de conditions et d’exceptions. Attention : ce qui se dérègle le plus souvent n’est pas nécessairement couvert. Plus encore, les contrats diffèrent les uns des autres, tant par leur contenu que par leur prix, selon l’entreprise qui les offre.

« Il faut demander à voir une copie du contrat ou, à tout le moins, un document expliquant la garantie avant de signer, recommande Mme Desforges. Et on prend le temps de lire ce qui est écrit en petits caractères. On ne se fie surtout pas aux paroles du vendeur. »

L’ACEF rive-sud de Québec suggère, pour sa part, une série de questions à poser. Y a-t-il une franchise à payer ? Est-ce que la garantie comprend les pièces et la main-d’œuvre? Quelles sont les exclusions? Est-ce que les réparations sont faites à l’entreprise ou à la maison? Doit-on payer les frais de transport? Quelles sont les procédures à suivre? Si le bien n’est pas réparable, est-il remplaçable? Si l’on modifie l’appareil, par exemple on change l’écran d’un ordinateur, est-ce que cela affecte la garantie? La garantie prolongée entre-t-elle en vigueur en même temps que la garantie de base ou seulement lorsque cette dernière est échue? Doit-on obligatoirement entretenir son appareil régulièrement pour pouvoir profiter de la garantie prolongée? Doit-on conserver la facture? Est-ce que le contrat est transférable si on vend l’appareil avant la fin de la garantie?

Enfin, dernier conseil : on a intérêt à magasiner avec quelqu’un qui pourra corroborer nos dires si besoin est; ou encore, on demande au vendeur d’écrire les avantages que présente la garantie prolongée qu’il nous propose, puis de signer le document. On n’est jamais trop prudent.

Par Jacqueline Simoneau



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