Passeriez-vous l'hiver avec un carreau de fenêtre brisé? Sûrement pas. Pourtant, la somme des brèches par où l'air froid s'introduit dans une maison et l'air chaud s'en échappe peut représenter une ouverture allant jusqu'à 25 cm x 50 cm. C’est précisément le cas pour une maison unifamiliale construite dans les années 60. Une pure perte de chauffage évaluée à plusieurs centaines de dollars par année. Petits trous dans l'enveloppe de la maison, gros trou dans le budget!

Les points les plus critiques?

  • La jonction de la fondation et de la solive ceinturant la maison de même que le point de rencontre mur/plancher des murs extérieurs;
  •  Les portes et fenêtres;
  • La jonction entre les cloisons intérieures et les plafonds isolés;
  • Les éléments qui traversent les murs extérieurs et plafonds : boîtiers électriques (prises de courant et éclairage), luminaires encastrés, trappe d’accès à l’entretoit ou à la cave, tuyaux, conduits de ventilation et câblage;
  • Les installations de chauffage d’appoint (poêle, foyer et cheminée).

Les pertes de chaleur sont sournoises. Quand elles ne sont pas trahies par la fonte de neige sur la toiture ou autour de la fondation, il n’est généralement possible de les déceler que sur la facture de chauffage. Au Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques (BEIE), on estime qu’« au Québec, les maisons moyennes perdent environ 30 % de leur chaleur par les fuites d’air disséminées un peu partout dans la maison ».

L’air froid est pour sa part nettement moins malin. Même s’il parvient habituellement à s’infiltrer sans bruit, il ne peut s’empêcher de claironner sa présence par l’inconfort qu’il crée. On peut toutefois aisément repérer les couloirs préférés de cet intrus.

À la recherche de l’étanchéité perdue

Pour ce faire, il suffit de s’armer d’une bougie, d’un article produisant de la fumée (bâton d’encens ou autre) ou d’un élément ultra-léger tels une plume, un bout de tissu ou une pellicule plastique fixée à un bâtonnet et de faire le tour des endroits les plus vulnérables de la maison. L’objet tendu réagira si de l’air s’infiltre sur son passage. 

Un bon truc : l’effet de courant d’air sera plus évident en mettant en marche simultanément tous les appareils extracteurs d’air (hotte de cuisinière, ventilateur de salle de bains, aspirateur central, sécheuse, etc.). La relative dépressurisation de la maison ainsi obtenue aura pour effet d’accentuer les infiltrations d’air. De préférence, choisissez un temps venteux et froid pour procéder à cette exploration.

Autre astuce : attendez la tombée de la noirceur pour vérifier l’étanchéité des coupe-bise. Ayant d’abord pris soin d’éteindre tous les luminaires intérieurs et extérieurs, demandez à un complice de balayer les contours des portes et fenêtres à partir de l’intérieur, au moyen d’un instrument d’éclairage de bonne puissance. La lumière jaillira du plus invisible point de fuite. Et n’allez surtout pas ignorer la plus grande porte de la maison, soit celle du garage!

Chaque geste compte!

Certes, les interventions majeures comme le remplacement de portes et fenêtres défectueuses ou l’ajout d’isolant dans l’entretoit peuvent générer des économies d’énergie substantielles. Ainsi, une évaluation énergétique réalisée par le BEIE* vaudra son pesant d’or si vous envisagez d’importants travaux pour réduire votre facture d’énergie. Le test d’infiltrométrie, qui dévoilera avec plus de précision les défauts de l’armure de votre maison, sera accompagné d’un rapport d’évaluation détaillé proposant des améliorations rentables. Si vous passez à l’action (et êtes admissible), vous pourriez obtenir, à la faveur du programme Rénoclimat, une subvention proportionnelle aux progrès mesurés en matière d’efficacité énergétique.

Toutefois, des gains appréciables peuvent aussi résulter d’initiatives fort peu coûteuses; des petits correctifs qui rendront par le fait même la maison à la fois plus confortable et durable. Ainsi, avez-vous seulement songé à :

  • Ajuster ou remplacer les coupe-bise abusivement décontractés des portes, fenêtres et trappes d’accès?
  • Corriger au moyen de laine isolante ou de mousse expansive le calfeutrage à l’arrière des moulures de cadrage des portes et fenêtres de même qu’à la base des plinthes et quarts-de-rond?
  • Installer des coussins de mousse entre le boîtier et la plaque des prises de courant et des commutateurs ou encore insérer des capuchons de plastique dans les prises de courant pour en bloquer les orifices?
  • Appliquer du scellant amovible autour des vieilles fenêtres et soupiraux?
  • Recouvrir d’un film de plastique spécialement conçu les fenêtres peu étanches?
  • Enlever les débris (charpie, poussière, brins d’herbe, etc.) empêchant les clapets de sorties d’air extérieures des hottes de cuisinière, sécheuse ou ventilateur de salle de bains de se refermer complètement?

*Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétiques (évaluation énergétique) : 1 866 266-0008.



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