Avant-propos

Une consultation importante dans une région importante

Si CAA-Québec n’est pas un spécialiste en matière d’aménagement urbain, il dispose toutefois d’une vaste expérience en consommation automobile et en mobilité. Chaque fois que possible, il souhaite représenter les opinions et les intérêts de ses membres. Voilà pourquoi, dans le cadre de la consultation sur la mobilité durable et un réseau structurant de transport entreprise par la Ville de Québec, il lui apparaissait important de sonder ses membres de la région afin de faire connaître leurs vues, leurs besoins et de formuler des recommandations adéquates.

Rappelons que des 1 250 000 membres qu’il regroupe, près de 150 000 résident dans la région de Québec, incluant ceux de la Rive-Sud. Ces gens font partie des citoyens que devront convaincre les autorités de la nécessité et de l’efficacité d’un réseau structurant de transport. Sans un bon bassin d’utilisateurs potentiels, tout réseau de transport, quel qu’il soit, n’a aucune chance de succès.

La Ville de Québec est importante pour CAA-Québec, lieu de naissance de l’un de ses deux clubs fondateurs, le Club automobile de Québec en 1912, lequel a toujours suivi de près les activités de la capitale dans l’intérêt de ses membres. Après sa fusion, en 1984, avec le Touring Club de Montréal (fondé en 1904), l’organisation qui en a résulté, le CAA-Québec d’aujourd’hui, a établi à Québec son siège social. Avec ses quelque 500 employés dans cette région, il compte parmi les employeurs importants.

Introduction

CAA-Québec et la mobilité durable

Il convient de résumer d’abord la vision de CAA-Québec en matière de mobilité durable. Elle guide en effet le regard qui sera porté dans ce mémoire sur les résultats du sondage fait auprès de ses membres.

Nos principes clés

  • La mobilité durable n’est pas un choix, mais une nécessité que nul ne peut ignorer désormais; l’automobile demeure néanmoins le mode de transport privilégié de 80 % des ménages québécois parce qu’elle répond aux besoins dictés par l’occupation d’un vaste territoire.
  • Le transport collectif contribue à réduire la congestion et la pollution, mais il ne pourra jamais combler la totalité des besoins de la population à l'échelle de la province. Nier cette réalité dans la planification à court, moyen et long terme de nos infrastructures routières et de transport collectif serait une erreur sur les plans budgétaire et social.
  • Le transport en commun et la voiture sont complémentaires.
  • Plus que jamais l’évolution rapide des technologies numériques et de mobilité permet de concevoir des solutions innovantes en matière de mobilité durable.
  • Le gouvernement doit continuer d’œuvrer en faveur d’un « cocktail » de mobilité incluant l’automobile, l’autobus, le métro, le covoiturage et le transport actif (marche et vélo).
  • L’amélioration de la fluidité de la circulation dans les grands centres doit être au cœur des solutions.
  • Le transport interrégional doit être amélioré à bien des endroits et les solutions doivent être innovantes et réalistes.

Notre position

CAA-Québec favorise les solutions efficaces au détriment des moyens spectaculaires. L’objectif est clair : obtenir des résultats concrets au meilleur coût possible. Voici quelques pistes :

  • Mieux desservir les banlieues avec des services de transports collectifs bonifiés aux heures de pointe afin de diminuer la congestion routière.
  • Rendre l’option du transport en commun plus attrayante grâce au respect des délais, à une offre accrue et à des parcours rapides.
  • Ne plus opposer transports collectifs et individuels, mais plutôt déployer des solutions complémentaires exploitant les forces de chacun.

Cette position avait d’ailleurs guidé CAA-Québec dans son appui formulé pour l’option d’un service rapide par bus (SRB) par Québec et Lévis, en 2015 (annexe 1).

Analyse et recommandations

Analyse et recommandations à la suite d’un sondage réalisé par CAA-Québec auprès de ses membres de la région de Québec

Le sondage analysé dans la présente section a été réalisé en juin 2017 auprès de membres de la région de Québec [1]. Il portait spécifiquement sur le développement d’un éventuel réseau structurant de transport en commun à Québec. Pour le bénéfice des répondants, CAA-Québec définissait ainsi ce concept :

Par réseau structurant, on entend un réseau de transport collectif majeur qui va au-delà du transport par autobus et qui permet de transporter beaucoup de personnes de manière confortable, efficace, fiable et attrayante. À titre d’exemple, on a souvent évoqué un tramway, un métro ou un service rapide par bus.

Pour chacun des sujets traités, nous proposons d’abord une brève mise en contexte, nous présentons les résultats, puis nous les analysons. S’il y a lieu, une recommandation est émise. Les encadrés « On nous a spécifié… » comportent certains commentaires exprimés en lien avec les sujets abordés.

Il est à noter que pour les fins de ce mémoire, tous les membres qui utilisent le transport en commun au moins quelques fois par année ont été considérés comme des usagers.


[1] Ce sondage a été réalisé entre le 16 et le 26 juin 2017 auprès de 894 membres francophones, âgés entre 18 et 74 ans, habitant dans l’agglomération de Québec. Celle-ci est composée des arrondissements de La Cité-Limoilou, Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, Beauport, Les Rivières, Charlesbourg, La Haute Saint-Charles, ainsi que L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures. On trouvera copie du sondage en annexe 2.

1.0 Moyen de transport utilisé pour les déplacements quotidiens

Parce que CAA-Québec est notamment une association d’automobilistes, certains pourraient croire à tort que ses membres utilisent exclusivement leur véhicule automobile personnel pour effectuer leurs déplacements quotidiens. Or, ce n’est pas parce que l’on possède une voiture qu’on n’utilise pas le transport en commun. Ainsi, la plupart des membres CAA-Québec sont, comme beaucoup de gens, à la fois automobilistes, cyclistes, piétons et utilisateurs d’une forme ou d’une autre de transport collectif (covoiturage et autopartage inclus).

Nous avons donc demandé aux membres quels moyens de transport ils utilisaient pour effectuer leurs déplacements quotidiens, c’est-à-dire pour se rendre à leur travail ou à l’établissement d’enseignement où ils étudient.

Résultats

Moyen de transport utilisé pour les déplacements quotidiens

Véhicule automobile personnel

90 %

Transport en commun

22 %

Marche

19 %

Vélo

11 %

Covoiturage

10 %

Taxi

2 %

Autopartage

1 %

Commentaires/analyse

Le véhicule automobile personnel est le moyen le plus utilisé par les membres CAA‑Québec de l’agglomération de Québec (90 %) pour effectuer leurs déplacements quotidiens. Néanmoins, 22 % des répondants utilisent le transport en commun. Sans surprise, les résidents de l’arrondissement La Cité-Limoilou (38 %), le plus densément peuplé, et ceux qui se rendent travailler dans cet arrondissement (41 %) sont plus nombreux à avoir répondu qu’ils utilisaient le transport en commun.

2.0 Fréquence d’utilisation du transport en commun

Afin d’avoir un portrait un peu plus juste des usagers du transport en commun, nous avons voulu connaître leur fréquence d’utilisation.

Résultats

Fréquence d’utilisation du transport en commun

Tous les jours

27 %

Quelques fois par semaine

23 %

Quelques fois par mois

31 %

Quelques fois par année

19 %

Commentaire/analyse

Mentionnons ici que la moitié des membres usagers du transport en commun l’utilise au moins quelques fois par semaine. Sur une base mensuelle, la proportion d’utilisateurs grimpe à 81 %.

3.0 Freins à l’utilisation du transport en commun

Les non-utilisateurs du transport en commun ont des raisons multiples de ne pas l’utiliser. Elles peuvent être liées à la complexité du réseau ou à la situation personnelle. C’est pourquoi nous avons demandé aux membres qui avaient répondu ne pas être des utilisateurs du transport en commun de nous donner jusqu’à 5 raisons pour lesquelles ils ne l’utilisent pas pour effectuer leurs déplacements quotidiens.

On nous a spécifié…

« On devrait commencer par rendre le service actuel plus performant et mieux desservir les villes de banlieue. Ce n’est pas à partir d’un RTC médiocre qu’on va ériger la performance. »

« () démontrer à ceux et celles qui n’utilisent pas le transport en commun que c’est la meilleure solution pour sauver du temps et améliorer notre qualité de vie. »

Résultats

Freins à l’utilisation du transport en commun

Complexité

Le trajet est trop long.

37 %

Le nombre de correspondances que je dois effectuer pour me rendre à destination est trop important.

36 %

Le service n’est pas adapté à mon horaire de travail.

24 %

L’autobus ne passe pas assez souvent à proximité de ma résidence.

19 %

L’arrêt d’autobus est trop loin de ma résidence.

10 %

L’autobus ne passe pas assez souvent à proximité de mon travail ou de mon école.

9 %

L’arrêt d’autobus est trop loin de mon travail ou de mon école.

9 %

Raisons personnelles

Je dois utiliser mon véhicule personnel pour répondre à des obligations familiales.

25 %

J’ai besoin de mon véhicule personnel dans le cadre de mon travail.

16 %

Je suis retraité.

7 %

J’utilise mon véhicule pour faire du covoiturage.

3 %

Commentaires/analyse

Les principaux freins à l’utilisation du transport en commun sont liés à la complexité du réseau, notamment à la longueur des trajets et au nombre trop important de correspondances.

Il n’est pas étonnant de constater que les répondants qui résident à l’extérieur des limites de l’arrondissement La Cité-Limoilou sont plus nombreux à affirmer qu’ils n’utilisent pas le transport en commun en raison du nombre de correspondances trop important (38 %), du service non adapté à leur horaire de travail (26 %), de la fréquence insuffisante de passage à proximité de leur résidence (21 %) et de la localisation trop éloignée de l’arrêt d’autobus de leur résidence (11 %).

Recommandation 1 

  • Améliorer en priorité le service de transport en commun sur le territoire des anciennes banlieues ainsi que dans les parcs industriels aux heures de pointe afin d’offrir à la population une réelle solution de rechange au voiturage en solo pour les déplacements quotidiens.

4.0 Appui à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun

Puisque c’est le cœur de la présente consultation, CAA-Québec a voulu connaître le niveau d’accord de ses membres quant à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun dans l’agglomération de Québec.

Résultats

Niveau d’accord avec l’implantation d’un réseau structurant de transport

Tout à fait en accord

46 %

Plutôt d’accord

35 %

Plutôt en désaccord

9 %

Tout à fait en désaccord

8 %

Je ne sais pas

1 %

Commentaires/analyse

Le projet d’implantation d’un réseau structurant de transport en commun dans l’agglomération de Québec suscite une opinion majoritairement favorable (81 %). Évidemment, l’appui chez les utilisateurs du transport en commun (93 %) est plus important que chez les non-utilisateurs (77 %). De plus, les résidents de l’arrondissement La Cité-Limoilou (90 %) et ceux qui y travaillent ou y étudient (85 %) sont plus nombreux à se déclarer favorables.

On nous a spécifié…

« Il suffit d’avoir voyagé un minimum pour savoir qu’un service de transport collectif est l’ADN d’une ville qui fonctionne, évolue et répond aux besoins de ses citoyens. »

5.0 Conditions essentielles à l’implantation d’un réseau structurant de transport

L’implantation d’un réseau structurant de transport en commun nécessite des investissements financiers majeurs. Puisque les besoins en matière de transport sont nombreux et que les ressources financières sont limitées, les autorités n’ont pas droit à l’erreur. Par conséquent, certaines conditions doivent être réunies pour assurer son succès.

Ainsi, nous avons demandé à nos membres de se prononcer sur quatre affirmations contenant chacune une condition à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun :

  • L’ajout de stationnements incitatifs (5.1)
  • La liaison entre Québec et Lévis (5.2)
  • L’importance d’un partenariat et les coûts (5.3)
  • Le nombre d’usagers (5.4)

5.1 Ajout de stationnements incitatifs

Question posée

Jusqu’à quel point êtes-vous en accord avec le fait que l’ajout de stationnements incitatifs à proximité de plusieurs stations d’un éventuel réseau structurant de transport en commun est une condition essentielle au succès populaire de ce réseau ?

Résultats

Stationnements incitatifs

Tout à fait en accord

59 %

Plutôt d’ accord

32 %

Plutôt en désaccord

5 %

Tout à fait en désaccord

3 %

Je ne sais pas

1 %

Commentaires/analyse

La nécessité de prévoir des stationnements incitatifs à proximité des principaux points d’embarquement ne fait pas de doute. Les membres CAA-Québec se sont montrés à 91 % en accord avec cette affirmation. Il n’est pas étonnant de constater que les travailleurs et les étudiants de l’arrondissement La Cité-Limoilou (96 %) sont plus nombreux à se dire en accord avec cet énoncé.On nous a spécifié…
« (…) faire en sorte que l’utilisation soit agréable (ex : stationnements disponibles près des principaux points d’embarquement). »

 

 

Recommandation 2 

  • Dans l’éventualité où la Ville de Québec décide d’aller de l’avant avec l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun, CAA‑Québec recommande la présence de stationnements incitatifs gratuits, accessibles et sécuritaires à proximité du plus grand nombre de stations possible afin de permettre aux usagers de limiter le nombre de correspondances entre différents modes de transport en commun pour se rendre à destination.

5.2 Liaison entre Québec et Lévis

Question posée

Jusqu’à quel point êtes-vous en accord avec le fait que les villes de Québec et de Lévis devraient être reliées par un réseau structurant de transport ?

Résultats

Liaison entre Québec et Lévis

Tout à fait en accord

48 %

Plutôt d’ accord

37 %

Plutôt en désaccord

7 %

Tout à fait en désaccord

5 %

Je ne sais pas

4 %

Commentaires/analyse

Pour les membres CAA-Québec, un lien entre les villes de Québec et de Lévis est indispensable à la réussite d’un tel projet. Les répondants se sont dits à 85 % en accord avec cet énoncé. Les membres appartenant à la génération Y, c’est-à-dire ceux âgés entre 18 et 33 ans, sont plus nombreux à s’être positionnés en accord avec cet énoncé (94 %).On nous a spécifié…
« Doit inclure la Rive-Sud ainsi que l’est, l’ouest et le nord de la ville de Québec. Bref, un projet régional. »

 

 

Recommandation 3

  • Dans l’éventualité de l’implantation d’un réseau de transport en commun structurant, CAA-Québec recommande que celui-ci relie les deux rives du fleuve afin de rejoindre le plus grand nombre d’utilisateurs possible.

5.3 Partenariat et coûts importants du projet

Question posée

Jusqu’à quel point êtes-vous en accord avec le fait que la signature d’un partenariat entre les différents paliers de gouvernement et un organisme tel que la Caisse de dépôt et placement du Québec est indispensable à la réalisation d’un tel projet (compte tenu des coûts importants) ?

Résultats

Partenariat

Tout à fait en accord

38 %

Plutôt d’ accord

38 %

Plutôt en désaccord

8 %

Tout à fait en désaccord

8 %

Je ne sais pas

8 %

Commentaires/analyse

Les membres CAA-Québec sont conscients que la réalisation d’un réseau structurant de transport est coûteuse. C’est sans doute pourquoi, ils se sont montrés à 76 % en accord avec la nécessité d’un partenariat entre le gouvernement et un organisme comme la Caisse de dépôt et placement du Québec. De plus, les répondants ne peuvent ignorer la participation financière de cette dernière dans la réalisation du réseau électrique métropolitain.On nous a spécifié…
« (…) trouver des partenaires du privé et d’autres paliers du gouvernement pour payer le projet. »

 

 

Recommandation 4

  • Puisque les coûts de réalisation d’un réseau structurant de transport sont très importants, CAA-Québec recommande que la participation financière des différents paliers de gouvernement ainsi que d’un organisme tel que la Caisse de dépôt et placement du Québec soit sollicitée.

5.4 Nombre d’usagers

Question posée

Jusqu’à quel point êtes-vous en accord avec le fait que l’agglomération de Québec compte suffisamment d’usagers et d’usagers potentiels pour qu’on y implante avec succès un système de transport en commun structurant ?

Résultats

Nombre d’usagers

Tout à fait en accord

35 %

Plutôt d’ accord

37 %

Plutôt en désaccord

14 %

Tout à fait en désaccord

9 %

Je ne sais pas

5 %

Commentaires/analyse

À en croire ce qui est véhiculé dans les différents médias de la région, le nombre d’usagers potentiels pour justifier l’implantation d’un système de transport en commun semble être une préoccupation auprès d’une certaine tranche de la population de l’agglomération de Québec. Près des trois quarts des répondants (72 %) se sont tout de même dits en accord avec le fait que l’agglomération de Québec compte suffisamment d’usagers et d’usagers potentiels pour implanter avec succès un système de transport structurant. Les résidents de l’arrondissement de La Cité-Limoilou (82 %) et ceux qui y travaillent (79 %) ont été plus nombreux à s’affirmer en accord avec l’énoncé.On nous a spécifié…
« Avant de lancer un tel projet, s’assurer que la population est assez importante pour se le payer. Québec n’est pas New York, ni Montréal. »

 

 

Recommandation 5

  • CAA-Québec recommande aux autorités de démontrer hors de tout doute aux résidents de l’agglomération de Québec que celle-ci compte suffisamment d’usagers potentiels pour qu’on y implante avec succès un système de transport en commun structurant.

6.0 Moyens de transport privilégiés

En mars 2015, la Ville de Québec et la Ville de Lévis avaient opté pour un service rapide par bus. Presque trois ans plus tard, plusieurs pensent que la Ville de Québec pourrait avoir gardé possible cette option malgré la consultation, alors que la Ville de Lévis n’en désire plus. Mais que choisirait la population ? Nous avons interrogé nos membres sur leur préférence pour un système de transport en commun structurant dans l’agglomération de Québec.

Résultats

Moyens de transport privilégiés

Service rapide par bus

36 %

Métro

23 %

Tramway

16 %

Trains de banlieue

16 %

Autobus*

3 %

* Type de réseau ajouté à partir des réponses « Autres »

Commentaires/analyse

Le service de transport rapide par bus (36 %) et le métro (23 %) sont les moyens de transport privilégiés par le plus grand nombre dans le cadre de l’implantation d’un réseau de transport en commun. Les usagers actuels du transport en commun (44 %) affichent une préférence plus marquée pour le service rapide par bus que les non-usagers (34 %). Par ailleurs, si l’option « autobus » avait fait partie des choix de réponse, le pourcentage aurait été probablement plus élevé.

On nous a spécifié…

« Un bon exemple le TEOR à Rouen en France ! Le TEOR est le transport est-ouest rouennais. Il s’agit d’un bus à haut niveau de service. »
« Dans les années ’60, l’instauration d’un métro à Montréal était perçue comme une folie. Il en sera de même pour une telle éventualité à Québec. Pourtant, nul ne remet en question aujourd’hui le métro de Montréal. Ce moyen de transport est très adéquat pour nos rudes climats. La circulation à travers la ville n’en serait que plus agréable. »

7.0 Enjeux liés à l’implantation

Tout projet majeur comporte des enjeux. CAA-Québec a dressé une liste et a demandé à ses membres de choisir ceux qui étaient pour eux les principaux en les numérotant de 1 à 3 en ordre d’importance.

Résultats

Enjeux

Total

1er

2e

3e

Coûts

Coûts collectifs élevés

81 %

38 %

28 %

15 %

Danger de dépassement de coûts

75 %

31 %

19 %

24 %

Augmentation des taxes municipales

71 %

22 %

27 %

23 %

Logistique

Perte de voies de circulation ou d’espaces de stationnement dans les rues

59 %

23 %

16 %

20 %

Travaux trop perturbateurs

47 %

14 %

15 %

17 %

Le total peut être supérieur à 100% puisque certains répondants ont accordé le 1er rang à plus d’un choix.

Commentaires/analyse

Les enjeux liés à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun peuvent être regroupés en termes de coûts et de logistique. La grande majorité de nos membres estime que les coûts élevés (81 %) et les dépassements de coûts (75 %) sont les principaux enjeux auxquels devront faire face les responsables du projet de l’implantation du réseau. Encore plus précisément, pour 38 % des répondants les coûts collectifs élevés représentent l’enjeu le plus important parmi ceux qui étaient présentés.On nous a spécifié…
« Il faudrait un compte-rendu des différentes études et analyses effectuées par une équipe neutre face au projet. Il faudrait avoir un portrait réaliste des coûts et des impacts pour les contribuables. »

Recommandation 6 

  • Faire preuve de transparence à l’égard de la population quant à tous les coûts liés à l’implantation d’un réseau structurant de transport et aux impacts sur l’impôt foncier. Rendre compte des impacts sur la circulation routière pendant et après les travaux.

8.0 Actions à prioriser pour susciter l’adhésion populaire

En vue de favoriser l’adhésion de la population au projet de réseau structurant de transport en commun, des actions devront nécessairement être priorisées. CAA‑Québec a établi une liste d’actions et a demandé à ses membres d’indiquer celles qui étaient prioritaires pour eux en les numérotant de 1 à 3 en ordre d’importance.

Résultats

Actions à prioriser

Total

1er

2e

3e

Démontrer l’efficacité d’un système structurant de transport

85 %

37 %

32 %

16 %

Faire la preuve qu’il s’agit d’un bon investissement

67 %

20 %

18 %

28 %

Prouver que les gens l’utiliseraient

63 %

24 %

18 %

21 %

Prouver la nécessité d’un tel projet

63 %

31 %

17 %

16 %

Expliquer l’ensemble du projet à la population

59 %

31 %

12 %

17 %

Le total peut être supérieur à 100% puisque certains répondants ont accordé le 1er rang à plus d’un choix.

Commentaires/analyse

De l’avis des membres CAA-Québec, la démonstration de l’efficacité du système serait l’action la plus importante à prioriser par la Ville en vue de favoriser l’adhésion de la population au projet. En effet, celle-ci- représente une action importante pour 85 % des membres qui résident à Québec. De plus, pour 37 % des répondants, il s’agit de la première action à prioriser parmi celles qui étaient présentées.On nous a spécifié…
« Démontrer les effets positifs importants sur la fluidité de la circulation, tant pour ceux qui opteront pour le service que pour les autres qui continueront à utiliser l’automobile. »

 

 

Recommandations 7 et 8

  • Afin de s’assurer de l’adhésion essentielle de la population à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun, CAA‑Québec recommande aux autorités de démontrer en priorité tous les avantages d’un tel réseau tant pour les éventuels usagers que pour la fluidité de la circulation dans l’agglomération.
  • De plus CAA-Québec recommande aux autorités d’établir des mesures de succès simples et compréhensibles qui témoigneraient de l’efficacité d’un réseau structurant de transport. Plus le processus sera effectué de manière transparente, plus fort sera le tôt d’adhésion de la population.

9.0 Autres actions à mettre en application

CAA-Québec a également demandé à ses membres de lui indiquer d’autres actions qui, selon eux, devraient être priorisées par la Ville de Québec afin de favoriser l’adhésion de la population. Les membres ont été nombreux à s’exprimer et à émettre des suggestions.

Commentaires/analyse

Voici une liste d’actions élaborée à partir des commentaires des membres de CAA‑Québec que la Ville devrait également considérer afin de favoriser l’adhésion de la population au projet d’implantation d’un réseau structurant de transport en commun[1] :

  • Démontrer l’utilité du réseau à l’aide de différents profils de citoyens auxquels un maximum de personnes pourra s’identifier.
  • Présenter des comparaisons avec d’autres villes de taille comparable où des projets semblables se sont avérés de belles réussites.
  • Impliquer des urbanistes afin que le projet soit intégré à la trame urbaine d’une manière séduisante et qu’il embellisse l’espace public,
  • Présenter à la population un montage financier réaliste.
  • Consulter la population à diverses étapes notamment avant le choix du moyen de transport et du trajet.
  • Rendre le service actuel plus performant, et ce, sur l’ensemble du territoire.
  • Étudier la possibilité de relier l’aéroport.
  • Penser à l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
  • Se baser sur les résultats de l’enquête « Origine-destination »[2] pour implanter les premières phases du réseau sur les grands axes de déplacements de personnes.
  • Viser la complémentarité des différents modes de transport afin d’offrir des solutions multimodales aux usagers.

Recommandation 9 

  • Tous les citoyens de l’agglomération de Québec sont des utilisateurs potentiels d’un réseau de transport en commun bonifié. C’est pourquoi CAA-Québec recommande aux autorités d’être à l’écoute de ceux-ci à différentes phases de l’implantation. Ils regorgent d’idées intéressantes et ils font inévitablement partie du succès d’un tel projet.

[1] Les commentaires sont présentés ici en vrac, à titre informatif, aucune mesure méthodologique ne nous permettant de les hiérarchiser.

[2] Enquête menée conjointement par le ministère des Transports du Québec (MTQ), le Réseau de transport de la Capitale (RTC), la Société de transport de Lévis (STLévis) et la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) pour dresser le portrait des habitudes de déplacements de la population de la région, tous modes de transport confondus, et son évolution dans le temps.

10.0 Raisons qui ont mené à l’abandon du SRB

CAA-Québec a demandé à ses membres de lui indiquer quelle était selon eux la principale raison pour laquelle le projet de service rapide par bus a été abandonné.

Commentaires/analyse

Selon les membres CAA-Québec, les principales raisons ayant mené à l’abandon du service rapide par bus sont les suivantes :

  • Le trajet choisi.
  • La perte éventuelle de voies de circulation pour les automobilistes.
  • Le retrait de la Ville de Lévis du projet.
  • Le manque de volonté commune entre Québec et Lévis.
  • L’insuffisance de la population dans l’agglomération.
  • La mauvaise communication et le manque d’explications.
  • L’influence négative de certains médias.
  • Le manque de transparence.
  • Le contexte électoral.
  • Les coûts importants liés au projet.
  • L’opposition service rapide par bus et troisième lien.
  • L’incertitude de la population quant à la nécessité d’un tel réseau.
  • Le manque d’écoute de la population et la consultation tardive.

Recommandation 10

  • Avant de procéder à la présentation d’un nouveau projet structurant de transport en commun, CAA-Québec recommande aux autorités d’analyser tous les irritants soulevés par la population de l’agglomération dans le dossier du service rapide par bus afin d’assurer la réussite d’un prochain projet.

11.0 Utilisation d’un réseau structurant de transport en commun

L’idée d’avoir un réseau structurant de transport en commun dans l’agglomération de Québec est noble, mais encore faut-il que les résidents soient intéressés à l’utiliser une fois celui-ci réalisé. CAA-Québec a donc demandé à ses membres s’ils seraient susceptibles d’utiliser un tel réseau s’il était implanté à Québec.

Résultats

Utilisation d’un réseau structurant de transport en commun

 

Tous

Utilisateurs du transport en commun

Non-utilisateurs du transport en commun

Probable

61 %

95 %

51 %

Certainement

25 %

60 %

15 %

Probablement

36 %

35 %

36 %

Peu probable

39 %

6 %

49 %

Probablement pas

30 %

5 %

37 %

Certainement pas

9 %

1 %

12 %

Commentaires/analyse

Parmi les membres résidents de l’agglomération de Québec, 61 % indiquent qu’ils utiliseraient probablement un réseau structurant de transport en commun s’il était implanté à Québec, soit la quasi-totalité des usagers actuels du transport en commun (95 %) et la moitié des non-usagers (51 %).

12.0 Raisons de la non-utilisation d’un réseau structurant de transport en commun

Afin d’en savoir plus sur ceux qui ont répondu qu’il était peu probable qu’ils utilisent un réseau de transport en commun si un tel réseau était implanté dans la région, CAA-Québec leur a demandé les raisons pour lesquelles ils se montraient réfractaires.

Résultats

Raisons de ne pas utiliser le réseau structurant

Raisons personnelles

Je préfère mon véhicule personnel aux autres modes de transport.

48 %

J’ai besoin de mon véhicule personnel pour répondre à des obligations familiales.

36 %

J’ai besoin de mon véhicule personnel dans le cadre de mon travail.

25 %

J’utilise mon véhicule pour faire du covoiturage.

4 %

Complexité

Je réside trop loin de la zone qui serait desservie.

27 %

Je travaille ou j’étudie trop loin de la zone qui serait desservie.

16 %

Commentaires

Parmi nos membres plus réfractaires, les principales raisons de ne pas utiliser le transport en commun sont davantage d’ordre personnel que liées à l’accessibilité du réseau de transport. Ceux qui résident à l’extérieur de l’arrondissement La Cité-Limoilou sont plus nombreux à mentionner qu’ils ont besoin de leur véhicule pour répondre à des obligations familiales (38 %).

CONCLUSION ET SOMMAIRE DES RECOMMANDATIONS

Améliorer le réseau actuel

L’une des premières constatations qu’inspirent les résultats de ce sondage est que les autorités devront inévitablement améliorer le réseau actuel avant d’implanter un réseau structurant de transport en commun. Comme le précise la définition présentée dans le cadre de ce sondage, on parle ici d’un réseau de transport collectif majeur qui va au-delà du transport par autobus et qui permet de transporter beaucoup de personnes de manière confortable, efficace, fiable et attrayante. Certains secteurs demeurent encore mal desservis par le Réseau de transport de la Capitale. On pense ici aux territoires des anciennes villes de banlieue ainsi qu’aux parcs industriels.

Comprendre les défaillances du projet de SRB

De plus, une analyse approfondie de toutes les raisons qui ont mené à l’abandon ou au report du service rapide par bus devra être effectuée. Il faut apprendre des erreurs commises dans ce dossier, puisque le temps presse.

Avoir une vision à long terme

Un système structurant de transport en commun ne se construit pas du jour au lendemain et de nombreuses étapes sont nécessaires avant sa mise en service. Il importera de faire connaître la vision à long terme du projet de transport en commun et les étapes de réalisation à court, moyen et long terme. Les automobilistes de la région ont besoin d’une solution efficace, fiable et attrayante afin de pouvoir faire le choix de laisser leur véhicule personnel à la maison pour effectuer leurs déplacements quotidiens.

Inclure la Rive-Sud, un incontournable

Il ne faut pas oublier que le transport en commun fait partie des solutions à la congestion routière qui gagne de plus en plus la région.

Évidemment, durant le processus d’implantation, il sera primordial d’avoir une volonté commune de la part des différents élus de la région (autant sur la Rive-Nord que sur la Rive-Sud), d’être à l’écoute de la population en tenant des consultations et des séances d’information et de faire preuve d’une grande transparence quant au choix du moyen de transport, des coûts et des impacts sur la circulation.

CAA-Québec suivra de près la situation quant aux recommandations formulées dans le présent mémoire. Les autorités peuvent compter sur lui pour témoigner des avancées que fera le projet. Un réseau de transport en commun structurant est nécessaire à l’agglomération de Québec pour faire de la grande région de la Capitale-Nationale une région encore plus moderne et attrayante. En complémentarité avec tous les autres moyens de se déplacer, incluant l’automobile, ce réseau contribuera efficacement à la mobilité de demain.

Sommaire des recommandations de CAA-Québec

1.    Que soit amélioré en priorité le service de transport en commun sur le territoire des anciennes banlieues ainsi que dans les parcs industriels aux heures de pointe afin d’offrir à la population une réelle solution de rechange au voiturage en solo pour les déplacements quotidiens.

2.    Si la Ville de Québec décide d’aller de l’avant avec l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun, CAA-Québec recommande la présence de stationnements incitatifs gratuits, accessibles et sécuritaires à proximité du plus grand nombre de stations possible afin de permettre aux usagers de limiter le nombre de correspondances entre différents modes de transport en commun pour se rendre à destination.

3.    Que soit prévu que ce réseau relie les deux rives du fleuve afin de rejoindre le plus grand nombre d’utilisateurs possible.

4.    Que la participation financière des différents paliers de gouvernement ainsi que d’un organisme tel que la Caisse de dépôt et placement du Québec soit sollicitée.

5.    Que soit démontré hors de tout doute aux résidents de l’agglomération de Québec que celle-ci compte suffisamment d’usagers potentiels pour qu’on y implante avec succès un système de transport en commun structurant.

6.    Que les autorités fassent preuve de transparence à l’égard de la population quant à tous les coûts liés à l’implantation d’un réseau structurant de transport et aux impacts sur l’impôt foncier. Qu’elles rendent comptent aussi des impacts sur la circulation routière pendant et après les travaux.

7.    Afin de s’assurer de l’adhésion essentielle de la population à l’implantation d’un réseau structurant de transport en commun, CAA-Québec recommande aux autorités démontrer en priorité tous les avantages d’un tel réseau tant pour les éventuels usagers que pour la fluidité de la circulation dans l’agglomération

8.    De plus, CAA-Québec recommande aux autorités d’établir des mesures de succès simples et compréhensibles qui témoigneraient de l’efficacité d’un réseau structurant de transport. Plus le processus sera effectué de manière transparente, plus fort sera le taux d’adhésion de la population.

9.    Qu’elles soient à l’écoute des citoyens lors des différentes phases de l’implantation de ce réseau structurant pour mieux répondre à leurs besoins.

10. Que soient analysés tous les irritants soulevés par la population de l’agglomération dans le dossier du service rapide par bus afin d’assurer la réussite d’un prochain projet.