Tourism: The art of responsible travel (In French only)

Simon Bourassa
Faire du tourisme, voyager, ça a certainement de nombreux avantages – qu’ils soient sociaux et économiques – sur les communautés locales qui sont visitées. Mais ça vient aussi avec certaines conséquences sur l’environnement et sur les habitants.
On n’a qu’à penser à l’empreinte carbone qui est générée par exemple par les moyens de transport, la production de déchets générés par le tourisme et la surexploitation de certains lieux et de certaines ressources.
C’est pourquoi c’est devenu un incontournable en voyage de favoriser un tourisme qui est durable, qui est responsable, qui va minimiser notre empreinte et maximiser les bénéfices.
(Thème musical)
Simon Bourassa
Je m’appelle Simon Bourassa. Bienvenue dans ce nouvel épisode du balado Sans détour de CAA-Québec.
Aujourd’hui, je suis avec Manon Girardin, qui est directrice adjointe du centre Voyages de Sherbrooke. Aujourd’hui, Manon nous donne ses trucs pour devenir une voyageuse ou un voyageur plus responsable et plus éthique.
(Suite et fin du thème musical)
Simon Bourassa
Bonjour Manon!
Manon Girardin
Allô Simon!
Simon Bourassa
Merci d’être là! On parle de comportement éthique et comportement responsable à l’égard de l’environnement dans pas mal toutes les sphères de la société. Mais j’imagine que ça touche aussi le voyage.
Manon Girardin
Oui, c’est une tendance de société qui est très forte, donc forcément on le ressent dans notre domaine. Il y a des préoccupations environnementales qu’on peut constater avec les changements climatiques.
C’est une valeur de société que les gens se sont appropriée. Ils donnent l’importance à l’éthique, au respect des communautés locales. Donc ils s’attendent à ce que notre domaine embarque dans cette tendance-là. Puis c’est ce qui se passe présentement, on voit des changements.
Puis il faut aussi dire aussi que le tourisme, ben le secteur du voyage, ça redistribue les richesses sur la planète parce qu’on sait qu’il y a des destinations qui ne vivent – pas qui ne vivent –, mais leur secteur d’activité économique principal, c’est le tourisme
Simon Bourassa
Ouais, il y en a beaucoup. Ben c’est le fun et c’est une bonne nouvelle de savoir que l’industrie s’adapte à ces tendances-là ou à cette volonté du voyageur de réduire son impact.
Manon Girardin
Effectivement, l’industrie s’adapte à tous les niveaux. Mais il n’y a pas juste l’industrie qui doit s’adapter. Il y a les voyageurs, les voyageuses qui doivent s’adapter aussi dans leur comportement en voyage.
Simon Bourassa
On doit en faire une affaire personnelle. Puis ben justement là, qu’est-ce qu’on peut faire pour devenir un voyageur ou une voyageuse plus responsable?
Manon Girardin
Ben on commence par le commencement. C’est de choisir sa destination ou le moment qu’on voyage aussi. Parce que souvent on a les congés, les gens ont leurs congés aux mêmes périodes, donc voyagent aux mêmes moments, dans les mêmes destinations populaires. Donc ça peut créer une surcharge et des impacts négatifs sur les destinations qu’on visite.
Simon Bourassa
Éviter le surtourisme, on le sait, c’est bon aussi pour les petites communautés qui sont parfois un peu plus isolées. Il y a donc beaucoup d’avantages à choisir des destinations qui sont moins populaires.
Donc là, mettons, on a choisi notre destination, on est prêt à réserver notre voyage. On peut aussi faire nos devoirs puis choisir notre fournisseur de voyage.
Manon Girardin
Oui, dans le fond, la prochaine chose qu’il faut faire attention, c’est le fournisseur qu’on va choisir. Donc le croisiériste, l’hôtel, le voyagiste avec qui on fait affaire, on peut aller voir s’il s’est doté de règles, qu’ils respectent les communautés locales en termes de ressources humaines dans leur entreprise, en matière de respect de la nature. On peut aller vérifier ça auprès des fournisseurs.
Simon Bourassa
Parce que c’est facile de savoir si ces fournisseurs-là font l’effort ou offrent des options de tourisme responsable?
Manon Girardin
Oui, parce que quand ils en font, quand ils se dotent d’une politique environnementale ou sociale, c’est écrit sur leur site Web, dans la section «À propos», dans le bas de leur page Web.
Là je vais nommer quelques-unes des certifications qui existent. Il y a Green Globe, EarthCheck, Travelife. Donc vous pouvez, quand il y a cette certification-là, ben ça vous assure que le fournisseur s’est doté d’une certaine procédure ou politique. Mais aussi ça va vous dire comment il applique cette politique-là. Est-ce que c’est sur leur impact sur les gaz à effet de serre, sur la gestion des déchets, l’utilisation de l’eau? Et tout ça.
Simon Bourassa
Bon, voyager de manière responsable, ça peut être aussi simple aussi que lorsqu’on choisit nos vols.
Manon Girardin
Absolument. Ben moi je dirais allez-y avec un vol direct au lieu de prendre un vol avec 2, 3 connexions. Déjà là on va économiser sur le carburant. C’est un premier geste qu’on peut faire en choisissant quelque chose de plus responsable.
Simon Bourassa
Les agences de voyages aussi, j’imagine qui portent attention à ça en choisissant leur fournisseur?
Manon Girardin
Oui. En tout cas, je peux le dire pour chez nous, chez CAA, nos produits explore, c’est certain qu’on a une petite checklist, excusez l’anglicisme. On va vérifier si l’hôtelier a une politique de tourisme durable. Est-ce que on fait affaire avec un fournisseur local? Ce sont des choses qu’on valide pour nos forfaits à nous, chez nous, nos produits maison.
Simon Bourassa
OK. Donc là on vient de parler de ce qu’on peut faire avant de partir en voyage, mais sur place, à destination, il y a aussi des comportements à adopter.
Manon Girardin
Oui, en tant que voyageur, ce qu’on peut faire pour commencer, c’est avec nos bagages. Réduire la quantité de bagages qu’on peut apporter, diminuer le poids. Tout un défi!
Simon Bourassa
Oui, bonne chance! (petit rire)
Manon Girardin
Ouais hein? Moi, j’y arrive pas toujours. Donc je conseille d’avoir moins de vêtements, des vêtements polyvalents, des vêtements qui sèchent vite à destination. Donc en minimisant notre poids de bagages, à ce moment-là, ben l’appareil va consommer beaucoup moins d’essence.
Simon Bourassa
On le voit aussi, y a beaucoup de gens qui voyagent avec un bagage en cabine seulement, qui réussissent à faire tout entrer dans une petite valise.
Manon Girardin
Oui, ben encore là, c’est pas toujours possible de voyager de cette façon-là, dépendamment de la destination, de la météo ou quoi que ce soit.
Simon Bourassa
La durée du voyage aussi.
Manon Girardin
La durée du voyage. Mais c’est facilitant de voyager comme ça parce que après ça on peut marcher à destination, on peut prendre le vélo au lieu de prendre un Uber ou les transports. Donc c’est un autre geste, en réduisant notre poids de bagages, qui peut aider à minimiser l’impact environnemental.
Simon Bourassa
Ouais, bagage en cabine aussi, moins de risque de perdre sa valise. Ça, ç’a pas rapport à l’environnement, c’est plus le pratico-pratique.
Manon Girardin
Oui, mais on en voit de moins en moins. (rire)
Simon Bourassa
Donc oui, moins de choses dans les bagages, mais quels items permettent, par exemple, de réduire son impact une fois rendu sur place?
Manon Girardin
Oui, ça peut paraître anodin, mais un geste qu’on peut poser, c’est d’apporter notre propre bouteille réutilisable. Il y a des stations à breuvages un peu partout, on peut se réapprovisionner en eau, donc ça c’est un geste qu’on peut poser.
Une autre suggestion que j’ai à vous donner, c’est d’apporter des petits sacs quand on va faire soit l’épicerie ou quand on va magasiner. On a des petits sacs réutilisables qui se placent bien dans une valise. Puis ça évite d’avoir des sacs jetables à destination.
Simon Bourassa
Pour les déchets aussi, utiliser son propre matériel, par exemple pour les soins de beauté à l’hôtel?
Manon Girardin
Oui, je suggère aussi de pas utiliser les petits produits qui sont offerts dans les chambres d’hôtel, des bouteilles à usage unique. Donc on élimine d’utiliser des produits à usage unique.
Aussi les items emballés individuellement, on évite ça aussi. Puis je peux suggérer d’apporter vos propres choses ou les savons en barre, les fameux shampoings et revitalisants en barre qui sont pas suremballés. Une autre belle suggestion.
Simon Bourassa
Moins lourd aussi dans la valise?
Manon Girardin
Moins lourd donc on a un bel impact sur le premier élément que je mentionnais.
Simon Bourassa
À l’hôtel aussi, comportons-nous donc comme à la maison, ne serait-ce que dans l’utilisation de l’électricité.
Manon Girardin
Oui, on as-tu le goût de la laisser dans la petite fente, la clé pour revenir dans notre chambre fraîche? Mais ça c’est un geste qu’il faut pas faire. Faut l’enlever, faut fermer les lumières, fermer l’air climatisé, ça aide beaucoup à l’énergie de l’endroit où on habite.
Je vous dirais aussi le ménage, la femme de chambre, les serviettes, on n’a pas besoin de changer ça tous les jours. Raccrochez-les. Utilisez l’accroche-porte aussi pour pas qu’on vienne faire la chambre à tous les jours. C’est des gestes aussi qui peuvent réduire l’utilisation de l’eau.
Simon Bourassa
On parle de respect de l’environnement, mais il faut aussi parler du respect des communautés locales. C’est au voyageur de s’adapter à la culture locale, et non le contraire.
Manon Girardin
Tu l’as très bien dit. C’est à nous à faire nos devoirs avant de partir. Connaître la destination, connaître les mœurs et coutumes. Ne serait-ce que de savoir si je dois porter un tel vêtement dans un lieu de culte? Est-ce que je dois saluer de telle façon, remercier de telle façon? Donc c’est vraiment au voyageur de faire ses devoirs avant de partir.
Simon Bourassa
Ce qu’on consomme sur place, aussi, faut faire attention.
Manon Girardin
Oui, achetez local. Regardez où est-ce que ça a été fabriqué, le souvenir que vous avez le goût d’acheter. Achetez local, dans l’entreprise locale.
Moi j’ai un exemple, quand je suis allée au Maroc. C’était vraiment intéressant. Il y a des communautés de femmes marocaines qui font de l’huile d’argan. Donc c’est une coop de femmes où on est allés visiter le processus de fabrication de l’huile d’argan.
Il y a des petits produits à acheter à la fin. On rencontre les femmes qui habitent dans cette communauté-là. Puis les revenus générés de ces produits-là sont redonnés à la communauté. Donc c’est un bel exemple de pouvoir redonner aux gens locaux de la destination qui est visitée.
Simon Bourassa
Le choix d’activité aussi sur place c’est important. Il y a des choses qu’on doit éviter.
Manon Girardin
Oui, les fameux spectacles d’animaux, de mammifères marins ou nager avec les dauphins. On connaît jamais le sort de ces pauvres animaux-là. Donc je dirais que c’est à éviter.
À la place, remplacez cette activité-là par la visite d’un refuge. Au moins ces animaux-là on sait qu’ils sont bien traités, ils sont là pour une bonne cause. Et puis encore là, les sous transmis au refuge, ben ils sont là pour la [perpétuation] de ces animaux-là.
Simon Bourassa
Donc les pièges à touristes, on essaie d’éviter. C’est jamais bon pour les communautés locales.
Manon Girardin
C’est jamais bon. Puis j’ai comme exemple les fameux, les fameuses promenades à dos d’éléphant. À proscrire, on veut pas ça là, on sait pas le sort de ces pauvres éléphants-là.
Simon Bourassa
OK on oublie ça. Bon on peut compenser maintenant notre empreinte écologique avec des crédits carbone. C’est tout un monde, ça, c’est tout un univers. Aide-nous à nous retrouver là-dedans.
Manon Girardin
On va faire ce principe-là simple. Premièrement, c’est des crédits compensatoires du marché du carbone. J’ai dit que c’était simple, mais c’est pas si simple. Mais bon, c’est le vrai terme, il est long.
Dans le fond, ce que ça consiste, c’est d’acheter des crédits pour compenser les émissions de carbone de notre voyage. Ensuite de ça, l’argent qui est repris de ces crédits achetés, ben ils vont aller soit pour des plantations d’arbres, la production d’énergie propre, ce genre de projets.
Simon Bourassa
Puis comment on fait pour calculer combien de crédits carbone on doit acheter?
Manon Girardin
En fait, on peut se référer à des sites Web où vous retrouvez des calculateurs de crédits carbone. Je nomme deux, entre autres, parmi la panoplie: myclimate ou GoodPlanet. À ce moment-là, on rentre la distance de notre voyage et ça nous dit le nombre de crédits carbone qu’on doit acheter pour compenser l’émission de gaz à effet de serre du moyen de transport qu’on utilise.
Simon Bourassa
Il y a plein de choses qu’on peut faire individuellement pour voyager de manière plus éthique, plus responsable.
Manon Girardin
Plein de choses, mais c’est l’addition de tous les petits gestes qu’on peut poser un après l’autre qui vont faire une différence.
Simon Bourassa
Merci beaucoup, Manon, pour cette prise de conscience. C’était l’fun!
Manon Girardin
C’était vraiment le fun!
Simon Bourassa
Manon Girardin est directrice adjointe au centre Voyages CAA-Québec de Sherbrooke.
On a maintenant plein de trucs, de conseils pour devenir une voyageuse ou un voyageur responsable, ou du moins un peu plus responsable et avoir un impact positif sur l’industrie du voyage.
Je m’appelle Simon Bourassa. C’était Sans détour, le balado de CAA-Québec. Merci d’avoir été là. On se retrouve bientôt pour un autre épisode.
(Thème musical)