Floods: Preparing and reacting effectively (In French only)

Simon Bourassa
Pluies diluviennes, inondations, dégâts d’eau: on dirait que ça revient de plus en plus souvent dans l’actualité et que les dégâts causés par l’eau sont aussi de plus en plus désastreux. On en a eu un bon exemple à l’été 2024 avec un nombre record de réclamations d’assurances liées aux dégâts d’eau. Et si ça vous arrivait, vous sentez-vous prêt? Vous sentez-vous outillé à faire face à l’inondation de votre maison?
(Thème musical)
Simon Bourassa
Je suis Simon Bourassa. Bienvenue dans ce nouvel épisode du balado Sans détour de CAA-Québec. Aujourd’hui, je suis avec Suzanne Michaud, qui est vice-présidente, assurances chez CAA-Québec et experte en assurance de dommages. On va discuter évidemment des conséquences des inondations et des dégâts d’eau sur les assurés. Mais surtout, on vous donne des conseils pour vous aider à prévenir les dégâts et surtout à réagir efficacement en cas d’inondation.
(Suite et fin du thème musical)
Simon Bourassa
Bonjour Suzanne, merci d’être avec nous.
Suzanne Michaud
Bonjour Simon, très très heureuse d’être de retour.
Simon Bourassa
Donc, évidemment, les phénomènes météo extrêmes, on n’y échappe pas, c’est une réalité qu’on vit. Va falloir composer avec ça, il va falloir s’y habituer. Et puis, on l’a vu à l’été 2024, des images assez troublantes dans l’actualité de routes brisées, d’inondations de maisons, d’inondations de voitures. Des sinistrés, y en a eu beaucoup, mais statistiquement, est-ce qu’il y a vraiment une hausse donc des inondations?
Suzanne Michaud
Alors oui, Simon, je te confirme que, au cours des dernières années, il y a eu une augmentation des dommages causés par l’eau, que ça soit des inondations, que ça soit des infiltrations d’eau. Et l’année 2024 a été la plus importante à ce chapitre-là. En fait, le BAC, le Bureau d’assurance du Canada, nous confirme que, principalement à cause des pluies diluviennes qu’on a eues à l’été 2024, les dommages causés par l’eau ont été, ont représenté un des sinistres les plus importants au Canada. Enfin, même si on le compare avec celui du verglas, les sommes déboursées ont été plus importantes. Donc oui, ça a été difficile pour les assurés et aussi les assureurs. Et on pense que ça n’ira pas en s’améliorant.
Simon Bourassa
Ouais, donc on comprend que l’eau, ça fait encore plus de dommages que tout autre type de sinistre. C’est ce qui paraît dans les chiffres. Donc qui dit plus d’inondations dit aussi plus de réclamations d’assurance, j’imagine.
Suzanne Michaud
Effectivement, et le Québec et l’Ontario ont été les provinces les plus durement touchées par les réclamations rattachées aux pluies diluviennes du mois d’août. Et effectivement, remplacer par exemple, si je compare avec le verglas, le contenu d’un congélateur, d’un réfrigérateur, ça coûte pas mal moins cher que de remplacer des planchers ou encore des murs de gypse qui ont été touchés par l’eau grise ou l’eau rattachée au refoulement des égouts. Donc oui, les coûts sont beaucoup plus importants.
Simon Bourassa
Donc l’eau, ça fait plus de dommages que visiblement tout autre type de catastrophe naturelle. Qui dit plus d’inondations dit aussi, j’imagine, plus de réclamations d’assurance.
Suzanne Michaud
Alors ben, écoute Simon, je te dirais que, pour l’avoir vécu de très près, que les assureurs ont effectivement été submergés d’appels au mois d’août 2024. En fait, les gens appelaient oui pour déclarer leur sinistre, pour dire j’ai eu un problème d’eau chez nous, mais aussi pour avoir des réponses à leurs questions. Qu’est-ce que je peux faire en attendant? Est-ce que ma couverture est suffisante pour me remettre dans le même état une fois que je vais avoir fini les travaux? Est-ce qu’il y a des choses que je peux commencer à faire en attendant par exemple que l’équipe de nettoyage après sinistre passe? Donc, les assurés ont été très très proactifs avec les événements de l’été 2024.
Simon Bourassa
On comprend la détresse des gens, là, qui est question de leur maison, et on comprend aussi leurs interrogations. On va d’ailleurs répondre à plusieurs de ces questions dans les prochaines minutes. Commençons par la base. Est-ce qu’il y a moyen de prévenir les dommages importants sur une résidence en cas d’inondation?
Suzanne Michaud
Oui, effectivement, il y a des gestes que les assurés peuvent déjà poser parce qu’on sait qu’il y aura probablement des répétitions dans le futur de dommages causés par l’eau. Donc si on commence par les plus simples, écoutez, on peut commencer entre autres à se dire: bon, est-ce que par exemple la pente de mon sol qui est autour de la maison est négative? C’est-à-dire que si l’eau tombe et elle s’en va vers la fondation, il y a plus de chances d’avoir des infiltrations d’eau que s’il y a une pente négative, par exemple, qui dirige l’eau vers votre potager. Est-ce que vos gouttières, la même chose, sont nettoyées et dirigent l’eau, encore là, soit dans le sol ou plus loin pour l’éloigner des fondations de la maison. C’est vraiment la base et c’est quelque chose de très, très simple à mettre en place.
Simon Bourassa
Il peut y avoir des signes très visuels aussi d’une infiltration d’eau, dans le sous-sol par exemple.
Suzanne Michaud
Oui, on peut aussi faire inspecter notre fondation. Alors souvent on va regarder est-ce qu’il y a des fissures qui vont favoriser l’infiltration d’eau, si par exemple il y avait des pluies diluviennes ou encore… Donc juste prendre le temps de le faire régulièrement, peut-être aux 6 mois, pour s’assurer que, bon par exemple après l’hiver, est-ce que l’hiver a été dur sur la fondation et a créé des nouvelles fissures qui étaient pas là avant? Et c’est relativement simple de remplir des fissures dans une fondation sans que ça soit trop coûteux.
Simon Bourassa
Suzanne, on entend aussi souvent parler du clapet antiretour, un élément important à considérer.
Suzanne Michaud
Oui, effectivement, là, un clapet antiretour, ça permet d’empêcher le retour des eaux usées, donc des égouts à l’intérieur de la maison, s’il y a une situation qui fait que ces égouts-là ne suffisent plus à la tâche. Alors la première chose à vérifier c’est, est-ce qu’on en a un dans notre maison? S’il y en a un, ben, est-ce qu’il est en état de marche? Et s’il n’y en a pas, ben, c’est peut-être considérer en faire installer un parce que ça pourrait vous éviter des dommages encore plus importants que si, par exemple, il y a juste de l’eau grise qui rentre dans la maison. Parce que le refoulement des égouts, c’est un autre niveau de réclamation.
Simon Bourassa
Voilà, on en reparlera un peu plus tard. Si on est en zone à risque, il y a des choses qu’on peut faire aussi. S’acheter des sacs de sable, par exemple, se préparer en vue d’une inondation.
Suzanne Michaud
Alors oui, Simon, si on est installé dans une zone qui est considérée à risque d’inondation, c’est une bonne idée d’aller chercher des équipements supplémentaires. Par exemple d’avoir toujours des sacs de sable qui vont bloquer les ouvertures, qui sont susceptibles d’avoir en fait des infiltrations d’eau. Des pellicules de plastique aussi qui peuvent nous aider à boucher les ouvertures. Donc on connaît notre maison, on sait ce qui doit, ce qu’on doit faire pour la protéger, donc d’avoir l’équipement nécessaire pour faire face à des pluies diluviennes futures.
Simon Bourassa
Si l’inondation est inévitable, on la voit venir, qu’est-ce qu’on peut faire pour limiter les dégâts le plus possible?
Suzanne Michaud
Ben, je vous dirais que la première chose, ça a l’air drôle de dire ça, mais la première chose que les gens devraient faire, c’est: pouvez-vous rester à la maison s’ils annoncent de la pluie diluvienne? Parce qu’on a vu aux dernières inondations, que les gens disaient «ben y avait annoncé de la pluie, je suis allé manger au restaurant, puis je suis allé au cinéma après». Non, je vous invite à rester à la maison parce que vous êtes la ou les personnes qui vont pouvoir protéger votre maison en faisant, en posant des gestes. Donc vous devez être sur place.
Alors je vais te faire rire en plus. Parce qu’en fait les gens souvent ont des plans d’urgence. Par exemple, en cas de feu, on fait pratiquer les enfants, sortir de la maison. Mais je connais pas beaucoup de monde qui ont des plans d’urgence en cas d’inondation. Puis c’est plus rare. Alors moi, ce que je vous suggère, j’ai, j’ai fait quelque chose à la maison, je fais rire les gens avec ça, mais je me suis mise en situation. Qu’est-ce qui se passe si j’ai des innovations chez nous, de l’infiltration d’eau? Et il y a probablement des éléments plus précieux que vous voulez protéger ou conserver. Vous avez des choses au sous-sol. Ben commencez à les isoler, à les mettre ensemble en disant: ben ça, s’il se passe quelque chose, c’est les premières choses que je vais monter, par exemple à l’étage. Et peut-être aussi de déjà déterminer dans quel ordre vous allez monter des choses à l’étage.
Parce que, on va se dire les vraies choses, s’il y a des vêtements qui sont mouillés, par exemple par une infiltration d’eau de pluie, on les lave pis il y en a pas de problème, on va pouvoir les remettre. La même chose, les bijoux en or, en argent, c’est triste qu’ils aient été mouillés, mais vous allez pouvoir les nettoyer. Par contre, vous avez des albums photos, vous avez des livres auxquels vous tenez ça, l’eau, ça ne pardonne pas. Donc c’est peut-être juste prendre le temps de réfléchir, de se faire une liste de choses importantes, puis de les localiser ensemble pour être capable de les monter à l’étage ou de les sortir, par exemple, aller les mettre dans votre auto.
Simon Bourassa
Il y a aussi ce qui touche la sécurité, évidemment, appareil de ventilation, chauffage, on essaie de fermer ça, l’alimentation électrique aussi. D’où l’importance, là, tu le disais, d’être à la maison quand ça arrive.
Suzanne Michaud
Exactement, parce que souvent les gens réalisent pas, mais l’eau et l’électricité ça fait pas un super ménage. Et naturellement, bien il y a l’autre élément, c’est-à-dire que si vous voyez que vraiment l’eau commence à couvrir le sol, c’est d’aller fermer l’interrupteur principal de votre panneau électrique, en le faisant de façon tout à fait sécuritaire. Donc en ayant pas les pieds dans l’eau vous-même. Et souvent les gens disent: bon on commence à faire ça à quel moment? Ben écoutez, on veut pas que l’eau atteignent entre autres les prises électriques, donc du moment que vous avez un peu d’eau sur le sol, c’est peut-être un bon moment de commencer à penser d’aller fermer l’interrupteur principal.
Simon Bourassa
Évidemment, on le souhaite pas, mais une fois qu’on a été inondé, c’est quoi la première chose qu’on faire?
Suzanne Michaud
Ben écoute, Simon, tu seras pas surpris de ma réponse. En fait, moi, j’invite les assurés à contacter votre assureur parce que, effectivement, il faut ouvrir un dossier de réclamation pour débuter le processus. Mais aussi ça permet d’avoir un échange avec l’expert en sinistres qui va vous donner les premières consignes à faire, qui va s’assurer que toute votre famille est en sécurité et qui va pouvoir répondre aux questions que vous pourriez avoir. Alors oui, on contacte notre assureur.
Et je vous rappelle que, bon, les gens ont souvent accès même à des déclarations de sinistre qui sont disponibles sur le Web. Donc si par exemple la ligne téléphonique est occupée parce que tout le monde reçoit la même quantité d’eau en même temps, ben de regarder sur le Web pour voir s’il y aurait pas un élément, un formulaire dans lesquels vous pourriez donner les infos. Et vous pouvez même souvent joindre des photos. Donc ça va accélérer le processus de règlement de sinistre parce que vous allez démontrer: regardez, là, voici dans quel état la maison se trouve.
Simon Bourassa
En attendant les équipes d’après sinistre, en attendant le début du règlement, là, avec l’assureur, est-ce qu’il y a des choses qu’on peut faire soi-même? Est-ce qu’on peut commencer à assécher par exemple?
Suzanne Michaud
Oui, vous pouvez commencer à assécher, en autant que vous êtes dans un état sécuritaire et que vous portez des vêtements adaptés. Par exemple, les bottes, c’est toujours en caoutchouc, c’est toujours recommandé. Et dans certains cas, si vous êtes sensible finalement à l’humidité, aux spores, de porter un masque aussi.
Donc, vous pouvez commencer à faire les travaux d’assèchement, et aussi de libérer en fait tout ce qui a été touché par l’eau. Par exemple, vous avez des matelas, des meubles en tissu, vous les sortez à l’extérieur. Parce que dites-vous que quand l’équipe de nettoyage après sinistre va arriver, ça va être beaucoup plus facile pour eux si déjà tout ce qui a été endommagé par l’eau est sorti, par exemple à l’extérieur de la maison, et ils vont pouvoir commencer les travaux.
Vous-même, de votre côté, si vous avez un aspirateur de type Shop-Vac, ou vous êtes capable de ramasser l’eau qui peut être là, y a aucun problème. Si vous avez le goût, le talent, par exemple, d’arracher un plancher de bois franc qui a été tout à fait submergé pendant des heures dans l’eau ou même de découper le bas du mur de gypse qui a été, encore là, endommagé par l’eau, libre à vous de le faire. Votre assureur va apprécier. Ce qui est super important, c’est de garder les heures de travail que vous aurez mis pour faire ces travaux-là, parce que plusieurs assureurs vont le considérer dans le règlement de sinistre.
Un des éléments, Simon, qui va être super important à faire avant de commencer les travaux d’assèchement et de nettoyage, c’est de documenter l’état des lieux après sinistre.
Simon Bourassa
On prend des photos?
Suzanne Michaud
On prend des photos, on prend du vidéo, on commente notre vidéo, on explique qu’est-ce qui s’est passé. Pour que l’assureur ait tous les éléments dans votre dossier et qu’il soit capable d’envoyer les gens les plus compétents pour s’occuper du type de nettoyage que vous avez besoin, après le genre de sinistre que vous avez eu.
Simon Bourassa
Donc on arrive à l’étape de la réclamation. Est-ce que les dégâts d’eau causés par les inondations ou les pluies diluviennes, c’est couvert par les assurances?
Suzanne Michaud
En fait, Simon, en général, les contrats d’assurance habitation de base ne couvrent pas les dommages qui sont causés par l’eau, mais par l’eau qui provient de l’extérieur. Donc par exemple l’eau qui peut venir d’un refoulement d’égouts, l’eau qui peut venir de pluies diluviennes, ce n’est pas couvert par le contrat d’assurance habitation de base. Par contre, les assureurs ont prévu la possibilité d’ajouter, d’acheter des avenants qui protègent contre, entre autres, l’infiltration d’eau par la pluie ou encore les refoulements des égouts, qu’on peut ajouter à notre contrat d’assurance habitation de base.
Simon Bourassa
Généralement, une inondation par un cours d’eau, par exemple, ça c’est jamais couvert?
Suzanne Michaud
En fait, y a quelques années, je t’aurais répondu oui, mais maintenant, certains assureurs offrent des protections pour des inondations causées par un cours d’eau. Et, par contre, faut considérer que si votre maison ou votre chalet est sur le bord de l’eau, presque vous avez des pieds dans l’eau quand vous êtes sur le balcon, y a peu de chances que cet avenant-là soit disponible pour votre secteur. Parce que souvent les probabilités pour un assureur qu’il y ait une inondation, par exemple par la rivière, par le lac sans trop élevées. Donc y a aucun assureur qui va vous offrir cette protection-là.
Simon Bourassa
Et à ce sujet, il y a le gouvernement qui va revoir la cartographie des zones inondables partout au Québec. Et ça, ça inquiète quelques personnes.
Suzanne Michaud
Effectivement, ça inquiète quelques personnes parce que, en fait, il y a des gens qui ne sont pas actuellement au moment où on se parle dans une zone considérée comme zone à risque d’inondation et qui vont se retrouver dans une zone inondable. Ce qui pourrait avoir un impact entre autres sur les protections d’assurance qui vont leur être offertes, sur par exemple aussi le genre, les prêts hypothécaires que des institutions bancaires pourraient ou ne pourraient pas leur offrir. Donc oui, et même à la limite la valeur des maisons sur le marché. Donc oui, y a des gens qui sont inquiets et on peut comprendre pourquoi.
Simon Bourassa
Il y a des citoyens même qui se disent: est-ce que c’est possible que je ne sois plus assurable si jamais je me retrouve en zone inondable?
Suzanne Michaud
En fait, faut faire attention dans la notion de «je suis plus assurable». Vous êtes encore assurable, probablement pour le feu, probablement pour le vent. Mais effectivement, il y a des protections qui touchent par exemple les dommages par l’eau qui pourraient ne plus être accessibles à vous. Parce que c’est plus une probabilité à ce moment-là, quand quelque chose risque d’arriver à tous les 5 ans, c’est plus une probabilité, c’est une certitude. Puis en assurance, on dit toujours qu’on protège contre les probabilités d’accidents et non pas les certitudes.
Simon Bourassa
Suzanne, la nouvelle cartographie, c’est parce que ça doit être plus représentatif de cette réalité-là, du fait qu’il y a de plus en plus d’inondations et que ça ira pas en s’améliorant.
Suzanne Michaud
Effectivement, la cartographie du Québec, finalement, des zones inondables avait pas été revue depuis plusieurs années. Et le gouvernement, dans sa grande sagesse, a réalisé que effectivement, des événements qui se passaient peut-être aux 100 ans, mais maintenant se produisent finalement aux 20 ans. Et la cartographie précise justement ce genre d’information là. Vous restez dans une zone où il y a un risque d’inondation, par exemple aux 5 ans, aux 20 ans. Et c’est pour, pour les assureurs, ça sera pas nécessairement du nouveau. Parce que ils réglaient déjà des sinistres, étaient capables de voir finalement la fréquence qui augmentait. Le gouvernement probablement s’en doutait aussi. Mais je pense que c’était nécessaire que de mettre à jour cette information-là pour qu’elle soit publique. Parce que c’est chouette que les assureurs aient de l’information, c’est chouette que le gouvernement en ait, mais les premiers à être informés, ce sont les consommateurs, les assurés, les propriétaires de maison. Et là, cette nouvelle cartographie-là va répondre à leur interrogation.
Simon Bourassa
Qu’on ait été inondé ou pas, touché ou pas dans les dernières années par inondations ou pluies diluviennes, ben ça a un impact si on est un assuré habitation, ne serait-ce que sur notre prime.
Suzanne Michaud
Oui, effectivement, parce que je dis toujours que l’assurance habitation, l’assurance auto, c’est une façon de mutualiser tous les risques, un peu comme un programme d’assurance collective dans une entreprise. Alors oui, s’il y a des réclamations qui touchent certains secteurs de la province de Québec, ben globalement, tout le monde va voir ses primes d’assurance habitation augmenter.
Et c’est vrai parce que l’assureur dit: ben écoute, je réalise que j’ai une plus grande exposition aux risques, j’ai payé beaucoup de réclamations. Mais l’assureur lui-même est assuré par un réassureur, qui est une entreprise qui fait affaire à travers le monde. Donc par exemple, quand il y a des feux de forêt en Californie ou en Colombie-Britannique, on peut être plus près de chez nous, c’est clair que ç’a aussi des répercussions sur la prime d’assurance que les réassureurs vont charger aux assureurs. Et les assureurs se retournent, ils se disent: ben moi ça me coûte plus cher de réassurance, donc je dois augmenter mes primes.
Donc ne soyez pas surpris si dans les prochaines années vous dites: mon Dieu, mes primes d’assurance habitation ont augmenté. C’est rattaché à ce phénomène-là où est-ce qu’en fait les réclamations dans certains secteurs, pour certains types de sinistres, finalement ont un impact sur tous les assurés.
Simon Bourassa
On reçoit notre nouvellement, on voit que ça a augmenté, est-ce qu’il y a encore moyen de magasiner?
Suzanne Michaud
Bah, en fait la consigne de magasiner à chaque année ou à chaque 2 ans ou 3 ans, elle demeure. Parce que un ça vous oblige à vous reposer des questions sur le genre de protections que vous avez besoin.
Et il y a peut-être des choses, vous aviez une piscine ou un spa il y a 3 ans, vous l’avez enlevé parce que les enfants ont quitté la maison, puis vous avez pas nécessairement pensé à rappeler votre assureur pour lui dire que vous avez enlevé votre piscine. Ben en magasinant vous allez vous faire reposer des questions. Et là ça va peut-être allumer une ampoule en disant oups, ou non j’ai plus de piscine, donc vous avez plus besoin d’avoir les protections pour la piscine.
Puis en même temps, ça permet aussi de voir est-ce que par exemple il y a un assureur qui aurait des protections que j’ai pas actuellement, que j’aurais besoin, qui sont à un prix plus intéressant? Donc oui, la consigne de continuer à magasiner, principalement quand les primes augmentent, elle demeure.
Simon Bourassa
Pour voir aussi si on change d’assureur, si notre nouvel assureur nous assure de la même façon que notre ancien. Il y a peut-être des clauses grand-père, ces choses-là.
Suzanne Michaud
Oui. Oui, parce que ça se peut que vous ayez une protection que votre assureur actuel vous offrait depuis 10 ans, puis continue de vous offrir parce que vous êtes un assuré fidèle, un assuré de longue date. Quand vous allez téléphoner pour vous assurer avec un nouvel assureur, en tout cas potentiellement vous assurer avec un nouvel assureur, peut-être que ce nouvel assureur-là voudra pas ou pourra pas vous offrir les protections que vous aviez avant. Donc c’est super important de pas juste magasiner le prix, mais de valider avec, par exemple votre contrat actuel, est-ce qu’au moins vous avez le même niveau de protection que votre assureur actuel vous offre. Parce que vous voulez pas magasiner juste un prix. Vous voulez avoir les protections que vous avez besoin pour bien protéger votre maison.
Simon Bourassa
Faut aussi être certain que le montant de protection est suffisant pour couvrir les dommages, parce que ça aussi, ça a évolué.
Suzanne Michaud
Oui, effectivement. Dans le passé, les assureurs étaient un peu plus généreux pour ce qui touche les protections rattachées aux dommages par l’eau. On pouvait voir des montants peut-être de 40, 50, 60, 70 000. En fait, c’était souvent un pourcentage de la valeur des biens de la maison ou valeur de la maison. Mais avec les changements climatiques qu’on a connus, il y a beaucoup d’assureurs qui ont commencé à se poser des questions. À savoir, ben je devrais probablement mettre un maximum de couverture finalement pour les dommages par l’eau. Donc, oui, on a vu, surtout avec les réclamations associées au mois d’août 2024, on a vu des gens qui étaient protégés pour aussi peu que 10 000$...
Simon Bourassa
Pour un sous-sol par exemple?
Suzanne Michaud
… pour un sous-sol au complet qui est terminé. C’est sûr que 10 000$, si c’est un sous-sol qui est sur le plancher de béton, c’est tout à fait correct. Vous allez passer la vadrouille, vous allez nettoyer un peu, ça va faire le travail. Mais si au sous-sol vous avez 3 chambres à coucher, un salon avec une télévision de 44 pouces, c’est clair que c’est pas suffisant. Donc c’est important de regarder oui la prime qu’on vous charge, mais aussi de regarder le niveau de protection qui est associé au dommage par l’eau.
Simon Bourassa
Donc le coût des matériaux de construction a augmenté, donc on veut être couvert pour des montants qui sont plus élevés, étant donné cette augmentation-là. Puis parlant de rénovations, là. Une fois qu’on a été inondé, une fois que les équipes après sinistre sont passées, une fois que la réclamation a été faite, il y a sûrement des choix aussi plus judicieux, plus intelligents à faire lorsqu’on reconstruit après inondation.
Suzanne Michaud
Ben, effectivement, si vous réalisez que, après cette inondation-là, vous êtes plus à risque d’avoir des inondations dans le futur, c’est clair que si vous aviez un plancher de bois franc avec des murs en gypse, puis là vous dites OK, peut-être que dans 2, 3, 4, 5 ans je vais avoir un autre épisode de genre-là, ben peut-être que les matériaux que vous devriez installer au sous-sol devraient changer.
Comme je dis, un plancher de béton poli avec une belle couche d’époxy, ça résiste. Ou un plancher de céramique, ça résiste pas mal mieux aux dégâts d’eau qu’un plancher en bois franc ou un plancher en bois «industrial», là, flottant effectivement. Et la même chose, peut-être que les murs en brique vont devenir un peu à la mode dans les sous-sols, parce que ça absorbe pas mal moins d’eau qu’un mur en gypse. Puis encore là, des murs en béton poli, ça peut faire un beau travail dans une salle de jeux pour enfants.
Donc, dans le fond, moi ce que je dis, c’est j’invite les gens à réfléchir. OK, j’ai des sous de mon assureur pour reconstruire, mais je veux pas nécessairement reconstruire de la même façon. Et de magasiner le genre de matériaux qui sont un peu plus résistants à l’eau que ceux que vous aviez peut-être précédemment.
Simon Bourassa
En conclusion, les fortes précipitations, les changements météorologiques provoquent déjà et vont continuer de provoquer des dégâts importants sur nos biens assurés. Mais heureusement, ben on peut se protéger, limiter les dégâts. Puis merci beaucoup, Suzanne, d’ailleurs pour tes bons conseils là-dessus.
Suzanne Michaud
Merci Simon. C’est toujours un plaisir d’échanger avec toi.
Simon Bourassa
Suzanne Michaud est vice-présidente, assurances chez CAA-Québec. Je m’appelle Simon Bourassa. C’était Sans détour, le balado de CAA-Québec. Merci beaucoup d’avoir été là. On se retrouve bientôt pour un autre épisode.
(Thème musical)