Distraction sur la route


Depuis 2010, la distraction figure sur la liste des causes d’accidents de la route les plus fréquentes au Québec, tout comme l’alcool au volant et la vitesse. Et, en 2017, pour la première fois, elle est devenue la première cause de décès au Québec selon le bilan annuel de la SAAQ.
La distraction désigne un détournement de l’attention accordée à la conduite parce que le conducteur s’intéresse temporairement à une personne, une tâche ou un objet qui n’est pas lié à la conduite. Les conséquences? Diminuer sa vigilance, sa capacité de décision ou son efficacité et augmenter les risques de gestes correctifs, de collisions ou de quasi-collisions.
La distraction peut être visuelle, manuelle, cognitive ou auditive. Une tâche accomplie pendant la conduite d’un véhicule implique plusieurs types de distraction. Ainsi, les gens qui textent au volant sont non seulement distraits parce que leurs mains sont ailleurs que sur le volant, mais également parce que leurs yeux sont ailleurs que sur la route et que leur esprit est ailleurs que sur la conduite automobile.
Les sources de distraction au volant sont nombreuses: fumer une cigarette, boire, manger, se maquiller, utiliser un GPS ou un ordinateur de bord, manipuler un téléphone intelligent, etc.

Un conducteur qui texte au volant est 23 fois plus susceptible d’être impliqué dans une collision qu’un conducteur attentif, selon l’institut américain Virginia Tech.
L’usage du cellulaire au volant est la principale distraction selon la Société de l’assurance automobile du Québec.
Les résultats d’un sondage mené par la SAAQ à l’automne 2016 sont éloquents. Malgré le fait que la totalité des répondants était unanime (100%) pour dire que l'utilisation du téléphone cellulaire au volant pour texter est un geste assez ou très dangereux, près de 30% ont affirmé texter assez ou très souvent au volant et 41% de ceux-ci ne pouvaient s'empêcher de répondre à un message texte.
En 2020, la CAA a mis au point une campagne de sensibilisation sur le fléau qu'est la distraction au volant.
Les statistiques sur la distraction au volant et les conséquences qu’elle entraîne sont étonnantes.
Depuis le 30 juin 2018, il est formellement interdit d’utiliser un appareil portatif qui a un écran (téléphone, lecteur MP3, GPS,) qui sert de divertissement ou à transmettre de l’information sauf quelques exceptions:
Si on utilise les commandes vocales ou un dispositif mains libres;
Si l’appareil est fixé à l’auto à l’aide d’un support, mais uniquement pour contrôler les équipements du véhicule ou pour des fonctions utiles à la conduite (comme un itinéraire routier).
S’il n’obstrue pas la vue du conducteur et s’il ne nuit pas à ses manœuvres.
Si l’appareil est positionné et conçu de manière à ce que le conducteur puisse le faire fonctionner ou le consulter facilement.
Les conducteurs contrevenants s’exposent à une amende variant entre 300$ et 600$ plus les frais, ainsi qu’à l’inscription de 5 points d’inaptitude à leur dossier.
En cas de récidive sur une période de deux ans, l’amende minimale est doublée et une suspension immédiate du permis de conduire allant de 3 à 30 jours est ajoutée.
Même si certaines situations sont permises par la loi, elles ne sont pas nécessairement sécuritaires.
Restez toujours vigilant et dans le doute, ne prenez pas de risque.
Voir nos exemples de ce qui est permis ou interdit au volant

L’application « Mode conduite » de la SAAQ bloque les communications entrantes et envoie des messages automatisés pour aviser l’interlocuteur que l’utilisateur est au volant.
Sur iPhone, on peut faire la même chose en activant la fonction « Ne pas déranger pendant la conduite ».
Non! Quitter la route des yeux 2 secondes double le risque d’accident*
La programmation du GPS*
Faux! Il n’existe pas de normes obligatoires sur les systèmes d’infodivertissement*.
Faux. On ne distrait pas les yeux, mais on distrait le cerveau pour une période souvent plus longue qu’au moyen des boutons*.
Il suffit de s’en servir mieux* (voir comment plus bas).
* Sources: American Automobile Association (AAA), AAA Foundation for Traffic Safety, National Highway Traffic Safety Administration

L’Association américaine des automobilistes (AAA) a fait tester les systèmes d’infodivertissement de 30 voitures populaires et ils échouent tous au test.
Les logiciels Apple CarPlay et Android Auto (Google) permettent à votre cellulaire de prendre le contrôle de l’ordinateur de bord de votre véhicule et remplacent les logiciels de base des constructeurs.
Ils s’avèrent plus faciles à utiliser, demandent moins d’attention et sont par conséquent plus sécuritaires que les systèmes des constructeurs automobiles:
Temps pour accomplir différentes tâches réduit de 5 à 15 secondes
Demande cognitive plus faible, mais tout de même «modérée»
Distrayants, mais moins que les systèmes de base des constructeurs
Les technologies dans les voitures, les consommateurs en redemandent. On ne peut plus s’en passer!
Alors qu’est-ce qu’on fait? Il s’agit simplement de les utiliser mieux. Et pour ça, voici la méthode CAP:
Comprendre le fonctionnement du système pour pouvoir s’en servir intuitivement.
Associer son appareil mobile afin d’utiliser les systèmes CarPlay d’Apple, Android Auto ou simplement pour écouter de la musique.
Programmer le système avant le départ : préparer une liste de lecture pour le trajet, entrer la destination dans le GPS, etc.
La conception, le design et l’ergonomie des ordinateurs de bord peuvent faire une différence! L’AAA sensibilise les constructeurs à ce sujet. Il existe aussi des lignes directrices émises par la National Highway Traffic Safety Administration, mais elles ne sont pas toujours suivies.
Elles prévoient que les fonctions de textos et la programmation du GPS devraient être désactivés quand le véhicule est en marche. De son côté, CAA-Québec et sa fondation demandent que la taille des écrans et l’utilisation des ordinateurs de bord soient réglementés.