Comme si la situation n’était pas assez complexe…

Quand un bien qu’on est obligé d’acheter subit autant de sursauts que ceux qui frappent régulièrement l’essence, il est normal que la moutarde nous monte rapidement au nez. Pourtant, il est important de comprendre que ce sont plus que quelques facteurs isolés qui rendent si instable le prix de l’essence. Les facteurs présentés ci-dessous exercent ensemble leurs effets.

Par ailleurs, les analystes du marché invoquent aussi la spéculation pour justifier les fluctuations du prix de détail du litre d’essence. Puisque le baril de pétrole et l’essence raffinée se négocient à la bourse et que c’est un marché nerveux, la spéculation joue un rôle considérable dans l’établissement du prix de l’essence à la pompe dès qu’une inquiétude se manifeste. Ainsi, la combinaison de quelques-uns de ces facteurs suffit à entraîner la volatilité des prix du pétrole et de l’essence raffinée.

Voilà pourquoi aussi vous avez pu établir un lien entre les manchettes entendues à la radio et la désagréable surprise que vous avez eue le lendemain, en passant devant votre station-service habituelle, en remarquant comment a réagi la pompe…

Changements saisonniers

En Amérique du Nord, dans le secteur pétrolier, il y a deux saisons au lieu de quatre : la saison estivale et la saison hivernale. Les additifs ajoutés aux carburants diffèrent en fonction de chacune. Habituellement, les raffineurs profitent du changement de saison pour effectuer l’entretien de leur raffinerie, ce qui occasionne un ralentissement des activités de production et, par conséquent, une hausse des prix.

Conditions climatiques

Un ouragan dans le golfe du Mexique qui détruit des installations pétrolières a des conséquences immédiates. Moins de pétrole sera alors extrait si des installations de forage sont détruites. Si par surcroît des raffineries ou des installations de transport sont atteintes, il y aura moins d’essence raffinée disponible. C’est ce qui s’est produit à la fin de l’été 2005 après le passage de l’ouragan Katrina.

Demande accrue

Plus un produit qui se raréfie est en demande, plus son prix monte. C’est le cas du pétrole partout dans le monde, plus particulièrement en Asie (en Chine et en Inde) où a lieu présentement une très forte croissance économique.

État de la réserve globale et production

Les pronostics, ou même les simples rumeurs sur l’état des réserves de pétrole ou sur celles de l’essence raffinée, font craindre de temps en temps une éventuelle pénurie de produits. Comme le pétrole et l’essence raffinée sont des produits cotés à la bourse, la moindre inquiétude donne lieu à de la spéculation et à une hausse des prix sur les marchés boursiers. Juste le fait de craindre de manquer de pétrole en fait augmenter le prix.

Mais pourquoi s’agite-t-on tellement au sujet des réserves? Tout simplement parce que la production fonctionne à son maximum et que les réserves de pétrole telles qu’on les exploite à l’heure actuelle seront de moins en moins importantes. Des nouvelles sources de pétrole existent cependant, mais elles coûteront infiniment plus cher à exploiter. À elle seule, la perspective de devoir répondre à la demande plus difficilement influe à la hausse sur les prix.

Capacité de raffinage limitée

Au cours des trois dernières décennies, de nombreuses raffineries en Amérique du Nord ont fermé leurs portes en raison des coûts élevés d’exploitation. La capacité de raffinage n’a donc pas suivi le même rythme de croissance que la production de pétrole, ce qui a entraîné une hausse des prix de l’essence raffinée.

Dévaluation du dollar américain

Le pétrole brut et l’essence raffinée se négocient en dollars américains. Lorsque la valeur de cette devise baisse, les producteurs ajustent leurs prix à la hausse afin de ne pas assumer les pertes qu’ils subiraient autrement.

Tensions géopolitiques

Un conflit au Moyen-Orient, principale région pétrolière mondiale, ou toute tension géopolitique ayant des conséquences possibles sur la production de pétrole, et ce, à la grandeur de la planète, peut avoir un impact direct sur le prix de l’essence dès qu’on croit qu’il présente un risque pour les approvisionnements.