Fin des autos à essence neuves en 2035: le Canada emboîte le pas au Québec
Annoncée en novembre 2020 par le gouvernement du Québec, l’interdiction de la vente de véhicules neufs à essence en 2035 s’étendra finalement à l’échelle du pays. Nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la mesure ne sera peut-être pas aussi drastique pour les consommateurs qu’elle en a l’air.
Le Canada avait d’abord prévu d’interdire les voitures à essence neuves en 2040. La récente annonce permettra à toutes les provinces d’adopter l’échéancier déjà établi par le Québec ainsi que la Californie et plusieurs autres États américains. Elle modifiera certes les habitudes de plusieurs automobilistes, mais certaines dispositions et intentions d’Ottawa permettront tout de même une transition graduelle vers le tout électrique.
Les hybrides rechargeables encore permis
Comme le Québec avant lui, le gouvernement fédéral a clairement énoncé son intention de classifier les modèles hybrides branchables parmi les véhicules zéro émission qui seront accessibles chez les concessionnaires. Cela devrait rassurer les consommateurs qui ne seront pas prêts à adopter une voiture 100% électrique dans 14 ans. Pensons notamment aux personnes qui tirent de lourds VR sur de longues distances, ou encore aux locataires et propriétaires urbains qui ne pourraient pas nécessairement installer une borne de recharge domestique. Actuellement, une voiture hybride rechargeable permet généralement de parcourir de 20 à 80 km en mode électrique avant que son moteur à essence prenne le relais.
Un marché d’occasion bien vivant
La fin de la vente de véhicules strictement à combustion ne touchera que les modèles neufs. Il sera donc toujours possible d’acquérir une voiture à essence d’occasion, tant d’un particulier que d’un marchand. Rappelons qu’une auto peut facilement parcourir 300 000 km si elle est bien entretenue, ce qui lui confère une durée de vie de 15 à 20 ans. Les modèles à essence requièrent cependant jusqu’à deux fois plus d’entretien que les tout électriques, et leur consommation énergétique coûte souvent trois ou quatre fois plus cher.
Des conditions gagnantes pour multiplier les véhicules électriques
La majorité des constructeurs automobiles accélèrent déjà la conception et le dévoilement de véhicules électriques (VÉ). Bon nombre d’entre eux ont même annoncé leur retrait du marché des modèles à combustion d’ici 10 à 20 ans, comme Audi, General Motors, Honda et Volkswagen. Une offre diversifiée de VÉ sera donc au rendez-vous en 2035, avec une autonomie, des capacités et un rendement encore supérieurs à ceux des meilleurs modèles d’aujourd’hui. Par ailleurs, le Canada souhaite s’associer à des sociétés privées pour l’assemblage de véhicules zéro émission au pays. Ottawa entend aussi maintenir les rabais à l’achat de VÉ tant que leur prix continuera de dépasser celui des modèles à essence équivalents – ce qui devrait être le cas pour encore 5 à 10 ans. La combinaison du rabais canadien avec celui du Québec atteint 13 000$ pour un modèle 100% électrique. Même si ce montant s’applique après le calcul des taxes, il vient sérieusement atténuer l’écart de prix entre un VÉ et une voiture à essence équivalente.
D’ailleurs, nul besoin d’attendre 15 ans pour magasiner un VÉ: le site Roulonselectrique.ca, que chapeaute Équiterre, présente déjà un catalogue de véhicules qui rassemble tous les modèles électriques et hybrides rechargeables offerts au Québec. Complet et pratique, l’outil permet de les trier par type de motorisation et par ordre croissant de prix, rabais compris. Pour en savoir plus sur les coûts d’utilisation à long terme, consultez également le calculateur de la CAA.
Le défi des bornes domestiques en ville
CAA-Québec recommande toujours aux acquéreurs de VÉ d’installer une borne de 240 volts à la maison. Il s’agit de la méthode de recharge la plus souple et la plus économique, en dépit du coût initial de la borne – que le gouvernement du Québec subventionne d’ailleurs à hauteur de 600$. Pour les détenteurs d’un stationnement privé, une telle installation ne pose habituellement aucun problème. Mais pour les locataires et les propriétaires d’un condo, c’est parfois plus compliqué, voire impossible d’employer la recharge domestique. Le gouvernement fédéral promet de financer à son tour l’installation de bornes à la maison: voilà un pas dans la bonne direction. Il faut cependant souhaiter que ces investissements englobent des solutions pour les résidents d’immeubles multilogements, sans quoi l’adoption du VÉ à grande échelle pourrait frapper un mur dans les milieux densément peuplés.
Une recharge publique plus accessible et rapide
Déjà bien fournis au Québec, les réseaux de bornes publiques continueront de se bonifier d’ici 2035. Cela vaut d’abord pour le nombre de bornes rapides, qui se multipliera par cinq pour atteindre 2500 unités à l’horizon 2030, uniquement dans le giron du Circuit électrique. Ce dernier déploie déjà des bornes de 100 kW qui vont jusqu’à doubler la vitesse de recharge de certains véhicules. Il prévoit aussi ajouter 4500 bornes sur les rues des centres-villes, justement pour faciliter la tâche des utilisateurs qui ne peuvent pas installer de borne domestique.
D’autres réseaux prendront aussi une importance grandissante, comme celui d’Electrify Canada. Mise en place par Volkswagen à la suite du scandale qui a touché ses moteurs diesel, cette société vient d’annoncer qu’elle installera plus de 500 bornes dans au moins 100 emplacements au pays d’ici 2025. Certains de ces chargeurs offrent une puissance de 350 kW, qui permet de récupérer 100 km en environ 5 minutes sur les rares modèles équipés pour canaliser cette intensité. En outre, Tesla projette d’ouvrir son réseau mondial de 25 000 bornes à d’autres marques d’ici la fin de l’année.
Des ressources à consulter
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- Essais routiers: plusieurs modèles électriques, hybrides rechargeables et hybrides classiques évalués par notre équipe d’experts.
- Cinq questions à se poser avant d’acheter son premier véhicule électrique: définissez bien vos besoins pour prendre goût aux VE.
- Conduire un véhicule électrique l’hiver: c’est tout à fait possible, malgré ce qu’on entend souvent. Voyez comment.
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