Bilan de l’essence 2025: une baisse du prix à la pompe qui ne raconte pas toute l’histoire

Publié le 10 février 2026

Véritable référence en matière de surveillance des prix de l’essence, CAA-Québec présente son bilan et conclut que l’année 2025 a été marquée par une baisse généralisée des prix affichés à la pompe. Les automobilistes de certaines régions ont toutefois payé encore trop cher, et plusieurs incohérences régionales persistent et soulèvent des questions quant à la logique de fixation des prix et à la marge prélevée au détail.

Le prix moyen de l’essence au Québec a effectivement reculé de 5,8% l’an dernier comparativement à 2024. Cette diminution s’explique en grande partie par la baisse des indicateurs pétroliers, notamment le coût du brut (WTI et Brent) et celui de l’essence raffinée. Les essenceries situées à Québec et à Sherbrooke ont quant à elles été moins gourmandes, avec des marges au détail moyennes en baisse de respectivement 34,5% et de 13,8%. Cette baisse est toutefois seulement de 1,2% pour Montréal.

Malgré leur volume de ventes élevé, certaines grandes régions urbaines affichent des prix parmi les plus élevés au Québec… un phénomène difficile à expliquer. En excluant le Nord-du-Québec (169,4 ¢/L), les prix moyens les plus élevés en 2025 se retrouvent à Montréal (158,3 ¢/L) et à Laval (158,1 ¢/L). C’est pourtant dans ces deux régions ainsi qu’en Montérégie que les volumes de vente par station-service sont les plus importants au Québec.  

Autre incohérence régionale qui demeure préoccupante: la Capitale-Nationale affiche un prix moyen (153,6 ¢/L) supérieur à celui de régions éloignées, comme la Côte-Nord (152,1 ¢/L), et pratiquement égal à celui du Bas-Saint-Laurent (153,9 ¢/L).

«Dans un contexte où la hausse du coût de la vie pèse de plus en plus lourd sur le budget des ménages, les automobilistes sont naturellement plus sensibles au prix de l’essence. CAAQuébec demeure entièrement mobilisée pour surveiller le marché et pour intervenir auprès des décideurs lorsque c’est nécessaire.»

Nicolas RyanDirecteur affaires publiques, CAA-Québec

Observations régionales

La bonne affaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean

En raison d’une guerre de prix qui sévit depuis plus de deux ans, c’est au Saguenay–Lac-Saint-Jean que le prix moyen affiché à la pompe a été le moins élevé dans la province en 2025 (142,9 ¢/L). Aussi, la marge moyenne prélevée au détail s’est établie à 4,3 ¢/L, soit la marge moyenne la plus faible de la province et un montant inférieur à celui fixé au titre de frais d’exploitation par la Régie de l’énergie (5,5 ¢/L) pour les régions éloignées auxquelles appartient le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Une concurrence plus saine, mais des marges encore trop élevées dans la Capitale-Nationale 

Depuis l’avis publié par la Régie de l’énergie en 2023, la concurrence s’est améliorée dans la région de Québec. 2025 a été marquée par une plus grande diversité quotidienne des prix affichés, ce qui a permis aux automobilistes de magasiner leur essence dans un marché plus compétitif. CAAQuébec maintient toutefois une vigie serrée: la marge moyenne au détail y demeure trop similaire à celle des régions éloignées, ce qui soulève encore bien des questions. 

Sherbrooke: une stabilité excessive qui nuit aux consommateurs 

La stabilité des prix prolongée à Sherbrooke demeure un problème important. Entre le 28 avril et le 27 juin 2025, le prix affiché à la pompe est demeuré inchangé pendant 41 jours ouvrables consécutifs, une situation incompatible avec les fluctuations quotidiennes des indicateurs pétroliers. Une telle rigidité masque souvent un coût supplémentaire assumé par les automobilistes. 

Montréal la plus taxée 

En 2025, Montréal a repris son rang de ville où la part des taxes dans le prix moyen d’un litre d’essence ordinaire est la plus élevée au pays, avec 33,4%. Aucune autre grande ville canadienne n’affiche un niveau de taxation aussi important. Cette remontée s’explique principalement par l’abolition, le 1ᵉʳ avril 2025, de la taxe fédérale sur le carbone dans les autres provinces.  

Pas plus cher avant les congés 

Le vieux mythe voulant que le prix affiché à la pompe augmente systématiquement à la veille d’un long congé ou des vacances de la construction reste bien ancré. Ce n’est pourtant pas ce que l’analyse de CAA-Québec révèle: sur 52 semaines, le prix de l’essence ordinaire a augmenté 12 fois le vendredi à Montréal, contre deux fois à Québec et aucune à Sherbrooke. 

  • À Montréal, aucune de ces hausses du vendredi ne s’est accompagnée d’une marge au détail anormalement élevée par rapport aux jours précédents. De plus, aucune hausse du prix affiché n’a été relevée à la veille des vacances de la construction. Durant celles-ci, la marge prélevée au détail est demeurée modérée, oscillant entre 5,9 et 9,1 ¢/L.
  • À Québec, les deux hausses observées les vendredis s’expliquent aisément par les marges particulièrement faibles enregistrées les jours antérieurs, laissant peu de latitude aux détaillants. Là encore, aucun ajustement à la hausse n’a été noté avant le début des vacances. Pendant les deux semaines, la marge au détail a varié entre -3,7 et 4,3 ¢/L, illustrant un contexte de marges particulièrement serrées.
  • À Sherbrooke, le prix affiché est resté parfaitement stable à 153,9 ¢/L, avant comme pendant les vacances. La marge au détail, pour sa part, a fluctué entre 2,9 et 9,7 ¢/L. 

Chiffres à l’appui

Prix moyen d’un litre d’essence (¢/L) 

Villes

2025 

2024 

Variation

Montréal

158,4

167,0

-5,0%

Québec

151,8

163,7

-7,3%

Sherbrooke

154,7

164,5

-6,0%

Prix les plus élevés à la pompe 

Villes

Prix

Dates

Montréal

169,9

4 sept.

Québec

164,9

10 au 17 sept.

Sherbrooke

162,9

21 au 23 janv.

Prix les moins élevés à la pompe

Villes

Prix

Dates

Montréal

136,9

29 et 30 déc.

Québec

137,9

2 juill.

Sherbrooke

143,9

29 (PM) et 30 déc.

À propos de CAA-Québec

CAA-Québec offre une étendue de services d’assistance dans des secteurs variés en misant sur une approche humaine. Engagée socialement, l’organisation agit au quotidien pour défendre les intérêts de ses membres. Et en respect de ses valeurs de fiabilité et de bienveillance, elle incite à une consommation responsable et à la promotion de la sécurité routière. 

 

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