L'évaluation des habiletés de conduite d'un aîné

Évaluation de la conduite automobile
L’évaluation aide les aînés – ou leurs proches – à déterminer s'ils sont encore capables de conduire de manière sécuritaire. Les énoncés suivants permettent notamment de souligner des compétences qui doivent être améliorées, de mauvaises habitudes qui méritent d’être corrigées ou certaines limites liées au vieillissement. Les commentaires d’amis, de voisins et de policiers mêmes peuvent être précieux.
«On se dit qu'on sait ce qu'on fait, mais c'est peut-être tout le contraire. On pense qu'on est bon, mais on n'est peut-être pas aussi bon qu'il le faudrait.»
— M. Amyot
Respect du Code de la sécurité routière
La ceinture de sécurité est obligatoire selon le Code de la sécurité routière, pour les conducteurs et les passagers. Elle est la meilleure protection qui soit, dans n’importe quel véhicule et peu importe le type d’impact. Certains conducteurs omettent de s’attacher, d’autres ne mettent pas leur ceinture à cause d’un mauvais ajustement ou parce qu’ils ont du mal à la boucler.
Si une personne néglige de s’immobiliser aux arrêts obligatoires et aux lumières rouges, c’est peut-être qu’elle est inattentive, mais peut-être qu’elle n’arrive pas à distinguer les différents panneaux.
Les conducteurs doivent céder le passage à tout véhicule d’urgence dont les signaux lumineux ou sonores sont en fonction. Il faut réduire sa vitesse, se tenir le plus à droite possible et s’immobiliser, si nécessaire.
Ces comportements peuvent être observés lorsqu’un conducteur présente une vision figée ou trop rapprochée. Un examen de la vue peut le confirmer et des correctifs être apportés.
Emprunter une route dans le mauvais sens, omettre de céder le passage à ceux qui ont priorité, circuler sur la ligne blanche ou sur l’accotement sont des infractions courantes chez les conducteurs âgés. Et qui dit infractions, dit risques plus élevés de collisions.
Signes de vieillissement
Par exemple, le conducteur place son véhicule de travers avant de faire des virages (surtout des virages à gauche) ou essaie de tourner à partir de la mauvaise voie.
Des problèmes de vision peuvent diminuer l’aptitude à évaluer la vitesse des autres véhicules et la distance qui l’en sépare et ainsi rendre difficiles les entrées sur l’autoroute et les virages dans les rues achalandées.
Tout conducteur doit garder son talon au plancher et faire pivoter son pied pour passer de l’accélérateur au frein. L’utilisation des deux pieds peut s’avérer une bonne solution dans des cas particuliers pour la conduite d’une voiture équipée d’une transmission automatique. Une pratique différente, comme lever la jambe pour atteindre chacune des pédales ou même s’aider de ses mains, peut démontrer une diminution de la force physique du conducteur.
Le fait qu’un conducteur se contente de regarder dans ses rétroviseurs lorsqu’il effectue des manœuvres peut cacher une mauvaise habitude ou des problèmes de raideurs au cou ou au dos.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’une personne distingue difficilement les autres usagers de la route le soir, dont une vision nocturne amoindrie et une sensibilité à l’éblouissement par le vieillissement.
Partage de la route
C’est possiblement un signe que le conducteur a du mal à suivre le rythme du trafic environnant.
Emboutir un véhicule, «froisser de la tôle» dans un terrain de stationnement et frapper un véhicule sur le côté en effectuant un virage sont les mésaventures les plus fréquentes chez les automobilistes dont les habiletés, la perception de la profondeur et la vitesse de réaction diminuent.
Diminution des aptitudes de conduite
Le conducteur a peut-être de la difficulté à évaluer les distances, ou encore, il est possible que les manœuvres de stationnement plus pointues lui fassent peur, l’empêchant de choisir une place de stationnement à proximité.
Par exemple, un simple détour dû à des travaux de construction lui fait perdre le fil de sa trajectoire.
Le conducteur a peut-être de la difficulté à se rappeler et à retenir les informations pour s'orienter dans la circulation… un possible premier signe de problème cognitif s’il n’avait pas cette difficulté auparavant.
Partage de la route
La plupart des centres de réadaptation en déficience physique offrent des programmes conçus pour évaluer les compétences des conducteurs âgés. Ces programmes permettent de déceler des problèmes physiques ou intellectuels ainsi que des troubles de la perception. Ils sont habituellement offerts sur recommandation d’un médecin ou à la suite d’une demande de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
Si un ou plusieurs de ces comportements est observé, il est temps de prendre les mesures qui s’imposent. La solution peut être très simple comme un examen de la vue, une visite chez le médecin, un programme d’exercice régulier, un cours d’appoint ou même un véhicule mieux adapté. Sinon, il est vraisemblablement temps d’envisager de modifier la conduite (ne pas conduire le soir ou pendant les heures de pointe, par exemple) ou encore essayer de nouveaux modes de transport.
«Je n’ai pas conduit depuis cinq ans. Mais j’ai encore mon permis. Je passerais probablement l’examen s’il le fallait, mais je ne conduis plus. J’ai déjà eu des crises de panique. Le trafic me terrorisait…»
– D. Talbot
Tests de connaissances sur la sécurité routière
Le Code de la sécurité routière a subi une refonte majeure en 2018. Chaque conducteur est responsable d’en prendre connaissance et de s’y conformer. La Société de l’Assurance automobile du Québec propose divers questionnaires pour toute personne qui souhaite se «tester»: règlementation, signalisation routière, conduite et sécurité sur la route en auto ou à moto.
Pour leur part, certaines écoles de conduite, dont celles de CAA-Québec, offrent des cours pratiques adaptés aux conducteurs vieillissants. Ils leur permettent d’actualiser leurs connaissances ou encore de modifier leurs façons de faire en fonction de nouvelles restrictions.
Signalement d’un conducteur à risques
Personne ne souhaite signaler un proche aux autorités; or, c’est parfois une question de sécurité. Il existe un processus pour signaler un conducteur à risque auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), et ce, quel que soit son âge. Les policiers ont aussi la possibilité de faire ce genre de rapport à la suite d’un accident, par exemple. Les conducteurs visés doivent passer un ou des examens et leur permis de conduire peut faire l’objet d’ajouts de conditions ou être suspendu à la suite des résultats.
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