Quand zéro c’est mieux !

Publié le 18 février 2019

R.LACHANCE-EDITO.jpg

Il faut que les routes, les trottoirs, la signalisation et même les véhicules soient conçus pour que les erreurs humaines n’aient pas de conséquences sur les vies humaines.

En 2017, 359* personnes sont mortes sur nos routes. Quel nombre peut-on imaginer pour 2019 ? 300 ? 200 ? Maintenant, combien de morts pourriez-vous tolérer dans votre famille ? Zéro, évidemment ! Alors posons-nous la question : Pourquoi se résigner à ce que des centaines de personnes meurent sur nos routes chaque année?

Les tenants de la Vision zéro disent « non, ça suffit », car ce n’est pas une fatalité. Les morts et les blessés graves sont évitables et on doit viser zéro victime. Entendons-nous, la barre est haute… peut-être même utopique. Mais est-ce qu’on encourage un élève à viser 60 % ou 100 % ?

Rien d’ésotérique

Je vous entends dire : la belle affaire, ils vont baisser les limites de vitesse à 50 km/h sur l’autoroute ! Non. La Vision zéro, c’est simple, concret, et ça n’a rien d’ésotérique. Saluons ici la Ville de Montréal, qui adhère à la Vision zéro, tout comme Toronto, Edmonton, Vancouver et... la Suède, qui a donné naissance au principe de Vision zéro.

C’est d’ailleurs dans ce pays scandinave que le fabricant Volvo a commencé à mettre des ceintures à trois points d’ancrage, telles qu’on les connaît aujourd’hui, dans ses autos en 1959. Ça ne portait pas le nom de Vision zéro à l’époque, mais c’est la même idée : on enlève nos lunettes roses et on admet que les humains ne sont pas infaillibles. Il faut donc que les routes, les trottoirs, la signalisation et même les véhicules soient conçus pour que les erreurs humaines n’aient pas de conséquences sur les vies humaines.

Autrement dit, l’humain peut se tromper, mais pas nos routes, ni la planification de nos aménagements. Cela implique de tenir compte des besoins de tous les usagers — piétons, motocyclistes, cyclistes et automobilistes —, pour s’assurer que chacun puisse circuler en sécurité. C’est ça, la Vision zéro, une plus grande concertation, une meilleure planification au bénéfice de tous !

Installer des pancartes ne suffit pas

En présence de piétons, il faut évidemment ralentir. Or, trop souvent, on s’est contenté d’installer un panneau de 30 km/h en présumant que les gens vont obéir comme par enchantement. Avec la Vision zéro, on aménage la route de façon à réduire naturellement la vitesse des véhicules pour limiter au maximum les conséquences d’une collision. On ajoute aussi une bonne dose de sensibilisation et de présence policière. Des ingrédients essentiels au succès de cette approche.

CAA-Québec adhère à cette vision grâce à l’action quotidienne de la Fondation CAA-Québec. Vrai, on ne réussira peut-être pas à éliminer tous les accidents mortels de sitôt. Par contre, on fait déjà un grand pas en admettant que le seul chiffre éthiquement acceptable, l’objectif à atteindre, c’est zéro.

*Bilan routier 2017 de la SAAQ