Sauf pour une maison dont le comble (ou « entretoit ») est accessible en tout temps, c’est souvent lors d’une rénovation importante, par exemple celle de la salle de bains ou du sous-sol, qu’on améliore l’isolation thermique de la maison. Il s’agit cependant d’une opération délicate qui exige connaissance et doigté : certaines pratiques sont à privilégier et certains matériaux sont plus appropriés que d’autres selon la partie du bâtiment à isoler.

Comble
Dans un comble, on répand généralement de l’isolant en vrac sur le matériau isolant déjà présent. Il faut alors prendre garde de ne pas obstruer les soffites de ventilation situés sous les extrémités du toit.

Murs extérieurs
On rehausse l’isolation des murs extérieurs le plus souvent par l’intérieur, en fixant des panneaux rigides sur leur côté chaud. Cela réduit quelque peu l’espace intérieur, mais augmente la valeur isolante et l’étanchéité à l’air des murs sans impliquer de démolition majeure. Les joints entre les panneaux doivent être scellés avec minutie, et un pare-vapeur peut devoir être mis en place selon les caractéristiques du produit employé (pour empêcher l’infiltration d’humidité et la condensation).

Fondations
Pour les fondations, il est aussi d’usage de procéder par l’intérieur. On utilise des panneaux rigides posés directement contre les murs de béton ou on insère un isolant en matelas entre les montants des structures appuyées contre les murs de fondation. Mais attention : un isolant de fibres ne doit jamais entrer en contact avec le béton! Par ailleurs, la meilleure façon d’isoler la solive de rive – celle qui ceinture la structure du plancher pour l’asseoir sur la partie supérieure des fondations – est d’y gicler de la mousse de polyuréthane. C’est aussi la méthode la plus efficace pour isoler les fondations en béton sur toute leur hauteur (murs du sous-sol ou parois des vides sanitaires).

 

Choisir le type d’isolant

La sélection du matériau demeure l’élément clé. En rénovation résidentielle, les quatre types d’isolants les plus utilisés sont les isolants en vrac, les matelas, les panneaux rigides et la mousse giclée sur place.

  • L’isolant en matelas permet de combler aisément et à peu de frais les cavités des murs, des planchers et du comble. Pour offrir leur plein rendement, les matelas ne doivent pas être comprimés.
  • L’isolant en vrac couvre bien la surface irrégulière des entretoits. Épandu à la main ou soufflé avec un appareil, il se loge dans les aspérités, entourant les éléments de charpente du toit pour former une couche homogène et sans joints. On peut aussi l’injecter dans les cavités et les murs creux inaccessibles, à travers des trous qu’on rebouche par la suite.
  • Plats et compacts, les panneaux isolants rigides sont offerts en plusieurs épaisseurs. Ils permettent de former un écran thermique ininterrompu à la surface des murs et des plafonds (et même des planchers, dans le cas des polystyrènes de haute densité).
  • La mousse de polyuréthane, giclée sur place par des professionnels, adhère fortement aux surfaces et remplit les moindres interstices, créant ainsi une barrière étanche et continue.

 

Caractéristiques des matériaux

N.B. Le coefficient R (comme son équivalent métrique RSI) sert à coter l’efficacité des matériaux isolants. Plus ce coefficient est élevé, plus le matériau concerné résiste au passage de la chaleur.

En vrac et en matelas

Fibre cellulosique
(couramment appelée « laine de cellulose »)

  • En vrac seulement; valeur de R-3,5/po.
  • Finement broyée; elle se faufile mieux que les laines entre les clous et les fils.
  • Traitée au borax pour plus de résistance au feu, à la moisissure et aux parasites.
  • Faible coût.
  • Critères écolos : non irritante, non toxique, faite de papier recyclé et fabriquée localement.

Fibre de verre (communément appelée « laine minérale »)

  • En vrac, R-3/po, ou en matelas, R-3,2/po.
  • Incombustible, mais nécessité de respecter les normes de dégagement des codes de construction locaux et des manufacturiers.
  • Application exigeant le port de vêtements protecteurs, de lunettes et d’un masque.

Fibre de roche (aussi appelée « laine minérale » : attention au risque de confusion!)

  • En vrac, R-3,3/po, ou en matelas, R-3,5/po.
  • Convient mieux que les autres fibres au sous-sol, en raison de ses propriétés hydrofuges.
  • Produit ignifuge à utiliser autour des cheminées.
  • Critères écolos : préférable à la fibre de verre pour les personnes hypersensibles.

Panneaux rigides
Polystyrène expansé (type 2)

  • R-4/po.
  • Ne pourrit pas et résiste à la moisissure.
  • Inflammable; doit être recouvert d’un matériau de finition ignifuge approuvé.
  • Critères écolos : contient 98 % d’air; recyclable et réutilisable; ne renferme aucun produit endommageant la couche d’ozone, tels les hydrofluorocarbones (HFC) ou les hydrochlorurofluorurocarbones (HCFC).

Polystyrène extrudé*

  • R-5/po.
  • Mêmes caractéristiques que le polystyrène expansé pour l’inflammabilité et la résistance à la moisissure, mais plus efficace pour l’isolation, grâce à ses alvéoles fermées contenant un gaz réfrigérant.
  • Bémol environnemental : matériau moins écologique que le polystyrène expansé.

Polyuréthane et polyisocyanurate (panneaux de mousse)*

  • R-6/po.
  • Contiennent des gaz réfrigérants et sont habituellement recouverts d’une pellicule d’aluminium réfléchissante (voir plus bas).
  • Moins résistants à la compression que le polystyrène.

Fibre de bois

  • R-3,3/po; disponible en épaisseur de ½ po (R-1,6).
  • Critères écolos : faite en partie de matériaux recyclés, exempte de formaldéhyde et fabriquée localement.

Mousse de polyuréthane giclée sur place*

  • R-6/po.
  • Ne pourrit pas et résiste à la moisissure.
  • Coût élevé, mais compensé par une efficacité à long terme.
  • Critères écolos : faite à partir d’huiles naturelles et de plastique recyclé.

L’option de la pellicule réfléchissante
Certains isolants comme le polystyrène expansé, les panneaux de mousse et la fibre de bois peuvent être recouverts d’une pellicule réfléchissante.

  • La résistance thermique se voit ainsi sensiblement augmentée, à condition que l’isolant soit recouvert de gypse fixé à des pièces de bois ou de métal (appelées « fourrures ») disposées horizontalement à intervalles de 16 po de centre à centre. La lame d’air entre la pellicule et le gypse joue un rôle essentiel dans la réflexion de la chaleur.
  • La pellicule contribue à l’étanchéité à l’air du mur (effet pare-air) et joue le rôle de pare-vapeur si l’on en scelle les joints.

* Élément à considérer : à partir d’une certaine épaisseur, ces isolants peuvent jouer le rôle de pare-vapeur.

Jusqu’à quel point isoler?
Les normes de résistance thermique obligatoires pour les bâtiments neufs et les nouvelles parties de bâtiments déjà construits ont été révisées récemment. Dans la majorité des municipalités du Québec, ces valeurs s’élèvent à R-41 pour le toit, à R-24,5 pour les murs au-dessus du niveau du sol et à R-17 pour les murs de fondation.

En rénovation, si l’on ne peut atteindre ces cibles, faute d’espace ou d’accès aux cavités, on doit tout au moins essayer de s’en approcher. Les petits pas qu’on peut faire valent mieux que les grands pas impossibles!



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