Ce n’est pas une illusion : la météo malmène davantage nos maisons qu’autrefois. Tempêtes, verglas, pluies fortes et abondantes, vents violents sont tous des phénomènes connus; cependant, les changements climatiques notés dans les dernières décennies accentuent la fréquence et l’ampleur des perturbations – ce qui menace certains bâtiments.

Une nouvelle donne pour la construction et la rénovation

Vous pensez entreprendre des travaux importants? Considérez alors les risques climatiques. Il faut désormais composer avec eux, s’il s’agit par exemple de refaire la toiture, de remplacer le revêtement extérieur, de revoir les portes et fenêtres ou encore d’agrandir la maison. La performance durable des composantes et le maintien d’un environnement intérieur sain en dépendent.

La nouvelle donne climatique demande aussi plus d’inspections et un entretien accru de « l’enveloppe » de la propriété afin d’éviter sa détérioration précoce.

Le tableau suivant résume les impacts des changements météo relevés.

Phénomènes climatiques en croissance au Québec Impacts sur les bâtiments
Fréquence du cycle gel/dégel
  • plus grandes contraintes liées à l’humidité, notamment sur les éléments extérieurs en béton
  • risque accru de formation de barrages de glace sur les toits en pente
Redoux et pluies hivernales
  • surcharge de poids sur les toitures
  • infiltrations (quand la formation de glace bloque l’écoulement normal)
Pluies fortes (crues soudaines)
  • inondations
  • refoulements d’égout
  • insuffisance de drainage de toits plats, etc.
Vents violents (tempêtes) 
  • soulèvement ou arrachement des revêtements extérieurs (murs et toiture)
  • infiltrations
Épisodes de canicule estivale
  • surchauffe des combles (l’entretoit) mal isolés ou ventilés ainsi que des habitations peu isolées et sans climatisation
Hausse des concentrations de pollen dans l’air
  • détérioration de la qualité d’air dans les bâtiments ventilés naturellement
Développement de bactéries, de virus et de parasites dans l’eau (dans le sud du Québec)
  • incidence sur la qualité de l’eau des résidences alimentées par un puits privé

Pourquoi craindre de telles conséquences? Parce que la plupart des maisons ont été conçues et construites avant la prise de conscience d’une transformation graduelle du climat. Les propriétés comportent donc souvent des failles pouvant accélérer leur détérioration.


Vigilance et colmatage des brèches… sans délai

Que faire pour permettre aux bâtiments existants (notamment les plus vieux) de résister aux assauts climatiques? D’abord, ouvrir l’œil – plus souvent et plus grand –, pour détecter les brèches et les colmater sans délai.

À cet égard, une tournée saisonnière d’inspection et d’entretien préventif joue un rôle important. Pour ne rien oublier, consultez ces pratiques listes à cocher : printemps, été, automne, hiver.

Désormais, pensez à en faire un peu plus. Après un épisode de « météo déchaînée ». Examinez sans tarder l’état des revêtements de votre maison. En cas de problèmes, pansez vite les plaies : réparer les dégâts (même quand ils semblent légers) permet d’éviter qu’ils s’aggravent lors du prochain assaut.

Plus de rigueur lors des rénos

Par ailleurs, les changements climatiques imposent une plus grande rigueur au moment des réparations ou des rénovations.

Il est alors indispensable de :

  • réviser la résistance et la performance des systèmes en place et, s’il y a lieu, d’apporter les correctifs requis;
  • d’opter pour des matériaux robustes et une qualité de mise en œuvre maximale.  


«La plupart des solutions techniques dans l’art de construire existent déjà, mais elles ne sont pas appliquées avec toute la rigueur nécessaire», estime l’expert en bâtiments Mario Canuel, dans un article consacré à l’impact des phénomènes climatiques1.

En conclusion, le tableau suivant regroupe les aspects à surveiller davantage en raison de l’évolution du climat et de ses soubresauts.

Élément À surveiller
Toiture
  • solidité de la structure et du support de bois
  • résistance du matériau de couverture (aux vents, aux infiltrations d’eau)
  • capacité de drainage
  • efficacité de la ventilation des combles
Parement extérieur
  • aptitude à minimiser les infiltrations et à évacuer l’eau qui traverserait le revêtement
  • présence d’une lame d’air à l’arrière du parement
  • intégrité des joints (maçonnerie, scellant, etc.)
Portes et fenêtres
  • indice de performance (étanchéité à l’air, à l’eau et aux vents)
  • installation adéquate (continuité) des pare-air/pare-vapeur
Isolation thermique
  • niveau de résistance thermique (facteur R) de l’isolant en place, en particulier celui du toit
Ventilation et climatisation
  • pertinence de doter la maison d’un échangeur d’air (VRC) et/ou d’un climatiseur
Plomberie 
  • présence et efficacité d’un clapet antiretour (protection contre les refoulements d’égout)
  • analyse régulière de la qualité de l’eau (puits privé)


1. Source : « Changements climatiques  - La nécessaire adaptation de nos façons de construire », article rédigé par Mario Canuel et publié dans la revue Formes (2013, V9 N3).



 

 



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