Habitation - Trucs et conseils - Jardin vertical

En hauteur, les jardins! C’est à la verticale qu’on plante désormais pour tirer profit de l’espace.

Votre jardin n’est pas très grand? Vous aimeriez camoufler la remise, vous isoler du voisin, créer des îlots d’intimité, ou profiter simplement du plus de verdure possible tout en gardant de l’espace pour bouger, manger, paresser? Adoptez le jardin vertical et jouissez en hauteur de ce que vous ne pouvez vous permettre en surface. Vous y gagnerez en cachet, en couleur, en beauté et en santé, surtout en ville, où la verdure aide à respirer.

Impressionnant, souvent spectaculaire, « le jardin vertical est un aménagement paysager, ou une partie d’aménagement paysager, qui utilise les propriétés qu’ont certaines plantes de croître en hauteur lorsqu’on leur en donne la chance ou qu’on leur offre un support approprié », explique l’architecte-paysagiste François-Pierre Nadeau. Pour faire un jardin vertical, on utilise donc des structures de support et des plantes qui ont la capacité de grimper.

Des plantes grimpantes
Annuelles ou vivaces, les plantes grimpantes sont nombreuses. Gloires du matin, pois mange-tout, pois de senteur, doliques du Soudan… Certaines annuelles se sèment en pleine terre, d’autres doivent passer par l’étape du semis, mais toutes étonnent par leur rapidité de croissance et leur floraison abondante.

Lierre de Boston, vigne, vigne vierge et houblon charment par leurs feuillages denses qui ravissent tant l’été que l’automne. Clématites, chèvrefeuille, bignones, renouées du Turkestan, hortensias grimpants, pois de senteur vivaces, glycine et rosier sarmenteux séduisent par leurs floraisons colorées. Ces populaires vivaces ont toutes besoin de soleil, sauf le houblon qui tolère bien l’ombre. Elles poussent facilement et nécessitent peu d’entretien.

Idéalement, on les transplante en avril et mai ou en septembre et octobre. Mais comme on les achète en pots, on peut fort bien les mettre en terre durant l’été en évitant toutefois de le faire lors des périodes de canicule. Il est préférable de les planter à 20 ou 30 cm de leur support pour favoriser le développement des racines. On prend soin de creuser, dans une terre enrichie de compost, un trou deux fois plus large et profond que la motte des racines, et d’y mettre un peu de poudre d’os pour favoriser l’enracinement. Comme les plantes grimpantes aiment avoir les pieds au frais, on les couvre de paillis qui conserve l’humidité et garde les racines à l’ombre. Il suffit ensuite de les arroser en profondeur au moins une fois par semaine.

Au printemps, on élimine le bois mort et on taille les plantes de moitié pour encourager la pousse de nouvelles tiges. L’hiver, on peut les laisser sur le treillis.

Certaines plantes, comme la vigne et le pois, ont des vrilles ou des ventouses et s’agrippent d’elles-mêmes à n’importe quelle surface. Les plantes dites volubiles, comme le chèvrefeuille, s’enroulent plutôt autour de leur support; alors que les lierres, eux, se cramponnent à l’aide de leurs minuscules racines aériennes aux surfaces rugueuses. Enfin les plantes sarmenteuses, comme le rosier grimpant ou sarmenteux, ont de longues tiges souples qui exigent qu’on les fixe à un treillis pour qu’elles croissent à la verticale, sans quoi elles risquent de ramper. Pour aider les grimpantes à grimper, on attache leurs premières pousses à ce qui leur sert de soutien.

Des structures de toutes sortes
Structures de béton, boîtes qui s’imbriquent, vous pouvez façonner mille supports originaux pour faire grimper les plantes comme ont pu le constater ceux qui ont visité les Mosaïcultures internationales de Montréal. Vous pouvez aussi les faire courir sur un appui aussi élémentaire qu’un mur ou une clôture, et transformer du coup ces banales surfaces en cascades verdoyantes ou fleuries.

Un tapis de verdure devient le camouflage par excellence. Pour éviter les mauvaises surprises, vous recouvrirez d’abord le mur d’un treillis, en laissant un léger espace entre les deux afin que l’air puisse circuler. De plus, vous vérifierez de temps en temps si la brique ne subit pas le contrecoup de l’humidité. Vous pourrez ainsi jouir des vertus de la vigne ou du lierre qui gardent la maison fraîche.

Sur vos murs et vos clôtures, des fils de nylon ou de métal fixés par deux vis, l’une en haut, l’autre en bas, serviront de support aux pois mange-tout si jolis lorsqu’il sont en fleurs, aux doliques du Soudan ou aux gloires du matin qui s’y enrouleront. En disposant plusieurs fils côte à côte, vous couvrirez le mur de fleurs en un rien de temps. Vous pouvez aussi installer un treillis devant le mur – on en trouve en bois, en métal ou en plastique – les plantes s’y accrochent. Ailleurs dans votre cour, les treillis deviennent des paravents de verdure qui délimitent des zones d’intimité ou qui dissimulent ce qui choque la vue.

Rien de tel qu’une tonnelle chargée de fleurs pour vous accueillir dans la cour ou le jardin. Faite de lattes et de treillis, cette construction au sommet arrondi, qui ressemble à une arche, est un support idéal pour les plantes grimpantes. Pour un peu de fantaisie, installez un petit obélisque dans votre parterre et faites-y jaillir une fontaine de plantes. Très en vogue il y a plus d’un siècle dans certains jardins, ce monument en forme de pyramide allongée revient en force. Vous pouvez aussi user d’imagination et créer vos propres structures. Quelle que soit la forme que vous lui donnerez, votre jardin vertical devrait transformer votre cour en une oasis verdoyante.

Merci à François-Pierre Nadeau, architecte-paysagiste et auteur de L’aménagement paysager sous un autre angle et de L’aménagement d’un jardin d’eau, (Trécarré, 2003), ainsi qu’à Bob Lussier de chez Aménagement Côté Jardin pour leur collaboration.

Par Suzanne Décarie



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