Le prix que vous payez pour chaque litre d’essence se compose de plusieurs éléments. Là aussi, des changements peuvent affecter l’une ou l’autre de ces composantes et faire varier la facture totale.

Prix du baril de brut

Le prix du pétrole brut est normalement fixé par le marché mondial, en fonction de l’offre et de la demande. Ainsi, lorsque la demande augmente et que les stocks baissent, le prix du brut monte, mais bien d’autres facteurs peuvent influencer le prix du brut, lequel représente la principale composante du prix de l’essence à la pompe.

Marge de raffinage

C’est théoriquement ce qu’il en coûte à la pétrolière pour produire tous les divers produits finis à partir du pétrole brut : essence, kérosène, diesel, mazout, etc. La marge de raffinage, retenue pour couvrir ces frais de production et qui inclut un profit pour les raffineurs, représente en fait la différence entre le prix du pétrole brut et le prix à la rampe de chargement. Cette marge est la même pour les différentes régions administratives du Québec, mais elle varie beaucoup au courant d’une année.

Prix à la rampe de chargement

Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une composante du prix de l’essence, le prix à la rampe de chargement (qui représente le montant payé par les clients d’un dépôt pour obtenir de l’essence en gros et qui se fonde sur le prix de référence au port de New York) est à la source du prix affiché à la pompe. En fait, il est la base du calcul de l’indicateur quotidien du coût d’acquisition des produits pétroliers et du prix minimum estimé par la Régie de l’énergie du Québec.

Marge au détail

Il s’agit de la marge de distribution, qui représente la différence entre le prix affiché à la pompe et le coût d’acquisition. Elle comprend les frais d’exploitation d’une station-service de même qu’un profit pour les détaillants. Elle varie d’une région à l’autre au Québec.

Coût de transport

Il s’agit des frais de transport estimés pour l’essence, de la rampe de chargement à la station-service. C’est un montant fixe qui varie d’une ville à l’autre. Ainsi, les clients des stations-service éloignées des dépôts doivent en principe assumer des frais de transport supérieurs. Cependant, pour éviter un déséquilibre entre les différentes régions, le gouvernement du Québec a réduit en conséquence la taxe sur les carburants qu’il perçoit.

Taxes

Contrairement aux facteurs difficilement contrôlables qui caractérisent le vaste marché du pétrole, il serait possible de reconsidérer les différentes taxes qui affligent le prix de chacun des litres d’essence que vous achetez. Il suffirait pour ce faire que les élus prennent les moyens qui s’imposent pour soulager les contribuables automobilistes. C’est en effet ce poste qui explique, pratiquement à lui seul, les différences de prix considérables qu’on peut constater entre le Québec et les États-Unis, et même avec les autres provinces. Les taxes représentent en fait, après le prix du brut, la deuxième plus grande composante du prix à la pompe.

Si, au Canada, toute vente d’essence est notamment soumise à la TPS et à la taxe d’accise, la situation varie d’une province à l’autre et même d’une région à l’autre.

  • Taxe d'accise sur l'essence : taxe fédérale établie selon un montant fixe et non comme un pourcentage. Elle est de 10 cents/litre.

  • Taxe sur les carburants : taxe québécoise établie selon un montant fixe. Elle est de 19,2 cents/litre. Cependant, cette taxe est réduite dans certaines régions frontalières, périphériques et spécifiques.

  • Taxe sur l'essence (Grand Montréal) : taxe perçue par le gouvernement du Québec et remise à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) comme contribution au transport en commun. Il s'agit d'un montant fixe au litre, soit 3 cents.

  • TPS (Taxe sur les produits et services) et TVQ (Taxe de vente du Québec) : deux taxes à la consommation que l'on connaît déjà bien et qui s’appliquent par-dessus toutes les autres taxes. Oui : on taxe les taxes…