Un extracteur d’air à évacuation extérieure, c’est loin d’être… un extra pour chasser le surplus d’humidité d’une salle de bain. Cet appareil prévient les problèmes de condensation et de moisissure courants dans les maisons, de plus en plus étanches.  

Pour un rendement optimal, toutefois, encore doit-il être assez puissant, bien installé et doté de commandes favorisant un travail d’extraction adéquat.  

Comment le choisir?  

Trouver un bon ventilateur requiert donc un minimum d’information. Pour éviter les mauvaises surprises, recherchez d’abord un ventilateur homologué par le Home Ventilating Institute (HVI). Ce label garantit que la performance (bruit, débit d’air, consommation d’énergie…) a été vérifiée par un laboratoire indépendant.  

Déterminez ensuite la capacité d’extraction requise pour un bon rendement dans votre salle de bain :

  • Le Code de construction du Québec exige une ventilation d’au moins 25 litres/seconde (l/s), soit l’équivalent de 50 pieds cubes/minute (pcm) dans une salle de bain; cette norme s’applique en l’absence d’extraction d’air assurée par un ventilateur récupérateur de chaleur.  
  • Pour sa part, le HVI conseille de calculer 1 pcm/pi² pour une pièce de 100 pi² ou moins, avec un plafond de 8 pi. Suivant cette règle, un ventilateur de 80 pcm dessert une salle de bain de 8 pi x 10 pi.  
  • Quand la pièce mesure plus de 100 pi², le HVI suggère d’établir la puissance requise en fonction du type et du nombre d’appareils sanitaires : comptez 50 pcm pour chaque toilette, bain ou douche, et 100 pcm pour une baignoire à remous. Avec ces quatre appareils sanitaires, on prévoirait donc une capacité de 250 pcm pour un ventilateur.  

Les aspects suivants sont aussi à considérer :  

  • Votre salle de bain « subit » souvent, et coup sur coup, quatre longues douches? À l’achat, vous pourriez alors revoir la capacité de l’appareil à la hausse.  
  • Côté performance, notez que les ventilateurs centrifuges (« à cage d’écureuil »), plus coûteux, se révèlent plus efficaces et en général moins bruyants que ceux à hélices.  

Pas trop de bruit ne fera…  

Nullement à négliger, le bruit! En raison du niveau sonore, les gens s’abstiennent parfois de démarrer le ventilateur – ou alors, lui clouent le bec trop tôt pour qu’il soit efficace.  

Le niveau sonore s’exprime en « sones », une unité de mesure : les meilleurs appareils développent aussi peu que 0,3 sone. Tenez-vous loin des ventilateurs affichant 2 sones ou plus... Vos oreilles vous remercieront.  

Les clés d’une bonne installation  

Lors de la pose, l’installateur doit penser aux étapes suivantes :  

  • Bien fixer l’appareil à la charpente du plafond, pour empêcher tout bruit causé par sa vibration.  
  • Isoler soigneusement le boîtier s’il se trouve encastré dans une cavité donnant sur un espace non chauffé.  
  • Sceller les jonctions des conduits avec du ruban métallisé plutôt que du ruban à conduit commun (duct tape), qui tend à lâcher prise en séchant.  
  • Prévoir un dégagement suffisant sous la porte de la salle de bain pour permettre l’entrée d’air durant le fonctionnement du ventilateur.    

Le bon conduit  

L’appareil devrait idéalement être raccordé à un conduit d’évacuation en métal lisse et rigide, le plus droit et le plus court possible. La longueur du conduit d’évacuation a en effet un impact direct sur la performance du ventilateur. À noter : un coude de 90 degrés et le clapet extérieur équivalent respectivement à 15 et à 30 pi de conduit lisse de 4 po de diamètre. Consultez les recommandations du fabricant à ce sujet pour obtenir un rendement efficace.  

Le recours au conduit flexible permet d’amortir le bruit, mais il réduit l’évacuation de moitié; il accroît aussi le risque d’accumuler de l’eau en cas de condensation. En revanche, l’emploi d’une courte section de conduit flexible (d’environ 2 pieds) pour relier le conduit rigide au boîtier facilite l’installation. Cette façon de faire permet, en cas de problème, de retirer l’appareil sans dégâts.  

Ajoutons que tout conduit qui chemine dans un espace non chauffé doit être isolé afin d’éviter la condensation de l’air humide évacué. De plus, une légère inclinaison vers l’extérieur rendra impossible tout écoulement d’eau vers l’appareil.  

Détail important, le conduit d’évacuation doit être relié à une bouche extérieure (un clapet) située sur un mur ou, à défaut, sur la toiture. Ce clapet doit stopper les refoulements d’air et l’entrée d’oiseaux ou de rongeurs. Éloignez-le des fenêtres, des soffites de la toiture ou de l’entrée d’un échangeur d’air. La raison : empêcher le retour de l’air humide évacué dans la maison.  

Opérationnel, sous conditions  

Le ventilateur produit l’effet escompté s’il élimine l’humidité excessive. Voici des conseils supplémentaires pour bien expulser l’air vicié :  

  • Selon le HVI, le ventilateur devrait continuer à travailler environ 20 minutes après l’usage de la salle de bains pour être efficace.  
  • Idéalement, son interrupteur est distinct de celui de l’éclairage de la salle de bain; autrement, l’appareil se retrouve à l’arrêt du moment que la lumière est éteinte, en général, dès qu’on sort de la pièce.  

Divers types de commandes peuvent assurer une évacuation plus efficace, par exemple, par minuterie (pour régler la durée de fonctionnement) ou avec variateur de vitesse. On peut aussi contrôler l’appareil par un déshumidistat : cette commande assure la mise en marche ou l’arrêt automatique du ventilateur en fonction du degré d’humidité désiré.  

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