C’est décidé : cette saison, vous vous mettez au compostage. Comme tout commence par un composteur, mieux vaut faire de bons choix. Composteur au sol, rotatif ou vermicomposteur? La question se pose, et un brin de réflexion s’impose. Quelques pistes pour bien choisir.

 

Avant tout, vos besoins

Avant d’acheter un composteur, établissez vos besoins. Deux éléments clés à considérer :

  • Le volume de déchets que vous composterez
  • L’espace dont vous disposez pour recevoir le composteur

Vérifiez aussi si votre municipalité :

  • Prévoit des règlements sur l’utilisation et la taille des composteurs
  • Subventionne l’achat d’un composteur

Le composteur au sol

Dépourvu de fond, le composteur au sol s’installe directement sur la terre, de sorte que les insectes et les vers accèdent facilement aux matières organiques et accélèrent ainsi le travail de décomposition. Le lixiviat (jus de compost) peut aussi s’écouler librement.

Le composteur au sol peut être en plastique ou en bois. Chaque option présente ses avantages et ses inconvénients :

Plastique Bois
Avantages  
  • Plus légers
  • Résistants à la décomposition et plus durables
  • Aisément transportables
  • Faciles à entretenir
  • Meilleure absorption de la chaleur
 
 
  • Plus écologiques : ressource renouvelable, elle-même compostable en fin de vie
  • Modèles pratiques : modules emboîtables qui peuvent être retirés au besoin, pour faciliter le brassage
  • Facilite la récolte avec une partie basse qui se soulève
 
Inconvénients  
  • Moins écologiques
  • Non biodégradables
 
 
  • Plus lourds
  • Moins durables
 
Préférez…  
  • Le plastique recyclé
  • Des matériaux traités contre les UV
 
 
  • Un modèle fait de bois bien torréfié et une essence résistant à la décomposition, comme le cèdre ou le mélèze
 

Au moment de choisir un composteur au sol, vérifiez :

  • les ouvertures : elles doivent être assez grandes pour la récolte du compost et le brassage
  • le couvercle : il doit être hermétique pour protéger le compost des aléas du climat et faciliter le brassage; plusieurs modèles sont munis de couvercles à deux ouvertures, soit une petite pour le dépôt et une grande pour le brassage
  • l’ergonomie de l’appareil : certains modèles comportent une façade avant détachable qui facilite le brassage
  • la forme : le cône ou le cylindre facilitent le brassage, tandis que le modèle plus profond l’entrave. Le modèle rectangulaire offre une meilleure capacité à recevoir de la matière, le modèle plus profond entrave un peu plus le brassage.

On aime…

  • La simplicité d’utilisation et le fait que le lixiviat s’écoule de lui-même
  • La possibilité de traiter un plus grand nombre de matières organiques
  • Son prix abordable

Attention…

  • De 6 à 12 mois sont nécessaires pour obtenir du compost
  • Un brassage régulier est nécessaire
  • La décomposition cesse presque complètement en hiver
  • De mauvaises odeurs pourraient se dégager s’il est mal utilisé

Le composteur rotatif

Généralement fait de plastique, idéalement recyclé et traité contre les UV, le composteur rotatif est muni d’un mécanisme servant à faire tourner le baril à l’aide d’une poignée intégrée. Le baril est surélevé pour faciliter l’opération. Plusieurs modèles présentent deux compartiments : l’un pour la maturation des matières et l’autre pour la récolte du compost.

Au moment de choisir un composteur rotatif, vérifiez :

Les bouches d’aération, qui devraient idéalement être réglables

L’ouverture, qui doit être assez grande pour faciliter la récolte du compost

On aime…

  • La production rapide de compost, en 4 à 6 semaines
  • La facilité de brassage, qui se fait avec un mécanisme, et non à la main
  • Sa polyvalence : il peut être installé sur un balcon

Attention…

  • Au coût; le composteur rotatif est plus cher à l’achat
  • À sa capacité plus restreinte que le composteur au sol
  • À la nécessité de vider le baril régulièrement; si le composteur est trop plein, il est difficile à tourner
  • Au contenu, qui a tendance à s’agglutiner
  • À l’aération; il faut tourner le baril au moins 3 fois par semaine
  • Au fait de ne pas pouvoir brasser pendant l’hiver

Le vermicomposteur

Le vermicompostage, ou lombricompostage, consiste à mettre les vers rouges à l’œuvre pour produire un compost riche en nutriments. Comme ces vers consomment et digèrent une grande quantité de déchets, ils accélèrent le processus de compostage. En outre, ils sont frileux. C’est pourquoi on pratique le vermicompostage à l’intérieur.

Au moment de choisir un vermicomposteur, assurez-vous de retrouver les composantes suivantes :

  • Un couvercle hermétique
  • Un bac perforé pour faciliter le drainage
  • Des évents pour bien faire circuler l’air

On aime :

  • Son faible coût
  • Sa facilité de transport
  • Son format compact
  • L’élimination du brassage : les vers s’en occupent
  • Le fait qu’aucune odeur désagréable n’envahit la maison
  • La qualité du compost

Attention…

  • À la taille plutôt réduite du bac; vous pouvez toutefois en acheter deux pour contourner le problème.
  • À la nécessité de nourrir le vers régulièrement et suffisamment… mais pas trop! S’il manque de matière, les vers risquent de mourir. S’il y en a trop, des mouches à fruits apparaîtront. Il faut trouver l’équilibre.
  • À la nécessité de récolter le lixiviat et de rincer le récipient du bas, de temps en temps.

Merci à Louise Hénault-Éthier, conférencière experte pour Équiterre, et à Emmanuel Blais-Cosgrove, directeur d’Écohabitation, pour leur collaboration.

Source : Jacqueline Simoneau, « À chacun son composteur », Touring, printemps 2013.