Deux mythes de la circulation

Deux mythes de la circulation

Zigzaguer d’une voie à l’autre, ça fait gagner du temps ? Et se rabattre sur le tard lorsqu’une voie est bloquée, est-ce correct ?

 

 

ZIGZAGUER?

Dans un bouchon de circulation, ça semble toujours circuler plus vite dans la voie adjacente. Mais l’illusion... n’est qu’illusion. Nature humaine oblige, on note plus les pertes que les gains. Autrement dit, on remarque davantage les véhicules qui nous dépassent que ceux que nous dépassons. Mais combien de secondes gagne-t-on à changer et rechanger de voie?

En fait, changer de voie, avec tous les risques d’accident que la manoeuvre comporte, n’est pratiquement jamais avantageux. À ce sujet, Tom Vanderbilt, auteur du livre Traffic : Why we drive the way we do − and what it says about us (traduction libre : Pourquoi conduit-on comme on le fait − et ce que ça dit de nous), rapporte une expérience canadienne menée dans les bouchons autoroutiers et mettant en scène deux conducteurs : l’un qui conserve sa trajectoire et l’autre qui en change aussi souvent que possible.

Au terme d’un trajet de 80 minutes, le changeur de voie « chronique » n’avait gagné que 5 % du temps. Mais « le stress provoqué par toutes ces manoeuvres a probablement hypothéqué sa vie au-delà des quatre minutes épargnées... » écrit l’auteur. Ce dernier compare la circulation à un accordéon : « Elle se compresse lors des ralentissements, puis elle se libère lors des dégagements… » Et jamais de la même manière ni au même moment dans toutes les voies. C’est comme pour la bourse, bien malin celui qui peut prédire les cours...

Alors, un bon truc pour supporter les bouchons ? Faire monter à bord un passager : il est prouvé que le temps passe plus vite à deux..En prime, vous pourrez emprunter les voies réservées plus rapides...

 

 

SE RABATTRE SUR LE TARD?

Un chantier de construction sur une route à deux voies force la fermeture de l’une d’elles. Très courtoisement, vous vous rangez dès que possible dans la voie qui demeurera ouverte. Ce faisant, vous entraînez le freinage et, donc, le ralentissement prématuré des autres automobilistes derrière vous.

À l’opposé, l’automobiliste qui s’insinue dans la file à la dernière minute permet, dans les faits, la pleine utilisation des deux voies, jusqu’au point où, comme une fermeture éclair, les véhicules se glisseront à tour de rôle dans l’unique voie. Non seulement cette technique compresse les files d’attente de moitié ( !), mais elle permet d’accommoder davantage de véhicules pour une période donnée − jusqu’à 15 % de plus, dit Tom Vanderbilt.

Cela dit, même si le « late merging » n’est pas impoli, se rabattre en alternance signifie que vous aussi devez céder le passage en bout de piste. Et n’oublions pas que s’insérer dans une file est illégal si la ligne au sol est continue. On risque alors une amende de 200 $ à 300 $, en plus de 3 points d’inaptitude.

 

Par Nadine Filion

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