Pluie, brouillard, soleil… rouler l’été en toute sécurité

Quels sont les deux mois de l’année les plus meurtriers sur les routes au Canada ? Vous pensez période des Fêtes et tempêtes de neige, alors vous dites décembre et janvier ? Erreur. La « bonne » réponse, c'est juillet et août. Comme quoi la conduite estivale comporte, elle aussi, son lot de pièges.

Le temps est au beau fixe, la chaussée est sèche, la vie est belle… et on appuie un peu trop sur le champignon. Deux fois sur trois, c’est dans pareilles circonstances que se produisent les collisions mortelles, dit Transport Canada. De surcroît, l’été peut aussi être cet orage subit avec ses pluies diluviennes, ce brouillard soudain, ce soleil qui frappe brusquement le pare-brise. Bref, les risques de catastrophes ne manquent pas à la belle saison. Voici quelques trucs pour les éviter et rouler en toute sécurité.


Quand il y a du brouillard

La règle d’or de la conduite estivale, qui sera ici énoncée encore et encore, est de réduire sa vitesse.
Répétons donc ensemble : réduire sa vitesse.

Il est d’autant plus important de diminuer sa vélocité à l’approche d’une nappe de brouillard que l’on ne sait pas ce qu’on y rencontrera : un véhicule qui vient de s'arrêter ? un chevreuil qui traverse la route ?
La vitesse doit donc être en harmonie avec la visibilité, c’est-à-dire réduite.

Qui plus est, parce qu’une nappe de brouillard comporte son lot d’humidité, le bitume risque d’être mouillé et, par conséquent, glissant. Et qui dit glissant dit freinage problématique. Mais parce qu’on a ralenti sa promptitude, le freinage pourra être évité.

Que ceux et celles qui croient que les clignotants d’urgence sont nécessaires dans le brouillard se retiennent de les faire fonctionner. « Les clignotants d’urgence portent bien leur nom : ils sont pour les urgences, dit Philippe Saint-Pierre, porte-parole chez CAA-Québec. Ils ne devraient pas être un automatisme auquel on a recours dans le brouillard. »

En effet, en visibilité réduite, un automobiliste qui aperçoit un véhicule aux clignotants en marche peut penser que celui-ci est en panne et, donc, immobilisé sur le bas-côté. Il pourrait alors s’ensuivre une manœuvre de redressement bien inutile, voire dangereuse. « Voilà pourquoi il faut utiliser les clignotants avec parcimonie, dit M. Saint-Pierre. Il est préférable d’allumer ses feux de croisement, qui font aussi s’illuminer les phares arrière. Avec ces feux rouges, les automobilistes ont autant de chances d’être vus qu’avec les clignotants. »

Certains véhicules sont équipés d’antibrouillards : s’ils sont correctement ajustés, ces phares sont très utiles. En effet, lorsque leurs faisceaux sont dirigés à l’horizontale ou vers le bas, ils remplissent bien leur rôle, soit d’éclairer la route sous le crachin. Ils ne doivent absolument pas être dirigés vers le haut car, étant donné qu'ils sont très puissants, ils amplifieraient le problème – un peu comme lorsqu'un automobiliste qui vient vers soi enclenche les « hautes » : on a alors droit à un écran tout blanc, très opaque, au travers duquel il est impossible de discerner quoi que ce soit.

On peut vérifier à tête reposée si ses antibrouillards sont bien positionnés. Voici comment, propose M. Saint-Pierre : « À la nuit tombée, stationnez votre véhicule le plus à niveau possible vis-à-vis d’un mur, et allumez tous vos phares. Si les antibrouillards éclairent vers le haut ou, pire, s’ils croisent les phares de jour, vous saurez qu’il faut les faire ajuster. »

Pendant qu’on y est : les phares antibrouillards, leur nom le dit bien, sont faits pour le brouillard. Lorsque la nappe s’est dissipée, il faut les éteindre afin de ne pas aveugler les automobilistes qui roulent en sens contraire.


Plein soleil

Le ciel est bleu, vous roulez paisiblement, les haut-parleurs diffusent votre musique préférée, le soleil descend à l’horizon. Soudain, c’est l’aveuglement total : les rayons frappent votre pare-brise et c’est comme si la route n’existait plus.
Encore une fois, la règle d’or est d’abord de réduire sa vitesse.
Répétons ensemble : réduire sa vitesse.

La « golden hour », comme on la surnomme, est peut-être le moment le plus recherché par les photographes pour la beauté de sa lumière. Mais elle réduit drôlement la visibilité quand on roule vers l’est le matin, et vers l’ouest en fin de journée.

« Lors d’un tel éblouissement, réduire sa vitesse est la meilleure manœuvre possible, dit Philippe Saint-Pierre. Droit devant, si tout se met à freiner brusquement, vous profiterez d’une plus grande zone tampon. »

En plus de ralentir, l’automobiliste doit s’assurer d’être vu. S’il n’y voit guère, les autres éprouvent le même problème. C’est pourquoi chacun allumera ses feux de croisement (avant et arrière), ce qui le rendra plus visible pour tous.

Ceux qui roulent depuis un bon moment déjà – et qui, en théorie, doivent faire une pause toutes les deux heures – ont avantage à profiter de ces quelques minutes de réverbération pour s’arrêter dans une halte routière, refaire le plein en carburant ou encore manger une bouchée.

Certes, les verres fumés et le pare-soleil limitent l’éblouissement, mais si la propreté tant intérieure qu’extérieure du pare-brise est négligée, le soleil frappera le tout comme sur un prisme et embrouillera davantage la situation.

Si vous ne vous rappelez plus à quel moment déjà vous avez passé un linge humide sur la surface intérieure de votre pare-brise, faites-le maintenant. N’attendez pas la prochaine « golden hour » pour découvrir qu’un vilain film de fumée de cigarette, de traces de doigts et d'autres dépôts étranges vient bigarrer votre champ de vision.


Sous la pluie : les 10 commandements tu honoreras

Quelle est la règle d’or pour une conduite sécuritaire sous la pluie et dans l’orage ? Vous vous en doutez certainement : réduire sa vitesse.
À nouveau donc, répétons ensemble : réduire sa vitesse.

Il y a encore 9 autres commandements à respecter pour éviter les problèmes :

  • Désengager le régulateur de vitesse. Si les roues d’un véhicule patinent sur une flaque d’eau, le premier réflexe du conducteur – et le bon – est de lever le pied. Mais ce bon vieux « cruise control » détectera plutôt une perte de puissance et voudra compenser. Conséquence : une accélération subite fort indésirable.
  • Éviter l’aquaplanage. Ces belles ornières qui, sur l’autoroute, luisent sous la pluie, il faut les esquiver, quitte à rouler légèrement en décalage par rapport au milieu de sa voie.
  • En ville, le danger se cache aux intersections où des écoulements de fluides automobiles transforment la chaussée en presque patinoire. Il faut demeurer vigilant en effectuant des arrêts plus longs et plus doux qu’à l’accoutumée.
  • Les phares automatiques de jour ne suffisent pas sous la pluie, puisqu'ils n’illuminent pas toujours les phares arrière. Il convient donc d’allumer ses phares de croisement, histoire d’être vu d’avant comme d’arrière, même à travers une pluie diluvienne.
  • Avoir des essuie-glace en santé. CAA-Québec recommande de les troquer contre des neufs après une année d’utilisation. Explication : leur caoutchouc s’assèche et, au lieu de dégager la vue, ils sautillent et provoquent de malencontreuses traînées, ajoutant un stress bien inutile à la conduite sous la pluie. « Une trentaine de dollars pour s’assurer de bien voir, ce n’est pas cher ! » lance Philippe Saint-Pierre.
  • Se tenir loin des nids-de-poule. Lorsqu’ils sont saturés de pluie, il est bien difficile d’en connaître la profondeur. Si l’on ne peut les contourner, il faut à tout le moins relâcher les freins avant d’y mettre les roues.
  • Garder ses distances. Le truc des « trois secondes » avec la voiture qui précède est toujours de mise : mille et un, mille et deux, mille et trois. Les conditions sont très mauvaises ? On continue de compter : mille et quatre, mille et cinq, mille et six. Voilà qui donne plus de temps, en cas d’urgence, pour réagir et effectuer sa manoeuvre.
  • Si la pluie brouille trop la vision et qu’il faut s’arrêter, on choisit un endroit sécuritaire. Sur l’autoroute, on peut tenter de se rendre à la prochaine halte routière, sinon on se gare le plus profondément possible sur le bas-côté.
  • Conserver ses pneus en bon état. Une bonne inspection permet de détecter fissures, corps étrangers ou usure inégale. La pression devrait en être vérifiée mensuellement, et maintenue conformément aux recommandations du constructeur. Rappelez-vous : un pneu sous-gonflé s'abîme plus vite, accroît la consommation en carburant et n’évacue pas, comme il se doit, la pluie des rainures de sa semelle.
  • Vous êtes tenté de conserver tout l’été vos pneus d’hiver qui en étaient à leur dernière saison froide ? Surtout, n’en faites rien. CAA-Québec a testé le freinage des pneus d’hiver (neufs, de surcroît !) dans des conditions estivales, et les conséquences sont dramatiques : les distances de freinage sont jusqu’à un tiers plus longues qu’avec des pneus d’été. « Durant la belle saison, les pneus d’hiver n’ont pas du tout la même adhérence et la même stabilité que des pneus conçus pour l'été », explique Philippe Saint-Pierre.

Répétons ensemble…
Cela dit, ce n’est pas parce qu’il ne pleut pas ou qu’aucun brouillard ne sévit que la conduite en été est d’une sécurité absolue. « Il ne faut pas tenir pour acquis qu’il n’arrivera rien, conclut Philippe Saint-Pierre. Il faut demeurer vigilant en tout temps, pratiquer la vision périphérique, conserver ses distances. »

Et, bien sûr, répétons-le ensemble une dernière fois : réduire sa vitesse…

Par Nadine Filion


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