Auparavant, un marteau et un bon tournevis suffisaient pour réparer sa voiture et en assurer l'entretien. Plus aujourd'hui.

L'électronique a transformé la mécanique du dimanche en une science qu'il n'est pas donné à tous les bricoleurs de pratiquer.

Seules quelques interventions peuvent encore être accomplies dans votre garage. Mais attention : ne tenez pas pour acquis que ce que vous faites de la même manière depuis des années constitue toujours la bonne façon de procéder.

Au contraire, les systèmes automobiles se sont complexifiés et les méthodes pour les réparer se sont raffinées. Inévitablement, il faut se référer au manuel du propriétaire du véhicule pour connaître avec exactitude les procédures à suivre, les séquences à prendre en compte, les consignes de sécurité à respecter.

N'empêche, il y a des choses qui ne changent pas. Voici donc quelques précautions d'autrefois qui demeurent encore de mise aujourd'hui.

1) Trouvez ce qui est quoi – et où
Avant de procéder à quelque réparation ou entretien que ce soit, premier conseil: consultez le manuel du propriétaire qui, à l'aide d'un diagramme, vous montre ce qui est quoi – et où.

Car une vérification sommaire des composantes sous le capot est la moindre des choses. « Souvent, fait remarquer Sylvain Légaré, analyste en consommation automobile à CAA-Québec, les gens vont mettre deux heures pour découvrir le fonctionnement de leur nouvelle cafetière... mais n'ouvriront même pas le capot de la voiture qu'ils viennent d'acheter à coup de plusieurs milliers de dollars. »

Et ce n'est certes pas une fois que vous aurez les deux mains dans le cambouis qu'il sera opportun de trouver où se cache la batterie. Ne riez pas : autrefois visibles comme le nez au milieu du visage, les batteries de certaines marques de véhicules disparaissent aujourd’hui sous des plastiques protecteurs, ou encore carrément sous le plancher du coffre.

Surtout, ce n'est pas lorsque vous aurez versé de l'huile à moteur dans le réservoir d'antigel ou encore du liquide de frein là où devrait se trouver le liquide de transmission qu'il sera temps d'identifier les différents récipients.

Ce serait bien également de noter la couleur de chaque liquide... en prévision du jour où ça coulera sur le pavé uni de votre entrée de garage.

2) Quand c'est trop chaud
On ne devrait jamais travailler sur un moteur très chaud, car les dangers de brûlures sont bien réels. Dévisser le bouchon du radiateur après avoir fait une balade ? Très, très mauvaise idée, à moins de vouloir assister à un geyser de liquide de refroidissement.

Pour éviter tout risque, attendez que la voiture reprenne sa température normale – une heure, voire deux heures si c'est la canicule. Et lorsque vous dévisserez ce bouchon de réservoir, faites-le tout doucement, le visage détourné...

Si la réparation doit s'effectuer alors que le moteur est en marche, organisez-vous pour le faire dans un endroit bien aéré, et ne fumez pas, surtout près de la batterie. Vapeurs d’hydrogène et cigarettes enflammées n’ont jamais fait bon ménage.

Aussi, évitez les manches longues et amples (ou, à tout le moins, relevez-les) et laissez tomber la cravate. Puis on attache ses cheveux et on retire ses bijoux.

Besoin d'éclairage ? Si possible, évitez les lampes incandescentes et privilégiez les sources de lumière DEL (diodes électroluminescentes). Celles-ci ne dégagent presque pas de chaleur et ne peuvent donc entraîner d'étincelles lorsqu'elles sont manipulées près de la batterie.

3) Stabilisez le véhicule
Avant de vous pencher sur votre véhicule, il faut évidemment vous assurer qu'il ne bougera pas. La boîte automatique doit donc être engagée au mode P (Park), la boîte manuelle doit l’être en première vitesse. Le frein à main (ou à pied, selon les modèles) doit être bien serré.

Pour vérifier le niveau d'huile, on s'assure que la voiture n'a pas roulé depuis au moins une quinzaine de minutes - soit le temps que prend l'huile pour redescendre dans le carter. Sinon, la lecture sera faussée, tout comme elle le sera si la voiture n'est pas garée sur un terrain plat.

Une lecture faussée peut entraîner un ajout inutile d'huile, ce que vous ne voulez pas faire. Avez-vous déjà donné de l'huile à un véhicule qui n'en avait point besoin ? C'est encore pire avec les moteurs d'aujourd'hui, plus compacts et dotés de systèmes antipollution sophistiqués, qui peuvent alors être sérieusement endommagés.

Voilà pourquoi vous voudrez noter où se trouve la marque « maximum » sur la jauge d'inspection et... ne pas la faire dépasser. Évidemment, ne laissez pas non plus la marque « minimum » apparaître. Si un ajout d’huile est requis, sélectionnez celle que recommande le constructeur (elle est indiquée dans le manuel du propriétaire).

Et a-t-on besoin de mentionner qu'il faut bien revisser le bouchon du réservoir d’huile avant de mettre le moteur en marche ?

4) En vrac

Antigel
Si vous rajoutez de l'antigel, assurez-vous que le produit respecte les recommandations du constructeur. Et à moins que vous n'habitiez au Nunavut, ce que vous verserez dans le réservoir devrait être composé à 50 % d'éthylène glycol et à 50 % d'eau distillée. Autre chose : lorsque vous achetez de l'antigel, vérifiez s'il s'agit du produit pur (qu'il vous faudra couper) ou d'antigel prémélangé. Sachez que de l'antigel pur à 100 % se transforme par temps froid en jell-o... et vous vous demanderez alors pourquoi votre véhicule ne réchauffe pas.

Liquide lave-glace
Les liquides lave-glace se donnent maintenant des airs : il y a ceux qui se disent « nettoyeurs pour mouches », d'autres qui promettent de faire perler l'eau. Certains constructeurs automobiles ne recommandent pas ces produits – notamment parce qu'ils peuvent rendre l’action des essuie-glaces plus bruyante. Consultez le manuel du propriétaire pour en savoir plus long sur le sujet. Et attention : si vous utilisez du lave-glace spécifique l’été, n’oubliez pas de le vidanger et de le remplacer par du liquide hivernal avant l’arrivée du temps froid.

Essuie-glace
Si vous remplacez vous-mêmes vos essuie-glace, suivez à la lettre la démarche indiquée dans le manuel du propriétaire et… ne forcez pas. « Si vous devez forcer, c'est que vous n'avez pas la bonne méthode », dit Sylvain Légaré. On ne s'amuse évidemment pas à changer des essuie-glaces lorsqu'il fait très froid : les fragiles plastiques pourraient alors céder. Enfin, assurez-vous que les balais sont solidement installés… avant de prendre la route.

Batterie :
Vous avez remplacé votre batterie ? Si votre véhicule souffre de quelques soubresauts au cours des prochains kilomètres, ne vous inquiétez pas : « Ce n’est que passager, le temps que l’ordinateur de la transmission, remis à zéro, se réadapte à votre conduite », fait remarquer Sylvain Légaré.

Pneus
On ne change pas un pneu comme on change sa chemise. Il ne suffit pas de bien serrer les boulons, il faut le faire selon une séquence précise, généralement en X, comme l'indique le manuel du propriétaire. Autre précaution à prendre, mais que beaucoup de gens négligent : lorsqu’on appuie la roue sur le moyeu, il faut s’assurer qu’il n’y a là aucune entrave de saleté ou de rouille. « Si les surfaces ne sont pas propres, vous risquez carrément de perdre une roue », prévient Sylvain Légaré. Et pour permuter ou changer ses quatre pneus, on n’utilise pas le cric de secours. Ce dernier porte bien sa désignation : il n’est pas destiné à une utilisation intensive.


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