CAA-Québec a invité huit jeunes brigadiers scolaires à participer à sa traditionnelle activité d’observation en zone scolaire, mercredi, et ces derniers n’étaient pas très fiers des adultes derrière leur volant. Alexis Plante, un brigadier de 6e année, aurait même envie d’en « chicaner » quelques-uns.

« Stop à l'américaine », excès de vitesse… le jeune homme de l’école Cœur-Vaillant, située dans le secteur Sainte-Foy à Québec, a observé plusieurs comportements à risque aux abords de son école. « Parfois, t’as juste envie de les chicaner », avoue le garçon qui entame sa deuxième année au sein de la brigade scolaire de CAA-Québec, qui compte environ 5000 jeunes membres. Ces derniers assistent les brigadiers adultes ou sont postés, par exemple, à l’intérieur des écoles, dans les cours de récréation et dans les autobus.

Ce qu’ont dit les jeunes brigadiers :

« La sécurité c'est important parce qu’il peut y avoir des conséquences graves si on ne la respecte pas. Respectez les règlements de sécurité, autant pour vous que pour les autres! »

  • Gabrielle Charlebois, école des Bourlingueurs, Montréal

« Les automobilistes devraient faire plus attention. Ils ne s’en rendent parfois pas compte, mais s’ils conduisent mal, c’est la sécurité des enfants, c’est la sécurité de tout le monde qui est en jeu. »

  • Alexis Plante, école Cœur-Vaillant, Québec

« J’aimerais que les autos fassent plus attention, qu'elles arrêtent aux stops. »

  • Béatrice Nadeau, école Saint-Mathieu, Québec

« SVP, arrêtez de texter au volant, arrêtez-vous sur les lignes et attachez-vous! »

  • Ariane De Repentigny-Villarroel, école Saint-Jean-Vianney, Montréal

« La vérité sort de la bouche des enfants! Il y a encore trop de comportements à risque dans les zones scolaires, des zones sensibles par définition. Alors, évitons les distractions, respectons la signalisation et levons le pied. Il en va de la sécurité, voire de la vie de nos enfants ! », insiste Sophie Gagnon, vice-présidente communications et affaires publiques chez CAA-Québec.

Pas moins de 84 % des parents interrogés récemment par la CAA, dans le cadre d’un sondage pancanadien, ont observé des comportements à risque en zones scolaires, et 55 % estiment que la problématique s’aggrave.

861 comportements à risque observés

Mercredi matin à l’aube, les experts en sécurité routière de CAA-Québec étaient en poste, autour de 12 écoles situées aux quatre coins du Québec. Et malgré leur grande visibilité, avec de gros dossards orange, ils ont noté pas moins de 861 comportements à risque ou infractions. « S’il y avait eu un policier ici ce matin, il aurait rempli son carnet de contraventions! », illustre Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec, qui participait aussi à l’activité, dont voici le bilan :

  • 45 % Non-respect de la signalisation et manœuvres non sécuritaires
  • 28 % Vitesse excessive
  • 13 % Comportements à risque des piétons et des cyclistes
  • 10 % Sécurité à bord des véhicules
  • 3 % Distractions au volant
  • 1 % Comportements à risque envers un autobus scolaire

Il est par ailleurs troublant de constater que :

  • 26 % des comportements répréhensibles sont commis par les adultes qui accompagnent les enfants (parents, grands-parents, etc.)
  • Plusieurs cyclistes ont des comportements à risque : vitesse excessive, non-respect de la signalisation, etc.
  •  Les dernières minutes avant la cloche sont les plus chaotiques. Pourquoi ne pas se laisser un peu plus de temps pour éviter ce stress?

Pourquoi 30 km/h en zone scolaire?

« Si la limite est à 30 km/h en zone scolaire, il y a une raison. À chaque tranche de 5 km/h, le risque de décès double pour un piéton happé par une voiture. À 60 km/h, les chances de survie sont pratiquement nulles… pour un adulte! », ajoute M. Harrison. Malgré cela, les policiers ont remis plus de 70 000 constats d’infraction pour des excès de vitesse dans des zones de 30 km/h en 2015, en légère hausse par rapport à l’année précédente.

Sur une note plus positive, il semble aussi que les écoles qui encouragent les jeunes qui le peuvent à marcher, au lieu de prendre l’autobus ou la voiture, connaissent des heures de pointe plus harmonieuses. Plusieurs solutions existent pour aider les écoles à faire la promotion de la marche ou du vélo. Pourquoi ne pas implanter des Trottibus (autobus pédestres), par exemple?

Bonne nouvelle s’il en est une, les observateurs de CAA-Québec n’ont remarqué aucun geste grossièrement téméraire ou aberrant, comme par le passé. Mais quand même, avec 861 comportements à risque aux abords de quelques écoles en moins d’une heure… il y a encore matière à se faire chicaner par Alexis.

À propos de CAA-Québec

Rappelons que CAA-Québec, un organisme à but non lucratif fondé en 1904, assure la tranquillité d’esprit à chacun de ses membres en lui offrant des avantages, des produits et des services de haute qualité dans les domaines de l’automobile, du voyage, de l’habitation et de l’assurance. Acteur important en sécurité routière à chaque étape de la vie, CAA-Québec mène des actions et des interventions notamment liées à la vérification de sièges d’auto pour enfant, à son programme de brigade scolaire et à ses tournées de sensibilisation auprès des aînés et dans les écoles secondaires.

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