Habitation - Trucs et conseils - Peinture : entreposage, récupération et revalorisation


« Pour en avoir assez, il faut en avoir de trop », entend-on souvent. En matière de peinture, on ne saurait mieux dire. Il est plus que choquant d’en manquer en cours d’application.

Cela dit, une fois le travail achevé, il y a souvent des surplus de peinture. Ces restes atterriront inévitablement sur une tablette du garage ou du sous-sol qui s’avèrera la plupart du temps leur « mouroir ».

Quelques gestes pourraient cependant en prolonger la durée de vie.

L’ennemi principal : l’air!
On doit retenir que c’est d’abord le contact avec l’air qui risque le plus d’altérer la peinture. Ainsi, pour bien conserver un reste de peinture qui occupe moins que les trois quarts d’un contenant, il vaut mieux le transférer dans un récipient plus petit. On n’oubliera pas d’y inscrire les caractéristiques du produit (marque, type de peinture, recette de couleur, etc.).

On scellera par ailleurs de la peinture à base d’alkyde emplissant la majeure partie d’un contenant en versant délicatement un peu de diluant en surface de manière à la recouvrir. Un conseil : ne pas ajouter un volume excédant 5 % du contenu.

En cas de gel…
En général, la température normale d’une maison ne nuit pas à la qualité de la peinture qui y dort. On préférera néanmoins un endroit sec, bien ventilé, éloigné des flammes et hors de la portée des enfants.

La vigilance est toutefois de rigueur pour tout produit placé dans un garage ou une remise de jardin. « Un peu comme pour la viande, un cycle répété de gel et dégel lui fera irrémédiablement perdre ses propriétés », explique Michel Minuto, conseiller chez Benjamin Moore. Il précise que, peu importe le type de peinture, celle-ci doit avoir gelé complètement avant d’être ramenée à la chaleur. Si des grumeaux apparaissent ou une odeur inhabituelle s’en dégage, il vaudra alors mieux ne pas l’utiliser.

Une deuxième vie pour les restes
Entreposée dans des conditions idéales, une peinture de bonne qualité peut facilement durer deux ans. Après un sommeil aussi prolongé, la peinture exigera par contre un brassage énergique. Pour les produits au latex, l’agitateur à peinture d’un marchand s’avèrera efficace. La peinture sera prête à être appliquée si aucun dépôt n’adhère à la palette de brassage.

Il est recommandé d’effectuer une tournée annuelle dans son coin de peinture. Le but : se débarrasser de la peinture devenue inutile ou inutilisable. Les Québécois achètent annuellement plus de 50 millions de litres de peinture. Environ 7 % de cette peinture n’est pas utilisée : c’est plus de 3,5 millions de litres! Une réglementation québécoise stipule que l’industrie devra récupérer les trois quarts de ces surplus en 2008.

Comment faire sa part? Les produits toujours bons pourraient d’abord être offerts à des proches ou à des organismes sans but lucratif. À défaut de trouver preneur, on devra se départir d’une manière écologique de ces peintures, tout comme de celles qui sont inutilisables.
Il est possible de les apporter dans un point de dépôt de produits domestiques dangereux (écocentre municipal) ou chez un commerçant participant au programme de récupération Éco-peinture. Un coup de fil à la quincaillerie locale ou une visite du site Internet de cet organisme financé par l’industrie (www.ecopeinture.ca) permettra de connaître le poste de récupération le plus près.

Les peintures et les solvants composent plus du tiers des résidus domestiques dangereux. Rappelons qu’il est tout à fait inadmissible de s’en débarrasser en les versant dans un évier ou sur le sol, ou en les jetant à la poubelle. Ces substances sont liquides, donc pénétrantes et nocives pour le sol et la nappe phréatique.

De retour sur les tablettes
Près des deux tiers des peintures, teintures et vernis récupérés réintègreront le marché sous la marque Boomerang (peinture intérieure au latex à faible lustre, peinture et teinture à l’alkyde au fini perle pour usage extérieur et vernis au fini semi-lustré pour l’intérieur). La liste des détaillants de ces produits revalorisés est accessible via le lien hypertexte fourni précédemment.

Fait à signaler, le métal des contenants reçus est lui aussi recyclé. Au total, c’est donc plus de 80 % des matières récupérées qui sont ainsi détournées des sites d’enfouissement.



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