Dans les maisons, les multiplex et les immeubles en copropriété, le bruit provenant d’un autre étage devient souvent un irritant majeur. Après tout, qui souhaite entendre l’écho du téléviseur de sa voisine ou les essais (douteux) d’un apprenti musicien?

L’isolation acoustique se révèle donc une préoccupation pour les personnes qui aspirent à la tranquillité, incluant les étudiants et les télétravailleurs.

Même si les murs peuvent contribuer à transmettre les bruits, nous nous limiterons ici à l’assemblage planchers/plafonds des bâtiments à ossature de bois existants. L’enjeu : voir comment en améliorer la performance acoustique.

Familles de bruit

Quelle est la nature des bruits qui vous dérangent? Pour bien vous attaquer au niveau de décibels, vous devez d’abord cerner le problème. On reconnaît deux types de bruits :

Les sons aériens (ou « ambiants »)

  • Ils proviennent des voix, de la sonnerie du téléphone, d’une radio allumée, etc.;
  • Ils se propagent dans l’air à travers les planchers et les plafonds ou s'infiltrent par les ouvertures des parois;
  • Remplir les cavités au moyen d’un matériau absorbant, par exemple un isolant en fibre, est une façon éprouvée de les atténuer.

Les bruits d’impact

  • Ils résultent d’un contact direct avec une surface : objets échappés, course d’un enfant, marche « sur les talons », etc.;
  • Ces sons se répercutent par la vibration des éléments de construction (comme les pièces de charpente en bois, par exemple) qui réunissent murs, plafonds et planchers.

Réduire les bruits d’impact dans un bâtiment existant est un objectif exigeant. La clé pour réussir : désolidariser les matériaux raccordés les uns aux autres, soit le revêtement du plancher, les solives, les fourrures de bois et le revêtement de plafond. Deux voies permettent d’y arriver :

  • Côté plafond, par l’emploi de profilés métalliques souples (communément appelés fourrures ou barres résilientes) pour installer le revêtement de plafond;
  • Côté plancher, par l’installation d’un support souple sous le revêtement de sol.

Recettes à succès pour un meilleur rendement acoustique

Vous souhaitez agir pour garder les décibels… au bon étage? Voici deux méthodes efficaces.

A – Avec retrait du plafond existant  

  1. Enlever le revêtement de plafond et les fourrures de bois fixées aux solives;
  2. Insérer de l’isolant de fibre en coussins ou en vrac (par exemple, de la laine de fibre de verre ou cellulosique) entre les solives de plancher; combler complètement la cavité. Bon à savoir : des études ont démontré qu’aucun isolant du genre n’offre une performance vraiment supérieure aux autres pour l’absorption du son.
  3. Fixer des profilés métalliques souples à entraxes de 24 po (61 cm) sous la structure du plancher;
  4. Poser une double épaisseur de planches de gypse de ½ po (12 mm) de type X, vissées aux profilés avec chevauchement des joints de 12 po (300 mm) ou plus d’une couche à l’autre;
  5. Appliquer un joint de calfeutrage souple (du scellant acoustique) sur tout le périmètre de la jonction mur/plafond entre les deux couches de gypse.

B – Sans démolition  

Pour garder un plafond et renforcer son isolation acoustique, on peut construire un plafond additionnel sous l’existant. Des essais menés pour la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) font ressortir l’efficacité de la démarche suivante :

  1. Mettre en place des colombages de métal standards de 2 ½ po (64 mm) vissés à entraxes de 24 po (61 cm) aux fourrures de bois du plafond existant;
  2. Insérer des coussins de laine de fibre de verre rose de 2 ½ po (64 cm) entre les colombages;
  3. Fixer une couche de planches de gypse de ½ po (12 mm) aux colombages.

Et le plancher?

Améliorer l’isolement acoustique d’un étage à un autre passe aussi par une révision du revêtement de plancher.

Les membranes acoustiques destinées aux revêtements installés en mode « flottant », c’est-à-dire sans clouage ou vissage à la structure, découplent les matériaux; ils permettent de réduire aussi bien les bruits aériens que les bruits d’impact.

  • À cet égard, l’épaisseur et la densité de la membrane sont les principaux aspects à considérer.
  • Quant à la nature du revêtement de sol, moins grande sera sa dureté, plus faible sera la conduction des bruits d’impact.

Si le niveau de décibels d’un étage à l’autre vous pose problème, maintenant, à vous de jouer : les correctifs proposés créeront la tranquillité tant cherchée!

Sources :

Projet de recherche sur l’isolement acoustique procuré par des assemblages plancher/plafond dans des constructions à ossature de bois, MJM Conseillers en acoustique inc. pour la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). 

Projet de recherche sur l’isolement acoustiqueFichier PDF



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