Votre sous-sol est très humide? De la moisissure apparaît à la base des murs ou de l’eau surgit sur le plancher? Votre drain de fondation ne fait peut-être plus son travail. 

À quoi sert le drain de fondation?
Le drain de fondation canalise et évacue l’eau qui se présente au pied d’un bâtiment pour empêcher qu’elle y stagne. Un tuyau perforé est installé du côté extérieur de l’assise supportant les murs de fondation. Il achemine l’eau captée vers un égout ou vers un fossé ou un puits perdu à distance du bâtiment.

 Si la grande majorité des maisons construites de nos jours comportent un drain de fondation, bien des maisons bâties avant les années 50 n’en ont pas; la pratique n’était alors pas généralisée.

Attention aux symptômes
Lorsque le drain de fondation ne remplit pas son rôle correctement, il y a des signes, comme une hausse significative du taux d’humidité dans le sous-sol. Cela peut même causer de la moisissure ou de la pourriture sur le plancher et la partie basse des murs. Sur les surfaces de béton dénudées, on voit plutôt apparaître des cristaux blanchâtres, un phénomène appelé efflorescence. Ultimement, l’eau parvient à s’infiltrer à la base du mur de fondation ou par des fissures dans la dalle de béton du plancher.

Dans ce dernier cas, on ne doit pas condamner le drain de fondation avant de s’être assuré que l’eau ne vient pas d’ailleurs. Elle pourrait par exemple provenir d’une fissure dans le mur de fondation ou d’une déficience de l’enveloppe extérieure du bâtiment (parement, fenêtres, portes, balcon, etc.). Pour en avoir le cœur net, il suffit habituellement de dégarnir une portion du mur du sous-sol. Par temps sec, un arrosage prolongé du sol jouxtant la fondation peut aussi s’avérer concluant.

Les maux et leurs causes
C’est l’accumulation de fines particules de sol ou de racines à l’intérieur du drain qui est la cause la plus fréquente de défaillance du système de drainage des maisons de plus de 30 ans. Dans le cas des maisons plus jeunes, le dysfonctionnement est plus souvent lié à une mauvaise installation (contrepente, tuyau écrasé, manque de pierre concassée, etc.)

Dans les secteurs où le sol est très sablonneux et riche en particules de fer, les drains peuvent aussi être bouchés par des dépôts boueux rougeâtres (ocre ferreuse) lorsque les fondations sont exposées à une forte présence d’eau dans le sol (nappe phréatique élevée ou zone inondable).

Poser un diagnostic
Il est possible de vérifier l’état du drain en y introduisant une caméra reliée à un moniteur. Pour cela, le drain doit être doté d’un accès extérieur (cheminées de nettoyage) ou être raccordé à un bassin de rétention (puisard) ou à un égout pluvial muni d’un clapet antiretour. De plus, l’installation ne doit pas comporter trop de déviations.

Si ces conditions ne sont pas remplies, une excavation s’impose. Évidemment plus destructeur, cet exercice offre par contre l’avantage d’évaluer la condition de l’ensemble du système, autour comme en dedans. 

Planifier l’opération
Lorsqu’une simple portion du drain est obstruée, il est parfois possible de la remettre en état. Une réfection partielle peut aussi être effectuée, par exemple sur un seul côté du bâtiment. On pourra alors espérer s’en tirer avec une facture de quelques milliers de dollars.

S’il faut tout remplacer, la facture sera beaucoup plus salée, soit entre 10 000 $ et 15 000 $, voire plus. Il est alors essentiel d’obtenir les soumissions détaillées de deux ou trois entrepreneurs détenant une licence valide et appropriée de la Régie du bâtiment du Québec et ayant de l’expérience dans l’installation de drains de fondation.

Certaines vérifications doivent être effectuées par l’entrepreneur avant le début des travaux :

  • La vérification de la réglementation locale sur le rejet des eaux de drainage, notamment en ce qui a trait au raccordement du drain à l’égout municipal.
  • La consultation d’Info-Excavation afin de localiser les conduites et les câblages souterrains des différents services publics (électricité, gaz naturel, téléphone, etc.).
  • L’inspection des lieux en compagnie du propriétaire pour connaître les installations privées enfouies dans le sol (câble électrique, tubulures d’irrigation automatique, etc.).

Suivi des travaux
En ce qui a trait aux travaux, la bonne pratique exige :

  • L’établissement du niveau exact de la dalle de plancher du sous-sol afin d’assurer la bonne localisation du drain.
  • Le retrait de tous les obstacles (clôture, arbustes, dallage, etc.) de la zone de travail et l’installation de protections (habituellement des panneaux de contreplaqué) sur la pelouse en vue d’y déposer le sol excavé.
  • L’excavation du terrain jusqu’à l’assise, soit la base de béton sur laquelle le mur de fondation prend appui (fait à signaler, les travaux de creusement, par exemple la largeur de l’excavation, sont balisés par des normes relevant de la Commission de la santé et de la sécurité du travail).
  • L’obtention d’un lit très compacté et bien nivelé au fond de la tranchée, car le drain ne requiert aucune pente, exception faite de sa portion d’évacuation.
  • L’installation d’un tuyau perforé d’un diamètre de 4 po (100 mm) sur tout le périmètre de la fondation (tuyau flexible en polyéthylène ou, en milieu sablonneux, tuyau rigide et lisse en PVC); la partie supérieure du tuyau doit se trouver à un niveau plus bas que le dessous de la dalle de plancher du sous-sol.
  • Le raccordement de sections verticales (cheminées) se prolongeant hors sol afin de permettre un accès facile au drain pour l’inspecter ou le nettoyer.
  • Le raccordement du drain au conduit d’évacuation des eaux de drainage vers l’égout ou un endroit éloigné de la maison.
  • Le recouvrement des côtés et du dessus du drain d’une couche d’au moins 6 po (150 mm) de pierre concassée.
  • La mise en place, selon la nature du sol, d’une membrane (géotextile ou polyéthylène) afin de réduire le risque d’obstruction du drain par de fines particules du remblai.
  • Le nettoyage de la face extérieure du mur de fondation dans le but d’y détecter la présence de fissures et, le cas échéant, leur réparation; au besoin, application d’une membrane d’imperméabilisation ou, en présence de sol argileux, d’une membrane de drainage vertical en plastique.
  • Le remblayage du pourtour de la fondation et le nettoyage du terrain.

On pourra espérer une durée de vie utile accrue du système, soit plus de 40 ans, si les eaux de surface générées par la pluie et la fonte de la neige ruissellent ou se déversent en s’éloignant des fondations. On y parvient en nivelant le terrain de façon à obtenir une pente de 3/4 po/pi (1 cm/15 cm) sur une largeur de 5 à 6 pi (1,5 à 2 m) tout autour de la maison et en prolongeant d’autant les descentes pluviales des gouttières.

Remerciements à Patrick Alarie de Goudrons du Québec ainsi qu’à Jean-François Sirois de Excavation Garco pour leur contribution au contenu de cette capsule-conseils.

 



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