Tôt ou tard, il faut refaire la couverture du toit de votre maison. Entre la soumission et la facture liée aux travaux, trop de propriétaires se plaignent d’extras pour des correctifs non signalés dans le devis : en particulier ceux (très coûteux) visant à corriger le support de bois de la toiture.

Le cas typique

Les Dutoit ont obtenu les soumissions de trois couvreurs pour refaire la couverture de bardeaux d’asphalte de leur maison. Ils optent pour l’entrepreneur qui demande le plus bas prix pour la pose d’un même produit.

Quelques heures après le début des travaux, on les informe qu’il faut installer du contreplaqué à la grandeur de la toiture; sinon, le résultat ne pourra être garanti. Avec cet imprévu, la facture va doubler! La toiture est partiellement dénudée, et on exige des Dutoit une décision rapide… Ces derniers se sentent coincés. Ils le sont! Les choses auraient pu – et dû – se passer autrement.

Des pratiques d’estimation discutables

Les ajouts, après le début de la réfection du toit, sont malheureusement fréquents. Pour décrocher des contrats, certains entrepreneurs misent sur une pratique sournoise : ils présentent un devis incomplet pour soumettre un prix plus bas que leurs compétiteurs. Le client est ensuite assommé à coup d’«extras».

Plus souvent, la mauvaise surprise découle d’une tendance lourde : celle des soumissions faites « à la sauvette » par des représentants qui ne montent même pas sur le toit pour en constater l’état réel. « La plupart des estimations se font à partir du sol. C’est sûr que ça ouvre la porte aux extras », reconnaît Michel Couture, directeur technique à l’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ).

Quant à la pose non prévue de contreplaqué, aurait-il été possible de la prévoir lors de la soumission? La réponse est… oui. Sauf exception, un professionnel consciencieux peut déterminer, pendant l’estimation, si le support de la couverture doit faire l’objet de réparations majeures.

Hop, aux échelles!

Les personnes qui préparent les soumissions doivent-elles forcément monter sur les toits?

En fait, certains problèmes s’observent à partir du sol :

  • L’ajout d’un contreplaqué s’impose habituellement quand on remarque des vagues sur toute la surface de la toiture et que l’emplacement des fermes de toit est visible au travers des bardeaux. Un couvreur expérimenté peut parfois en juger au premier coup d’œil, simplement en observant « la ligne du toit ».
  • À l’occasion, un entrepreneur n’aura pas non plus à grimper sur le toit pour établir si le bois à la base de ses versants doit être remplacé sur une largeur donnée.


Par contre, certaines déficiences ne se révèlent que par l’accès au toit. Sous le poids de l’estimateur qui circule sur ce dernier, le craquement ou l’affaissement du support de bois entre les chevrons constituent des indices impossibles à obtenir autrement.

Questions de support : planches ou panneaux

Pour justifier l’ajout d’une couche de contreplaqué sur une toiture existante, les entrepreneurs invoquent souvent un même motif : sa construction en planches.

Sans interdire celle-ci, les fabricants de bardeaux d’asphalte spécifient que le support doit être lisse et préconisent qu’il soit constitué de contreplaqué.
Ils signalent que l’emploi de matériaux non appropriés peut compromettre la stabilité du support de couverture; les « mouvements » des planches sont par exemple susceptibles de déformer ou d’endommager les bardeaux – dans ce cas, la garantie ne s’appliquerait pas.

Pour éviter une telle situation, les couvreurs recommandent la pose de panneaux de contreplaqué de ⅜ po d’épaisseur en présence d’un pontage en planches. Ils doivent d’abord bien reclouer ce pontage à la charpente du toit. Si le client refuse cet ajout, l’entrepreneur lui demandera sans doute de confirmer ce choix par une signature sur le contrat. La raison : se protéger contre un éventuel recours si des problèmes surviennent.

Bien faire ses devoirs

Même au terme d’une inspection minutieuse, une part d’inconnu peut subsister. Par exemple, des réparations mineures autour des percements (cheminée, aérateurs de toit, évents de plomberie, etc.) ne sont jamais à écarter. Les contrats de réfection d'une couverture incluent toutefois souvent de tels correctifs sur une superficie pouvant totaliser environ 32 pi ca.

Il reste qu’on s’évite bien des tracas en adoptant des pratiques de consommateur averti :

  • Demander plusieurs soumissions détaillées à des entreprises qualifiées.
  • Exiger que le couvreur ou l’estimateur monte sur le toit pour l’inspecter.
  • Lui faciliter l’accès aux combles (« l’entretoit ») en libérant la trappe de plafond de toute entrave avant son arrivée.
  • Prendre le temps de bien comparer les soumissions.
  • Réclamer des explications ou des précisions, notamment en ce qui concerne la nécessité et, le cas échéant, le coût de réparation du support de bois de la couverture.
  • Au besoin, consulter un conseiller en habitation de CAA-Québec.


Pour plus d’information, consultez la capsule Contrat de rénovation : les douloureux « extras »

Remerciements à Yoland Therrien de Toitures Île d’Orléans, entreprise recommandée par CAA-Québec, pour sa contribution à cette capsule-conseils. Autre source : Les Toitures Robert Boucher.



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