Peu importe la période de l’année, disposer de quelques bonnes bouteilles de vin à la maison joint l’utile à l’agréable. Beaucoup d’amateurs hésitent pourtant à constituer leur propre réserve, incertains de pouvoir en préserver la qualité à moyen terme. D’autres se munissent de refroidisseurs à vin ou de celliers réfrigérés sans considérer les autres solutions.

En pratique, quelles sont les options possibles pour réunir les conditions propices à la conservation du vin chez soi?

Les facteurs de réussite

Voici un secret bien gardé : en général, le vin est beaucoup moins fragile qu’on est porté à le croire! Il suffit habituellement de contrôler les paramètres suivants pour en conserver toutes les qualités :
 

  • Misez sur une température fraîche (entre 12 et 18 °C) et idéalement la plus stable possible. Le vin peut très bien survivre à certaines fluctuations saisonnières; le vrai problème, ce sont les variations brusques et répétées. De tels écarts sont à craindre si, par exemple, les bouteilles nichent près d’une fenêtre ou d’une source de chauffage.
  • Éloignez votre réserve de toute source de vibrations. Évitez notamment de la placer sous un escalier ou près d’un appareil comme la laveuse ou un haut-parleur d’extrêmes graves.
  • Placez votre réserve dans un environnement sans odeurs, avec la luminosité la plus faible possible.
  • Assurez-vous que les lieux ne soient ni trop secs ni trop humides; le taux devrait se situer autour de 40 % d’humidité relative en hiver et d’un peu plus de 50 % en été. C’est bon pour la « santé » du vin que vous comptez déguster, bien sûr, mais aussi pour la vôtre et le bon état de votre habitation!


À ce sujet, des spécialistes recommandent parfois un niveau d’humidité plus élevé (de 60 % et plus) pour bien conserver le vin; ils soulignent que les bouchons peuvent sécher dans un endroit trop sec. Toutefois, cet argument ne tient pas si les bouteilles sont conservées couchées, puisque le bouchon reste alors toujours en contact avec le liquide.

Des conditions souvent présentes chez soi…

Le plus beau, c’est que beaucoup d’habitations offrent les conditions décrites ci-dessus. C’est le cas de la vôtre? Vous pouvez alors créer une « cave à vin passive », soit un endroit sans système mécanique de contrôle de la température ou de l’humidité.

« Je conserve des bouteilles de cette manière depuis 30 ans et je n’ai jamais eu de problème », souligne Marc-André Gagnon, éditeur du site Internet Vin Québec.

Si votre maison compte un sous-sol, vous retrouverez la plupart des conditions de conservation du vin dans sa partie la plus froide, à distance des équipements de chauffage (fournaise, chauffe-eau, etc.).

Votre habitation, au contraire, est dépourvue de sous-sol? Un coin très frais, par exemple un placard, se prêtera tout aussi bien au stockage des bouteilles.

… Mais pas forcément

Dans d’autres endroits, tel un bâtiment à logements multiples, il peut s’avérer plus difficile de réunir les bonnes conditions pour conserver le vin. C’est notamment le cas dans certains petits appartements ou dans les logis mal isolés. Un simple refroidisseur à vin peut alors devenir pratique pour disposer de bouteilles offrant toujours une température idéale de service.

Les personnes soucieuses d’obtenir de meilleures conditions de conservation du vin – quand l’environnement est défavorable – devraient toutefois plutôt se tourner vers des celliers de qualité. Le hic, c’est leur coût : les appareils performants et fiables se vendent cher.

Selon Marc-André Gagnon, il faut éviter les modèles bas de gamme, souvent plus vulnérables aux variations de température, aux vibrations et aux bris. La qualité du service après-vente et leur garantie sont également douteuses.

Pour faire un achat éclairé, il suggère de recueillir les recommandations d’un proche qui possède un cellier depuis un certain temps. Bon à savoir : les magazines Protégez-vous et Consumer reports ont aussi publié des informations au sujet de ce type d’appareils.

Le nec plus ultra : la cave à vin

Pour les grands amateurs, rien ne pourra jamais surpasser le charme d’une cave à vin. Au plaisir de savourer un bon cru s’ajoute alors celui de l’entreposage et de l’assemblage d’une collection triée sur le volet.

Pour aménager sa propre cave, il faut avant tout disposer d’espace dans un recoin de la maison à l’abri des vibrations et des odeurs. Sa construction réclame une compétence particulière pour le choix et la mise en place des matériaux d’isolation et de finition ainsi que des équipements de contrôle de la météo intérieure de la cave. Un tel projet se traduit par un investissement de plusieurs milliers de dollars – un pensez-y-bien à une époque où nombre de gens n’occupent pas la même adresse tout au long de leur vie.

Par ailleurs, au moins une entreprise offre une cave à vin modulaire fabriquée au Québec et pouvant héberger jusqu’à 800 bouteilles. Assemblée sur place et démontable, elle pourrait suivre son propriétaire en cas de déménagement; cette mobilité a cependant aussi son prix.

L’effet cellier, vous connaissez?

Un conseil, peu importe l’option retenue : au moment de définir la capacité de stockage du lieu ou de l’appareil choisi, tenez compte de l’« effet cellier ». De quoi il s'agit? Simplement de la tendance à augmenter le nombre de bouteilles en réserve une fois de bonnes conditions de garde obtenues. La modération a toutefois un meilleur coût!

Remerciements à M. Marc-André Gagnon de VinQuébec.com pour sa contribution à cette capsule-conseils.



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