Habitation - Trucs et conseils - Conseils écolos pour piscine

Il existe plusieurs façons d’entretenir et de chauffer efficacement la piscine, tout en diminuant l’utilisation de produits chimiques et la consommation d’énergie. Des pistes.

Mieux que le chlore
Le chlore, qu'il soit en granules, en pastilles ou sous forme liquide, est un puissant bactéricide capable de détruire les bactéries et de prévenir la formation d’algues dans l’eau de la piscine. Mais il n’est pas sans inconvénients. La baignade en eau chlorée irrite les yeux, assèche l’épiderme et peut provoquer des problèmes respiratoires chez les baigneurs aux poumons fragiles. En plus, le chlore est nocif pour l’environnement. Il existe heureusement des méthodes moins agressives.

Le système au sel
L’eau de la piscine est d’abord saturée de sel pour atteindre une concentration d'environ 3 000 ppm (particules par million) de sel. L’eau salée passe ensuite dans la cellule de l’appareil qui désintègre le sel par électrolyse et le transforme en chlore naturel. Le chlore est retourné dans la piscine. Une fois son travail terminé, il se reconvertit de façon naturelle en sel. Puis le processus recommence. Ce système élimine les désagréments physiques associés au chlore chimique, évite l’entreposage et la manipulation du chlore et réduit de façon importante la corvée d’entretien. En général, une vérification hebdomadaire du pH de l’eau suffit, car le chlore naturel ne s’évapore pas comme le fait le chlore chimique. La concentration de chlore est toujours stable. En fait, elle diminue seulement s’il y a des éclaboussures d’eau durant la baignade, ou encore un ajout d’eau. Mais quand le taux de sel baisse, un voyant lumineux sur le bloc d’alimentation s’allume. Il suffit alors d’en ajouter. L' inconvénient du système ? Lors des lavages inversés (back-wash) et de la vidange de la piscine à l’automne, une partie du sel se retrouve dans le sol ou dans les égouts. Or, une accumulation excessive de calcium peut causer de la corrosion et contaminer les cours d’eau ainsi que la nappe phréatique. Cette méthode n’est donc pas sans impact sur l’environnement. Il faut également utiliser un algicide car le sel, contrairement au chlore, n'a pas cette fonction.

Le générateur d’ozone
Dans un premier temps, l’air est aspiré dans un boîtier doté d’électrodes qui dissocient les molécules d’oxygène de l’air (O2) et les convertissent en ozone (O3). L’ozone est ensuite envoyé dans l’eau de la piscine qu’il désinfecte. Finalement, brassé par l’eau, l’ozone redevient de l’oxygène, une substance inoffensive pour la santé et pour l’environnement. Contrairement au système au sel, le générateur d’ozone exige toutefois un entretien quotidien. Parce que l’ozone a une durée de vie assez courte, il faut mettre régulièrement un peu de chlore – environ la moitié de la quantité utilisée avec la méthode du chlore chimique – pour maintenir la qualité de l’eau. Une économie tout de même intéressante.

L’ioniseur d’argent et de cuivre
L’ioniseur se place entre le filtre à sable et le retour d’eau. L’appareil muni d’électrodes émet une petite décharge électrique qui libère dans l’eau des ions de cuivre et d’argent : les ions d’argent détruisent les bactéries et les virus, tandis que les ions de cuivre tuent les algues et empêchent leur formation. La concentration en ions de cuivre et d’argent est stable dans l’eau, ce qui permet une désinfection continuelle. Les ions ne produisent ni picotements des yeux ni démangeaisons de la peau. Le procédé est écologique. Comme avec le générateur d’ozone, il faut cependant ajouter une petite quantité de chlore pour débarrasser l'eau des huiles naturelles de la peau et des résidus de crèmes solaires. Mais l’utilisation de chlore est réduite de 70 à 90 %.

Le chauffe-piscine écologique
Le chauffage d’une piscine au gaz ou à l’électricité peut rapidement coûter les yeux de la tête. Mais il existe un système économique et écologique : le chauffe-piscine solaire. Il est silencieux, non polluant et ne requiert ni entretien ni dépense énergétique. Les capteurs solaires s’installent en général sur le toit de la maison. L’eau est acheminée aux capteurs par la pompe de la piscine, où elle circule dans une série de petits tuyaux intégrés dans les capteurs. Ceux-ci absorbent les rayons du soleil et transfèrent la chaleur à l’eau qui est ensuite rejetée dans la piscine. Le dispositif est réglé à l’aide d’une valve actionnée manuellement ou automatiquement : on l’ouvre le matin par temps ensoleillé et on la ferme le soir. Un dispositif de réglage de la température est aussi utile : il commande la fermeture automatique de la valve d’alimentation lorsque la température désirée est atteinte. Le hic du chauffe-piscine solaire ? Son efficacité dépend de l’orientation des capteurs solaires, mais plus encore de l’ensoleillement. Si par temps ensoleillé l’eau gagne de 3 à 4 °C par jour, sa température ne grimpe plus les jours pluvieux ou très nuageux. Idéalement, on utilisera une toile solaire en plus, ce qui permettra de réduire de 50 % les pertes de chaleur la nuit ou par temps frais. Par ailleurs, si la distance entre la piscine et les capteurs est trop grande ou si la pompe n’est pas assez puissante, il faudra se procurer une pompe plus costaude. Enfin, il faut se méfier des systèmes de piètre qualité non homologués : ils peuvent occasionner des fuites d’eau au niveau des joints ou une accumulation d’humidité sous les capteurs, ce qui risque de détériorer la toiture. Cela dit, si le chauffe-piscine solaire vous laisse de glace, sachez que la thermopompe consomme beaucoup moins d’énergie que les systèmes de chauffage au gaz ou à l’électricité.

D’autres astuces pour économiser

  • Ajouter le chlore chimique le soir pour réduire le phénomène d’évaporation et, par le fait même, la quantité utilisée.
  • Selon Hydro-Québec, arrêter la pompe du système de filtration durant 8 heures par nuit dans le cas d'une piscine creusée – 10 heures dans le cas d'une piscine hors terre – ne compromet pas la qualité de l’eau et permet d’économiser entre 60 et 85 $ en électricité au cours d’une saison de baignade. Cela réduit du même coup le bruit causé par le moteur de la pompe. On peut installer une minuterie conçue spécialement pour cet usage. Les avis sont cependant partagés quant à cette façon de faire. Les pisciniers ne recommandent pas d’éteindre complètement la pompe durant la nuit, surtout pendant la période la plus chaude de l’été où les bactéries prolifèrent. Ils préconisent plutôt l’emploi d’une pompe à double vitesse ; il suffit de programmer la basse vitesse la nuit, pour maintenir une légère filtration de l’eau et consommer moins d’énergie, et la haute vitesse le jour.
  • Recouvrir la piscine d’une toile solaire la nuit et les jours de mauvais temps. La toile minimise les pertes de chaleur pendant les nuits fraîches, limite l’évaporation d’eau et permet ainsi d’économiser jusqu’à 1 000 litres d’eau par semaine, ralentit l’évaporation des produits chimiques, ce qui réduit leur consommation, et, enfin, sert d’écran contre les débris.
  • N’acheter que la quantité de produits chimiques requis pour l’entretien estival de la piscine afin d'éviter qu’un produit périmé ne se retrouve dans l’environnement.
  • Remplacer le traditionnel système de filtration au sable par de la pierre naturelle, plus écologique.
  • Éteindre les lumières autour de la piscine lorsque celle-ci ne sert pas.
La sécurité : vitale autour de la piscine
  • Ériger une clôture autour d'une piscine creusée ou gonflable, et installer une porte à fermeture et à verrouillage automatiques.
  • Retirer ou verrouiller les marches ou les échelles des piscines hors terre immédiatement après la baignade.
  • S’assurer que les autres points d’entrée à la piscine, comme une porte-fenêtre, sont fermés à clé.
  • Éloigner les appareils électriques (radio, téléphone, etc.) de la piscine pour prévenir les décharges d'électricité.
  • Utiliser une perche non conductrice d’électricité pour nettoyer la piscine.
  • Suivre les instructions du fabricant concernant toutes les installations, notamment les échelles, les filtres et les drains, pour empêcher les enfants de s’y empêtrer et de se coincer la tête sous l’eau. Procéder à des vérifications fréquentes.
  • Ne jamais laisser de jouets ou d’accessoires traîner dans la piscine après la baignade, car ils ont tendance à attirer les jeunes enfants.
  • Ranger les produits d’entretien pour la piscine dans un endroit fermé à clé, hors de la portée et de la vue des enfants.
  • Assurer une présence attentive et constante lorsqu’un enfant se baigne ou se trouve près d’une piscine.


Par Jacqueline Simoneau

Merci à Martin Parent, gérant de la succursale Trévi de Laval, et à Santé Canada pour leur collaboration.



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