Habitation - Trucs et conseils - Combustibles pour chauffage d'appoint

L’environnement est au cœur des préoccupations actuelles. Pour attiser votre flamme écolo, nous vous offrons plein d’infos utiles sur l’impact des combustibles employés dans les appareils de chauffage d’appoint.

Le bois
Le chauffage au bois n’est pas inoffensif, loin de là. La fumée dégagée par la combustion émet, en effet, dans l’atmosphère une centaine de contaminants – monoxyde de carbone (CO), composés organiques volatils (COV), particules fines, oxydes d’azote (NOx), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines, furanes, etc. –, qui nuisent à l’environnement. Au Québec seulement, le chauffage au bois résidentiel produit annuellement près de la moitié des émissions de particules fines et du quart des émissions de COV. En plus de contribuer à l’effet de serre et au smog hivernal, les particules ainsi émises ont une incidence importante sur la santé, particulièrement dans les cas de maladies cardiorespiratoires car leur très petite taille leur permet de pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Certaines substances sont aussi reconnues cancérigènes.

Mais tout n’est pas sombre du côté du chauffage au bois. En effet, le bois est une source d’énergie renouvelable. Il s’agit donc d’un combustible écologique s’il est utilisé efficacement. Ainsi, selon Environnement Canada, la pollution due à la fumée de bois peut être réduite de façon importante avec un appareil certifié EPA – une certification émise par l’Agence américaine de protection de l’environnement –, conçu pour produire un minimum de particules polluantes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. On peut choisir entre la combustion avancée et la combustion catalytique. La première offre une deuxième zone de combustion qui brûle les polluants contenus dans la fumée avant qu’ils quittent l’appareil ; la seconde dirige les gaz de combustion vers un filtre catalytique où les polluants sont détruits. Le système à combustion catalytique est généralement plus efficace, mais le filtre doit être remplacé régulièrement.

Les foyers certifiés EPA engendrent moins de fumée et moins de polluants que les appareils traditionnels. D’après Environnement Canada, ils diminuent la pollution à un niveau de 2 à 5 grammes à l’heure, comparativement à 25 à 50 grammes dans le cas des appareils non certifiés. Autre donnée intéressante : un poêle à bois traditionnel fonctionnant pendant 9 heures émet autant de particules fines dans l’atmosphère qu’un poêle certifié fonctionnant pendant 60 heures ! Le foyer certifié est aussi plus éconergétique : il consomme jusqu’à 33 % moins de bois en raison d’une combustion plus complète, et il produit jusqu’à 20 % plus de chaleur que la moyenne des foyers traditionnels. Conséquence : une diminution des prélèvements de bois en forêt, des coûts de chauffage et de la pollution. Par souci environnemental et économique, recherchez également la certification de l’Association canadienne de normalisation (ACNOR ou CSA) qui assure, elle aussi, une combustion moins polluante.

Mais pour réduire au maximum la quantité de particules nocives qui s’échappent du feu de foyer – même avec un appareil EPA –, il est important d’adopter de bonnes pratiques. D’abord, sélectionnez le plus petit appareil capable de répondre à vos besoins. Il brûlera le bois de façon plus efficace et produira moins de pollution. Ensuite, ne brûlez jamais de bois vert humide, de déchets ménagers, de plastiques, de bois traité, de bois peint et de papier glacé. La combustion de ces matériaux crée de grandes quantités de gaz toxiques. Utilisez du bois sec fendu en petits morceaux qui offrent le plus de surface aux flammes ainsi que la combustion la plus propre possible. Gardez la flamme vive et assurez-vous que le feu ne fume pas trop longtemps après avoir été allumé ou ravitaillé ; un feu qui couve est très dommageable pour l’environnement. Vérifiez de temps en temps la fumée sortant de la cheminée extérieure. Une fumée excessive, foncée ou malodorante indique une mauvaise combustion. Ne fermez pas les registres d’air de votre appareil lorsque la chambre de combustion est pleine. Le feu a besoin d’oxygène pour brûler correctement, sinon il créera de la pollution à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.

Si le déboisement titille malgré tout votre conscience environnementale, sachez que les bûches synthétiques faites de résidus de bois compressés peuvent être un compromis écologique acceptable. Leur faible taux d’humidité contribue à réduire la formation de créosote. De plus, elles produisent moins de fumée et, par conséquent, rejettent moins de particules fines dans l’air que les bûches traditionnelles, dégagent davantage de chaleur, brûlent plus longtemps et permettent de récupérer des résidus industriels, ce qui aide à lutter contre la déforestation. En contrepartie, leur fabrication génère des gaz à effet de serre. Mais la coupe des bûches naturelles en produit également.

Le gaz naturel ou le propane
Bien que le gaz naturel et le propane produisent beaucoup moins de monoxyde de carbone et d’émissions de particules que le bois, ce sont des sources d’énergie fossile non renouvelable. L’extraction, le raffinage, le transport et la combustion d’énergie fossile affectent l’environnement en entraînant l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. De plus, d’après Ressources naturelles Canada, d’importantes quantités d’humidité sont ainsi dégagées dans l’air. L’achat d’un foyer à gaz éconergétique permet tout de même de consommer moins d’énergie et de réduire la quantité de gaz à effet de serre. Un foyer à gaz bien ajusté et bien entretenu assure également une meilleure combustion.

L'électricité
Au Québec, grâce à l’hydro-électricité, le foyer électrique n’entraîne aucune émission directe contribuant à la pollution atmosphérique. C’est donc l’appareil le plus écologique. Par contre, sur le plan énergétique, c’est celui qui produit le moins de chaleur. Vous le choisirez donc davantage pour l’ambiance qu’il peut néanmoins créer.

Les granules
L’appareil à granules émet moins de particules et de polluants que la cheminée ou le poêle à bois traditionnel, notamment parce que la sciure de bois (dont sont faits les granules) renferme beaucoup moins d’humidité qu’une bûche de bois. Or, l’humidité entraîne la production de polluants lors de la combustion. De plus, l’appareil à granules transforme près de 80 % du combustible en chaleur. Enfin, il permet la récupération du bran de scie industriel, qui prendrait autrement le chemin des sites d’enfouissement. Comme rien n’est parfait, il faut tout de même se rappeler que la fabrication des granules consomme de l’énergie et contribue à l’émission de certaines particules polluantes. Pour un achat écologique, recherchez un appareil certifié EPA.

Par Jacqueline Simoneau



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