Choix d'un appareil de chauffage d'appoint

Quand le chauffage central ne suffit pas ou qu’il y a panne d’électricité, les appareils de chauffage d’appoint sont drôlement appréciés. Encore faut-il s’en servir en toute sécurité.

Un rappel : en 2004, le Service de prévention des incendies de Montréal recommandait la prudence en ce qui a trait aux appareils de chauffage d’appoint. Non sans raison : la majorité des incendies qui surviennent en période de froid intense sont causés par la surutilisation, la mauvaise utilisation de tels appareils ou encore à cause d’une installation déficiente.

C’est dès l’achat qu’on doit penser à la sécurité. Il importe de sélectionner un appareil portant les sceaux du Laboratoire des assureurs du Canada (ULC) et de l’Association canadienne de normalisation (CSA). Les poêles et les foyers à gaz doivent, en plus, afficher une plaque CGA émise par l’Association canadienne du gaz. Enfin, dans le cas des poêles à bois, de plus en plus de consommateurs recherchent également des appareils certifiés par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Selon le magazine Protégez-vous, ces poêles sont peu polluants : ils émettent en effet de 3 à 5 g de particules à l’heure, comparativement aux 30 à 50 g pour les appareils à combustion contrôlée! Une fois l’achat fait, il convient de suivre minutieusement les recommandations du fabricant quant à l’installation de l’appareil. Mieux, on requiert l’aide d’un spécialiste. Après, il reste à s’en servir intelligemment.

Les foyers et les poêles à bois
Contrairement aux poêles à bois et aux poêles à combustion contrôlée, les foyers ne sont pas de véritables systèmes d’appoint. On les utilise davantage pour créer une ambiance que pour chauffer. En cas de panne de courant, ils peuvent prendre le relais durant quelques heures, tout au plus. Les poêles à combustion contrôlée sont plus efficaces qu’eux sur le plan énergétique, mais ils sont plus polluants.

Avantages – Le plaisir de regarder une belle flambée et de sentir l’odeur du bois.

Inconvénients – La fameuse corvée de l’empilage des bûches. Il faut aussi une certaine habilité pour allumer le feu correctement, sans enfumer la pièce. Ce type d’appareil requiert de plus un entretien régulier de l’âtre et de la cheminée. Enfin, les foyers rejettent une bonne quantité d’air chaud à l’extérieur de la maison quand ils ne fonctionnent pas. Un bon registre ainsi que la pose de portes de verre isolantes et étanches permettent de réduire ce problème.

Mesures de sécurité – Une utilisation inadéquate – fonctionnement continu d’un appareil d’abord décoratif, surchauffe, combustion de bois mouillé et mauvais entretien qui favorisent l’accumulation de créosote – augmente les risques de feu de cheminée.

Précautions – Faire ramoner la cheminée tous les ans ou dès qu’il y a dépôt de créosote de plus de 3 mm sur les parois; déposer les cendres dans un contenant métallique à fond surélevé et les ranger à l’extérieur, loin des matériaux combustibles (les cendres peuvent rester chaudes durant plus de trois jours), n’utiliser qu’un bois dur (chêne, érable, hêtre) et sec depuis au moins six mois (en plus de réduire les risques d’incendie, il produira une plus grande chaleur pendant plus longtemps); éviter de trop emplir le foyer ou le poêle à bois. Autre problème : le chauffage au bois constitue une grande source de rejets de contaminants dans l’atmosphère.

Or, une partie plus ou moins importante - selon le type d’appareil utilisé, la qualité de l’installation et la façon de le faire fonctionner - de la fumée de la combustion du bois et des particules polluantes peut revenir à l’intérieur et altérer la qualité de l’air de la maison. De là à ce qu’elle pénètre dans les voies respiratoires, il n’y a qu’un pas. Les jeunes enfants, les personnes âgées et celles qui souffrent d’asthme, d’emphysème ou de problèmes cardiaques sont les plus sensibles à cette pollution de l’air. Pour limiter l’exposition aux contaminants, il faut s’assurer de suivre les recommandations du fabricant et ne brûler que du bois, jamais de déchets domestiques tels que les plastiques, le papier, les restes de table et le bois traité ou peint. Finalement, une mauvaise installation ? un tuyau de raccord intérieur trop long avec plusieurs coudes à 90º par exemple ? peut faire en sorte que l’appareil manque d’air et brûle mal le bois. Résultat : il peut produire des vapeurs toxiques d’oxyde de carbone, un gaz inodore et incolore qui risque d’être fatal. L’installation d’avertisseurs de fumée et de monoxyde de carbone est essentielle.

Les foyers et poêles à gaz naturel ou à propane
Ils gagnent en popularité, notamment parce qu’ils ne nécessitent pas une cheminée : ils n’exigent qu’un tuyau d’évacuation ou un évent. De plus, ils peuvent s’installer à peu près n’importe où dans la maison. La puissance de l’appareil se mesure en BTU. Plus le nombre de BTU est élevé, plus l’appareil est puissant.

Avantages – Comparativement à bien des appareils fonctionnant au bois, ils répandent instantanément leur chaleur à l’intérieur. Ils ne produisent aucune cendre. Il n’y a ni bûches à transporter ni nettoyage à faire. Ils s’allument et s’éteignent facilement à l’aide d’une télécommande ou d’un thermostat et constituent un excellent chauffage d’appoint en cas de panne d’électricité.

Inconvénients – L’installation et la réparation doivent être effectuées uniquement par un entrepreneur spécialisé dans le domaine. Si on opte pour le gaz propane, il faudra louer et faire installer un réservoir sur le terrain.

Mesures de sécurité – Selon le Conseil canadien de la sécurité, les portes vitrées peuvent causer des brûlures graves. C’est que la température de certains modèles atteint plus de 200 °C quelques minutes après l’allumage. Par ailleurs, les odeurs ou les flammes inhabituelles sont le signe d’un mauvais fonctionnement. Il faut alors couper l’alimentation et communiquer avec un spécialiste sans tarder. Et parce que ces appareils peuvent produire des vapeurs toxiques, l’installation d’un avertisseur de monoxyde de carbone est fortement recommandée.

Les radiateurs électriques portatifs
Ils constituent le type de radiateur le plus sécuritaire pour la maison.

Avantages – Il suffit de les brancher sur une prise de courant pour les faire fonctionner. Ils peuvent s’installer partout dans la maison.

Inconvénients – Ils s’avèrent évidemment inutilisables en cas de panne d’électricité. Ils sont donc uniquement un supplément au système de chauffage central.

Mesures de sécurité – Lors de l’achat, il importe de s’assurer de l’homologation du produit par un laboratoire reconnu (ULC ou CSA) et du type d’utilisation recommandée (intérieur, extérieur et intérieur, extérieur seulement). Par ailleurs, il faut maintenir une distance libre d’au moins 1 mètre (3 pieds) entre l’appareil portatif et tout ce qui est combustible – murs, meubles, papiers, rideaux, appareils de chauffage.

Il faut également éviter l’utilisation de rallonge pour brancher l’appareil. Un rappel : les radiateurs portatifs au propane sont proscrits dans les résidences, car ils dégagent de l’oxyde de carbone.

Les poêles à granules de bois
Comme leur nom l’indique, ces poêles utilisent des granules de bois pressé comme combustible plutôt que des bûches. Les granules sont fabriqués dans des dimensions et selon une géométrie favorisant une combustion efficace. Le taux d’humidité est également contrôlé.

Avantages – L’alimentation se fait automatiquement. Certains modèles ont une autonomie d’une vingtaine d’heures. De plus, comme les granules brûlent complètement, il n’est pas nécessaire d’installer une cheminée traditionnelle. Un tuyau d’évacuation suffit. Les granules sont vendus en sac, ils sont donc faciles à manipuler.

Inconvénients – Les granules ne peuvent être utilisés que dans des appareils spécifiquement conçus pour brûler ce type de combustible. De plus, certains modèles sont bruyants. Enfin, ces poêles exigent un entretien régulier.

Mesures de sécurité – Ils peuvent produire des vapeurs toxiques. L’installation d’un avertisseur de monoxyde de carbone est recommandée.

Nous remercions Ghyslain Bélanger, directeur général de l’Association des professionnels du chauffage (APC), et Alexandre Royer, conseiller en affaires publiques pour le Bureau d’assurance du Canada (BAC), de leur précieuse collaboration.



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