Habitation - Trucs et conseils - Chauffage au bois et pollution de l'air

Environnement Canada publie de plus en plus souvent des alertes concernant le smog hivernal. Au rang des principaux coupables : le chauffage au bois. Seulement sur l’île de Montréal, on dénombre près de 100 000 installations de chauffage au bois. À l’échelle provinciale, une maison sur cinq possède la sienne. Dans 70 % des cas, il s’agit d’un chauffage d’appoint.

Le point sur le chauffage au bois
Le feu de bois a toujours été apprécié pour l’ambiance et le confort qu’il procure. Mais voilà, on le sait maintenant, il rime avec pollution et risques pour la santé. C’est que la fumée produite par la combustion du bois renferme une centaine de matières toxiques crachées en particules fines et dont certaines sont reconnues comme cancérigènes. Plus de 95 % de ces particules sont si infimes qu’elles pénètrent profondément dans les poumons. Les très jeunes enfants, les personnes âgées et celles souffrant d’asthme, d’emphysème ou de problèmes cardiaques y sont particulièrement sensibles. Selon Norman King, épidémiologiste à la Direction de santé publique de Montréal, ces émissions peuvent provoquer une irritation des yeux et des voies respiratoires et aggraver l’état des personnes affectées par des maladies cardiaques ou respiratoires chroniques.1

Durant l’hiver, à la faveur de vents nuls ou très faibles et d’inversions de température, les polluants projetés par les cheminées peuvent rester emprisonnés près du sol dans une brume jaunâtre : c’est le smog. Une odeur d’incendie accompagne souvent ce phénomène. Cette même fumée toxique peut aussi se répandre insidieusement dans la maison. Le plus souvent, ces émanations de fumée sont causées par une cheminée extérieure combinée à un long tuyau de raccordement comportant plusieurs coudes, par une pression d’air négative à l’intérieur de la maison ou par un feu couvant. « Une odeur de feu de bois dans la maison est une indication que l’installation de chauffage ne fonctionne pas comme elle le devrait. »2

Des appareils moins polluants
Bien sûr, il s’impose de cesser de brûler du bois lorsqu’un avertissement de smog est émis par les autorités publiques, mais de manière plus générale, il est également conseillé d’opter pour des équipements modernes, donc moins polluants.

Les appareils de chauffage d’appoint certifiés par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) permettent de réduire jusqu’à 80 % des émissions de particules nocives. Ces poêles et foyers dits « évolués » comportent une isolation de la chambre de combustion permettant d’y maintenir une température élevée ainsi qu’une deuxième zone de combustion où les polluants sont brûlés. Ces appareils dégagent davantage de chaleur et moins de fumée. Résultat : une consommation de bois réduite d’environ 33 % et une cheminée qui s’encrasse moins.

L’Association canadienne de normalisation (CSA) offre aussi une certification en matière d’efficacité énergétique pour les poêles à bois et les foyers. Il s’agit de la norme CAN/CSA - B415.1.

Des combustibles plus « écolos »
Le marché offre par ailleurs des produits plus écologiques que le bois naturel et pouvant être utilisés dans les mêmes appareils.

Les bûches de bois densifié (bran de scie compressé) engendrent de 30 à 50 % moins d’émissions nocives que le bois naturel, tout en offrant une efficacité énergétique supérieure de 20 à 35 %. Cette performance s’explique par le fait qu’elles brûlent à un degré de chaleur beaucoup plus élevé que le bois de corde traditionnel en raison d’un taux d’humidité quatre fois moindre.

Les bûches paraffinées, quant à elles, dégagent deux fois plus de chaleur que le bois. Cette intensité de chaleur exige cependant que ces bûches soient brûlées uniquement dans un poêle ou un foyer ouvert, ce qui en réduit l’efficacité énergétique. C’est également le cas des bûches fabriquées à partir de marc de café que proposent certains supermarchés.

Des pratiques de chauffe sensées
Bien entendu, de bonnes pratiques de chauffage au bois contribuent grandement à un environnement moins enfumé, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’habitation. Il est de ce fait recommandé d’utiliser du bois propre et sec, d’opter pour de petits feux à flammes vives et de ne pas trop réduire l’entrée d’air de l’appareil, ce qui favorisera une meilleure combustion.

Il faut savoir que la fumée elle-même brûlera à une température suffisamment élevée et en présence d’oxygène. Dans le cas contraire, une grande quantité de l’énergie totale fournie par le bois s’envolera avec elle par la cheminée.

Rappelons enfin qu’il ne faut jamais brûler de déchets, de plastique, de carton ni de bois vert, peint ou traité dans un appareil de chauffage.

D’autres façons de diminuer le smog :
- Procéder à un entretien régulier du système de chauffage au mazout ou
  au gaz.
- Choisir un brûleur à haute efficacité énergétique.
- Favoriser le covoiturage.
- Privilégier le transport en commun.
- Faire réchauffer le moteur un maximum de 30 secondes par temps froid.
- Ne jamais laisser tourner le moteur au ralenti inutilement.
- Opter le plus souvent possible pour la voiture qui consomme le moins si
  vous en possédez plus d’une.
- Planifier les déplacements de manière à éviter les heures de pointe ou
  combiner plusieurs déplacements en un seul.
- Utiliser le vélo lorsque la température le permet.

1 « Chauffage au bois, pleins feux sur la santé », document disponible sur les sites Internet d’Environnement Canada, de la Direction de santé publique de Montréal et de la Ville de Montréal.

2 « Le guide du chauffage au bois résidentiel », publication de Ressources naturelles Canada.



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